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lundi 8 juillet 2013

Le Baron Rouge et...ses volailles!

Je me souviendrai toute ma vie je crois de deux voyages que j'ai fait - adolescente - en Pologne...

C'était bien longtemps avant d'aller y habiter : je suis venue la première fois dans le pays de Chopin quand j'avais 13 ans, c'était en 1985. Mais curieusement, ce premier voyage fut plutôt "normal". Mis à part le passage de la douane Est-Allemande, bien sûr, qui me fait encore froid dans le dos aujourd'hui rien qu'à y penser.

Mais les deux voyages dont je vais parler se sont passés respectivement  un et deux ans après...

J'habitais en Seine-Maritime à l'époque, ce qui ne facilitait guère les trajets, il faut bien l'avouer...de plus, nous emmenions tant de choses à chaque voyage que ma place à l'arrière de la voiture était plutôt limitée :entre les médicaments, les petits pots et boîtes de lait en poudre pour bébés et les vêtements, je me sentais souvent comme une sardine dans sa boîte.

J'avais une tactique bien à moi pour "raccourcir" le trajet: j'écoutais de la musique, je lisais, ou je dormais : c'est qu'il fallait tenir les dix-sept heures de route, sans compter les attentes aux différentes frontières...

Bref, lors de mon deuxième voyage, je venais de me réveiller et je revois encore la scène comme si je venais de la vivre: je me redresse et commence à regarder le paysage autour de moi pour voir où nous en étions, cela faisait à peu près 50 Km que nous venions de passer la frontière...

Et puis soudain, je  me positionne entre les deux sièges (j'étais a l'arrière) et je regarde la route devant moi quand je vois...un bi-plans rouge, réplique de l'avion du célèbre Baron Rouge qui nous coupe la route en passant au ras du sol de droite à gauche!

Silence dans la voiture...tout le monde doit penser la même chose :ce n'est pas possible, j'ai du rêver!

Mais non, c'était bien réel: nous pouvions voir l'avion continuer son chemin en prenant de l'altitude... 

Je peux vous assurer que cette image, jamais je ne l'oublierai.

Ma deuxième aventure est beaucoup moins spectaculaire, mais tout aussi cocasse: l'année suivante, comme à notre habitude, nous repartons pour la Pologne et nous sommes en train de plaisanter en repensant à notre "rencontre avec le Baron Rouge" quand tout à coup, à peu près au même endroit, la police nous fait arrêter la voiture.

Bien sûr, nous n'en menons pas large : nous n'avons aucune idée de l'infraction que nous avons pu commettre, et en plus de ça, nous ne parlons pas du tout la langue.

Mon père commence à sortir ses papiers, permis, et compagnie mais le policier n'est pas intéressé du tout.

Au lieu de ça, il fait signe à un paysan que nous voyons maintenant sortir de derrière un buisson et celui-ci, sans se presser, fait alors traverser son troupeau d'oies...

Le policier nous fit alors signe de passer, ce que nous fîmes tout en lui faisant un petit signe amical de la main.

Ce n'est peut-être pas aussi spectaculaire que l'avion, mais je trouve cette histoire très mignonne...

Et vous, avez vous eu des "rencontres du troisième type" sur la route des vacances?

vendredi 28 juin 2013

Elle attendait la neige...



Il y a toujours de la neige avant les fêtes de fin d’années en Pologne...toujours...mais pas cette année-là. 

Cet hiver-là, la neige s'est fait capricieuse. Elle n'est pas venue nous rendre visite avant le deux janvier. 


C'est une date que je n'oublierai pas. 


Il y a des jours que l'on oublie jamais.


C'est le jour que Tutu, ma petite Tutu, a choisi pour me dire au-revoir. Tutu, c’était un petit bout de chien, c’était ma Pétunia  Tutu pour les intimes.


Elle avait débarqué dans ma vie presque quinze ans avant, pile le jour de mon anniversaire. Et, bien que née au mois de mai, elle adorait la neige.


Cette année là, la neige est venu tard...

Alors Tutu l'a attendue, et puis, du seuil de la porte, elle a regardé les flocons et elle a décidé qu'il était temps de prendre la route.

J’étais près d'elle quand elle s'est endormie, toute douce.

La neige a fondu le lendemain.

Depuis, la neige est revenue, et à chaque fois, j'ai un pincement au cœur

C'est un peu comme si de la-haut elle m'envoyait des flocons pour me dire qu'il est temps de reprendre le cours de ma vie. 


Alors je m’exécute, ce texte est pour toi, Tutu...où que tu sois.


mardi 14 mai 2013

Mort sur les rails!

Non, il ne s'agit pas d'un roman policier à la mode, encore moins du dernier film à sensation, mais d'une histoire vraie!

La scène se passe il y a longtemps de cela...dans une Pologne encore coincée entre le mur de Berlin a l'ouest, et l'Union Soviétique a l'est. 


Une Pologne où à l'époque, tout ou presque manquait dans les magasins, où les habitants étaient rationnés et devaient se munir de tickets pour s'approvisionner en bon nombre de denrées courantes.
 

C'est à cette époque là, vers le début des années quatre-vingt, que notre héros malgré lui sort du boulot par un matin brumeux et froid...  

Il remonte le col de son manteau et enfonce sa casquette sur ses oreilles déjà attaquées par le froid mordant qui caractérise les hivers polonais. Il se dirige en pressant le pas vers l'arrêt de tramway le plus proche car il n'a qu'une hâte après une nuit passée a l'usine: rentrer chez lui et dormir dans un lit bien chaud.
 

Seulement voilà, notre homme est un fumeur, alors il s'arrête en route pour s'acheter des cigarettes et perd un peu de temps à faire la queue... 

Un temps précieux qui signifie pour lui que si il manque le premier tramway, il devra passer vingt bonnes minutes à geler dehors en attendant le prochain. 

Il aurait dû y penser avant, oui, mais voilà, l'appel de la nicotine était le plus fort.
 

Il reprend donc son chemin en pressant le pas, mais soudain, il voit au loin arriver le véhicule rouge. Pas une minute à perdre, il se met a courir, courir, mais ce n'est pas facile avec ce verglas... 

Il arrive enfin à hauteur du tramway, quelques mètres encore, il traverse la rue sans prendre gare...et un deuxième tramway, qui passe en sens inverse le percute de plein fouet!
 
Arrêt de la machine, signal d'alarme, stupéfaction des passagers, et puis tout le monde descend, pour voir ce qui s'est passe.
 

La scène est épouvantable...le malheureux gît là...entre les rails, dans un amas de chairs broyées, les passants sont ahuris, certains se sentent mal...d'autres cherchent désespérément a joindre les secours. 

Le conducteur, livide, est assis à terre la tête dans les mains, sans pouvoir dire un mot...

Et pourtant, cette histoire fait encore rire la ville entière quand quelqu'un  la raconte...pourquoi?