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mardi 4 juin 2013

Ce n'est qu'un au-revoir...

Aujourd'hui, il s'est passé une chose qui m'a blessée profondément.

J'ai perdu un ami.

En fait, il y a deux ans maintenant qu'il est parti voir pour un monde plus calme, mais je gardais précieusement ses petits mots laissés ça et là sur un réseau social.

Je n'ai que très peu de contacts, je l'ai déjà dit, je suis une orpailleuse, et quand il est parti, contrairement à d'autres qui ont supprimé sa page de leur liste, je l'ai gardée... 

On ne cesse pas d'être un ami simplement parce qu'on meurt, l'histoire ne s'arrête pas là.

Et aujourd'hui, voilà que l'on supprime son compte...d'un petit clic, une personne a gommé arbitrairement de jolis souvenirs, de jolies pages du livre qu'est ma vie.

Je suis restée là, sans mot, devant mon écran, assommée...je n'imaginais pas que cela aurait une telle portée, mais ce soir je suis bien triste.

Je fais partie de ceux que mon amie Maddy appelle " les gardeurs". Je n'oublie pas.

Certes, je peux sortir de votre vie pendant un temps, prendre des distances, volontairement ou pas, mais au moment où vous vous y attendrez le moins, je serai là. Fidèle.

J'ai gardé dans le répertoire de mon téléphone, en bonne place, le numéro de mon amie C. 

Une femme d'exception, partie trop tôt au détour d'un virage.

Son éclat de rire me manque toujours, et à chaque fois que je vois son prénom sur ma liste de contacts, il résonne dans un coin de ma tête...

Je ne m'habitue pas à l'absence des gens que j'aime, je fais avec tant bien que mal.

Et malgré mon amour des mots, il y en a un que je ne peux pas voir... "adieux"...

 Je lui préfère de loin son cousin "au-revoir".

mardi 14 mai 2013

Mort sur les rails!

Non, il ne s'agit pas d'un roman policier à la mode, encore moins du dernier film à sensation, mais d'une histoire vraie!

La scène se passe il y a longtemps de cela...dans une Pologne encore coincée entre le mur de Berlin a l'ouest, et l'Union Soviétique a l'est. 


Une Pologne où à l'époque, tout ou presque manquait dans les magasins, où les habitants étaient rationnés et devaient se munir de tickets pour s'approvisionner en bon nombre de denrées courantes.
 

C'est à cette époque là, vers le début des années quatre-vingt, que notre héros malgré lui sort du boulot par un matin brumeux et froid...  

Il remonte le col de son manteau et enfonce sa casquette sur ses oreilles déjà attaquées par le froid mordant qui caractérise les hivers polonais. Il se dirige en pressant le pas vers l'arrêt de tramway le plus proche car il n'a qu'une hâte après une nuit passée a l'usine: rentrer chez lui et dormir dans un lit bien chaud.
 

Seulement voilà, notre homme est un fumeur, alors il s'arrête en route pour s'acheter des cigarettes et perd un peu de temps à faire la queue... 

Un temps précieux qui signifie pour lui que si il manque le premier tramway, il devra passer vingt bonnes minutes à geler dehors en attendant le prochain. 

Il aurait dû y penser avant, oui, mais voilà, l'appel de la nicotine était le plus fort.
 

Il reprend donc son chemin en pressant le pas, mais soudain, il voit au loin arriver le véhicule rouge. Pas une minute à perdre, il se met a courir, courir, mais ce n'est pas facile avec ce verglas... 

Il arrive enfin à hauteur du tramway, quelques mètres encore, il traverse la rue sans prendre gare...et un deuxième tramway, qui passe en sens inverse le percute de plein fouet!
 
Arrêt de la machine, signal d'alarme, stupéfaction des passagers, et puis tout le monde descend, pour voir ce qui s'est passe.
 

La scène est épouvantable...le malheureux gît là...entre les rails, dans un amas de chairs broyées, les passants sont ahuris, certains se sentent mal...d'autres cherchent désespérément a joindre les secours. 

Le conducteur, livide, est assis à terre la tête dans les mains, sans pouvoir dire un mot...

Et pourtant, cette histoire fait encore rire la ville entière quand quelqu'un  la raconte...pourquoi?