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vendredi 28 juin 2013

Elle attendait la neige...



Il y a toujours de la neige avant les fêtes de fin d’années en Pologne...toujours...mais pas cette année-là. 

Cet hiver-là, la neige s'est fait capricieuse. Elle n'est pas venue nous rendre visite avant le deux janvier. 


C'est une date que je n'oublierai pas. 


Il y a des jours que l'on oublie jamais.


C'est le jour que Tutu, ma petite Tutu, a choisi pour me dire au-revoir. Tutu, c’était un petit bout de chien, c’était ma Pétunia  Tutu pour les intimes.


Elle avait débarqué dans ma vie presque quinze ans avant, pile le jour de mon anniversaire. Et, bien que née au mois de mai, elle adorait la neige.


Cette année là, la neige est venu tard...

Alors Tutu l'a attendue, et puis, du seuil de la porte, elle a regardé les flocons et elle a décidé qu'il était temps de prendre la route.

J’étais près d'elle quand elle s'est endormie, toute douce.

La neige a fondu le lendemain.

Depuis, la neige est revenue, et à chaque fois, j'ai un pincement au cœur

C'est un peu comme si de la-haut elle m'envoyait des flocons pour me dire qu'il est temps de reprendre le cours de ma vie. 


Alors je m’exécute, ce texte est pour toi, Tutu...où que tu sois.


samedi 4 mai 2013

Papatte, un pull safran et de l'eau salée...

 

Ce texte n'est pas récent, je l'ai déjà publié, mais pour savoir qui je suis, il faut savoir d'où je viens...

 




Papatte est parti pour voir les étoiles de plus près le 27 janvier 2005, un jour d'hiver ou il faisait très froid.

A vrai dire, je ne me souviens plus grand chose de ce qui s'est passé ce jour là, je sais seulement qu'il y avait de la neige, beaucoup de neige, juste comme il aimait.

Je savais qu'il ne reviendrait pas de sa dernière visite chez le vétérinaire, c'est dur de savoir que c'est fini et qu'on n'y peut rien.

Je l'ai porte dans mes bras, enroulé dans sa couverture bleue, celle toute douce qu'il adorait. Et pendant toute la route, j'ai pleuré... je pleure toujours, en y pensant, même la, en vous écrivant...je voyais le chemin tout trouble à travers l'eau salée.

Ensuite, je ne veux plus me rappeler, je sais seulement que je lui ai parlé tout bas à l'oreille, comme il aimait et qu'il est parti avec ma bouche sur sa grosse truffe.

Je sais que ce jour là je portais un pull safran que je ne me suis jamais résolue à remettre depuis.

Et puis je sais que pour moi, il restera toujours le chiot qui s'asseyait sur ma poitrine, la nuit, pour me regarder respirer, ensuite, quand il a grandi, il savait à quelle heure je me réveillais et il était toujours près de mon lit à me fixer avec ses grands yeux, elle me manque encore, cette image...tous les jours.

Et puis il aimait bien faire le fou avec moi l'été, dans le jardin, mais plus que tout, il savait tout... je n'avais pas besoin de lui dire quoi que soit: si ça n'allait pas, il venait poser sa truffe dans ma main et ça soignait toutes mes peines... il savait tout, je vous dis.

lundi 1 avril 2013

Une petite fille et un sucrier bleu.

Ma mère rentra de l'hôpital environ deux semaines après l'accouchement. Sans petit frère. J'étais donc punie, c'était très clair...mais de quoi donc? J'avais pourtant été sage, moi...mon singe en peluche s'en souvient sans doute, parce que j'en ai passé des heures à lui en parler...

La seule chose qu'on m'eut dite a l'époque, c'est que je devais être très sage et ne pas embêter maman avec des questions...ah, et puis il fallait aussi rester avec elle, pendant la journée, parce qu'elle pouvait faire des bêtises. Bon, qu'à cela ne tienne, puisque j'étais sensée devenir une grande sœur tôt ou tard, je pouvais bien aussi "garder" ma maman...

C'est vrai qu'elle était un peu bizarre, ça je m'en rappelle bien...elle ne faisait pas les choses comme d'habitude et surtout, elle mettait les objets courants dans des endroits inattendus. Je me souviens avoir sorti le sucrier du frigo des dizaines de fois. Un sucrier ordinaire, en plastique bleu roi...Ça m'avait beaucoup fait rire, la première fois..et puis je me suis habituée.

Par contre, je ne me suis jamais habituée a ce que j'ai entendu un après midi de janvier. Je me rappelle que j'étais allongée sur mon lit et que ma mère est venu s'asseoir près de moi. Elle avait l'air bizarre. Et puis elle a respiré un bon coup, comme quand on doit plonger dans le grand bassin et qu'on hésite entre la peur de manquer d'air et la peur de sauter a l'eau...et puis elle a plongé...et c'est moi qui me suis noyée.

Je n'aurais pas de petit frère. De petits frères, car il y en avait bien deux, mais le premier étant plus faible, il n'avait vécu que quelques heures... Avant d'aller rejoindre les anges, il avait tout de même - à sa façon - fait comprendre aux médecins que quelque chose de grave se passait. On a donc emmené mon deuxième petit frère dans un hôpital spécialisé ou le verdict sans appel tomba comme un couperet: il ne vivrait pas.

Le médecin avait prévenu que dans le "meilleur" des cas, il pourrait survivre un ou peut être même deux mois, mais que de toute façon, ce n'était que reculer une échéance fatale. C'est peut être parce qu'il a compris que mon petit frère a juge mieux de partir plus tôt, avant que des liens ne se créent...il est parti rejoindre son jumeau cinq jours après...

Je ne les ai jamais vus, personne n'a cru bon de m'emmener a l'enterrement... et trente cinq ans après, je suis toujours la à me demander pourquoi on m'avait fait croire aux miracles. Rien n'est jamais acquis...et rien ne comblera jamais ce vide.

C'est drôle, je ne peux jamais repenser a cette époque, à ces moments douloureux, sans repenser a ce sucrier bleu...a vrai dire, après ce jour de janvier, je ne sais pas du tout ce qu'il est devenu...il a du être perdu à un moment ou a un autre...comme mon enfance...