Au milieu de la tempête, je me sentais aussi peureuse que le lion sans courage, je tremblais à l'idée de ne jamais trouver ce qui manquait à ma vie.
Je sentais bien que quelque chose faisait défaut, que j'étais amputée de ce qui fait qu'on franchit toutes les barrières, qu'on arrache tous les bonheurs de la vie, mais je ne savais pas ce que je cherchais, je me contentais de culpabiliser en pensant que j'étais seule la responsable, que j'étais trop pleutre pour affronter le monde.
J'aurais pu tout aussi bien me sentir comme l'épouvantail sans cervelle, je me sentais vide de sens, je ne sentais plus le sang couler dans mes veines, je n'étais qu'un tas de foin sans neurones, incapable de voir que ce que je cherchais partout était caché juste sous l'herbe sèche sous les apparences, afin de repousser les oiseaux et leurs chants pleins de gaieté.
Ma vie n'avais aucun sens, pas plus que celle de l'homme de fer blanc sans cœur qui bat sous sa carapace de métal.
Certes, j'étais à l'abri, du moins je le croyais, mais que vaut une vie sans battements de cœur, dans le froid de la ferraille?
Je n'avais pas de petit Toto quand je t'ai rencontré, pas plus que des chaussures rouges, mais un chat noir, compagnon de route sur le chemin de briques jaunes qui menait à toi.
J'en ai croisé, des singes ailés, effrayants de vacarme, semant le chaos autour d'eux, j'ai croisé des sorcières, aussi, la laideur de leurs sentiments se déversant sur leurs traits...
Mille fois j'aurais pu rebrousser chemin, faire demi tour et retourner dans ma petite existence vaine, mais j'ai préféré continuer ma route vers toi, mon Magicien d'Ose.
Ma vie a trouvé ses couleurs lorsque je t'ai rencontré, toi, le Magicien caché au-delà du monde.
Tu as pris ma main et tu m'as appris que ce que je cherchais vainement, je l'avais en moi, du courage pour vaincre les épreuves de la vie, un cœur pour aimer, un esprit pour rêver...
Tu m'as ouvert les portes de ton monde, du monde que je cherchais sans le trouver.
Elles sont bien loin les sorcières, vaincus sont les singes volants, ne reste que nos sentiments, et la route de briques jaunes, ouverte à ceux qui savent la voir...
Ce n'est jamais facile de quitter l'ancien monde pour découvrir la Magie, mais le voyage au pays du Magicien d'Ose vaut toutes les audaces, je le sais maintenant.
Ma main dans la tienne, je marche maintenant apaisée, dans ton pays enchanté, la tête relevée, le cœur battant, vivante pour toutes mes années de sommeil dans le monde noir et blanc déjà presque oublié...
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jeudi 22 août 2013
jeudi 20 juin 2013
Elle est belle, ma ville, le jour!
J'ai une sorte de tendresse pour ma ville, oui, "ma" ville, même si je suis née dans une autre région, loin d'ici, et que j'ai beaucoup changé de décor par la suite.
Cette ville là, pas trop grande, à ma taille, elle m'a pris sous son aile à mon retour en France, pas rancunière ma France, d'ailleurs, même si j'ai du mal à la reconnaître parfois.
On dit de certains lieux qu'on les connaît "comme notre poche", je ne pense pas arriver un jour à m'habituer à ce petit coin, non que cela ne m'intéresse pas, mais je suis un peu comme un môme dans un magasin de bonbons, je m'attarde à chaque recoin, découvre avec appétit les maisons, vitrines, les habitants...
Tiens, parlons-en des habitants : il y a ceux que je côtoie dans le bus le matin, j'en ai déjà parlé, et puis il y a les "passagers occasionnels", ceux que je vois de temps en temps, au détour d'une rue, mais que mon oeil repère sans ciller.
Elle est là, la petite mamie, celle qui dévore ses madeleines le matin en regardant les passants, et le monsieur mystérieux qui a toujours des tonnes de choses à troquer dans son sac, où court-il donc comme ça chaque jour?
Il y a le fan de musique électronique, toujours prêt à faire écouter sa dernière trouvaille à ses copains de lycée, la fille qui fait toujours la tête et qui ne remarque même pas les coups d'oeil timide du petit blondinet qui passe devant elle tous les matins...
Voyeuse, moi? Non, gourmande, c'est tout, je croque ces images à belles dents, faute de pouvoir peindre ou dessiner au fusain ces images furtives, précieuses pépites que personne ne remarque dans la valse du quotidien.
Cette ville là, pas trop grande, à ma taille, elle m'a pris sous son aile à mon retour en France, pas rancunière ma France, d'ailleurs, même si j'ai du mal à la reconnaître parfois.
On dit de certains lieux qu'on les connaît "comme notre poche", je ne pense pas arriver un jour à m'habituer à ce petit coin, non que cela ne m'intéresse pas, mais je suis un peu comme un môme dans un magasin de bonbons, je m'attarde à chaque recoin, découvre avec appétit les maisons, vitrines, les habitants...
Tiens, parlons-en des habitants : il y a ceux que je côtoie dans le bus le matin, j'en ai déjà parlé, et puis il y a les "passagers occasionnels", ceux que je vois de temps en temps, au détour d'une rue, mais que mon oeil repère sans ciller.
Elle est là, la petite mamie, celle qui dévore ses madeleines le matin en regardant les passants, et le monsieur mystérieux qui a toujours des tonnes de choses à troquer dans son sac, où court-il donc comme ça chaque jour?
Il y a le fan de musique électronique, toujours prêt à faire écouter sa dernière trouvaille à ses copains de lycée, la fille qui fait toujours la tête et qui ne remarque même pas les coups d'oeil timide du petit blondinet qui passe devant elle tous les matins...
Voyeuse, moi? Non, gourmande, c'est tout, je croque ces images à belles dents, faute de pouvoir peindre ou dessiner au fusain ces images furtives, précieuses pépites que personne ne remarque dans la valse du quotidien.
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