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jeudi 20 juin 2013

Elle est belle, ma ville, le jour!

J'ai une sorte de tendresse pour ma ville, oui, "ma" ville, même si je suis née dans une autre région, loin d'ici, et que j'ai beaucoup changé de décor par la suite.

Cette ville là, pas trop grande, à ma taille, elle m'a pris sous son aile à mon retour en France, pas rancunière ma France, d'ailleurs, même si j'ai du mal à la reconnaître parfois.

On dit de certains lieux qu'on les connaît "comme notre poche", je ne pense pas arriver un jour à m'habituer à ce petit coin, non que cela ne m'intéresse pas, mais je suis un peu comme un môme dans un magasin de bonbons, je m'attarde à chaque recoin, découvre avec appétit les maisons, vitrines, les habitants...

Tiens, parlons-en des habitants : il y a ceux que je côtoie dans le bus le matin, j'en ai déjà parlé, et puis il y a les "passagers occasionnels", ceux que je vois de temps en temps, au détour d'une rue, mais que mon oeil repère sans ciller.

Elle est là, la petite mamie, celle qui dévore ses madeleines le matin en regardant les passants, et le monsieur mystérieux qui a toujours des tonnes de choses à troquer dans son sac, où court-il donc comme ça chaque jour?

Il y a le fan de musique électronique, toujours prêt à faire écouter sa dernière trouvaille à ses copains de lycée, la fille qui fait toujours la tête et qui ne remarque même pas les coups d'oeil timide du petit blondinet qui passe devant elle tous les matins...

Voyeuse, moi? Non, gourmande, c'est tout, je croque ces images à belles dents, faute de pouvoir peindre ou dessiner au fusain ces images furtives, précieuses pépites que personne ne remarque dans la valse du quotidien.


lundi 8 avril 2013

Grains de beauté.

Je fais partie de ces millions de personnes qui se rendent au travail en bus chaque jour.

Je ne sais pas pourquoi, mais je m'étonne toujours de voir ces visages fermés, aigris, boudeurs... 

Pourtant, j'ai bien regardé, ils ont tous des yeux et des oreilles, comme moi, alors comment se fait-il qu'ils ne remarquent rien de ce qui les entoure?

Ont-ils seulement prêté attention au printemps qui s'éveille, et avant cela à l'hiver qui poudre les rues de sucre glace pour les rendre plus appétissantes?

Je croise des inconnus qui ont sans doute des problèmes, comme vous, comme moi, mais alors qu'attendent-ils pour se rendre la vie plus douce?

Faire la tête n'arrangera rien, mais quand vous avez le cœur lourd, les idées noires, regarder autour de soi pour chercher, comme autant de trésors, ce que la vie place sur votre chemin peut devenir passionnant.

Si je ne l'avais pas fait, je n'aurais jamais regardé ce couple de personnes âgées se promenant main dans la main comme des adolescents tout juste sortis du lycée, ou encore ce petit garçon prendre le cartable de sa copine avant de rentrer à l'école...et après ça, on dira que les chevaliers servants n'existent plus!

Et les buissons, encore blancs de givre il y a peu maintenant parés de fleurs prêtes à éclore? Qui les a remarqués si ce n'est les oiseaux qui ramassent des brindilles pour préparer leur nid?

Au détour d'un chemin, mon ami l'écureuil joue à cache cache, farceur! Le gros chat poltron, lui, rentre chez lui pour dormir après une nuit à chasser les demoiselles je pense.

En ville, ce sont les lumières de l'hiver que j'aime, on dirait une pluie de lucioles multicolores! 

Et puis j'aime aussi le ballet incessant des serveurs qui préparent les tables des terrasses une fois que le printemps reprend ses droits.

Je pourrais continuer comme ça pendant des heures, la beauté est partout. 

Non, je ne parle pas de la beauté du papier glacé des magazines, j'ai à l'esprit la vraie, celle de la vie de tous les jours.

Mon coin de paradis est une petite ville, peut-être la vôtre, peut-être pas, mais mes "grains de beauté", eux, sont universels, pour qui prend la peine de les voir...