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jeudi 22 août 2013

Le Magicien d'Ose...

Au milieu de la tempête, je me sentais aussi peureuse que le lion sans courage, je tremblais à l'idée de ne jamais trouver ce qui manquait à ma vie.

Je sentais bien que quelque chose faisait défaut, que j'étais amputée de ce qui fait qu'on franchit toutes les barrières, qu'on arrache tous les bonheurs de la vie, mais je ne savais pas ce que je cherchais, je me contentais de culpabiliser en pensant que j'étais seule la responsable, que j'étais trop pleutre pour affronter le monde.

J'aurais pu tout aussi bien me sentir comme l'épouvantail sans cervelle, je me sentais vide de sens, je ne sentais plus le sang couler dans mes veines, je n'étais qu'un tas de foin sans neurones, incapable de voir que ce que je cherchais partout était caché juste sous l'herbe sèche  sous les apparences, afin de repousser les oiseaux et leurs chants pleins de gaieté.

Ma vie n'avais aucun sens, pas plus que celle de l'homme de fer blanc sans cœur qui bat sous sa carapace de métal.

Certes, j'étais à l'abri, du moins je le croyais, mais que vaut une vie sans battements de cœur, dans le froid de la ferraille?


Je n'avais pas de petit Toto quand je t'ai rencontré, pas plus que des chaussures rouges, mais un chat noir, compagnon de route sur le chemin de briques jaunes qui menait à toi.

J'en ai croisé, des singes ailés, effrayants de vacarme, semant le chaos autour d'eux, j'ai croisé des sorcières, aussi, la laideur de leurs sentiments se déversant sur leurs traits...

Mille fois j'aurais pu rebrousser chemin, faire demi tour et retourner dans ma petite existence vaine, mais j'ai préféré continuer ma route vers toi, mon Magicien d'Ose.

Ma vie a trouvé ses couleurs lorsque je t'ai rencontré, toi, le Magicien caché au-delà du monde.

Tu as pris ma main et tu m'as appris que ce que je cherchais vainement, je l'avais en moi, du courage pour vaincre les épreuves de la vie, un cœur pour aimer, un esprit pour rêver...

Tu m'as ouvert les portes de ton monde, du monde que je cherchais sans le trouver.

Elles sont bien loin les sorcières, vaincus sont les singes volants, ne reste que nos sentiments, et la route de briques jaunes, ouverte à ceux qui savent la voir...

Ce n'est jamais facile de quitter l'ancien monde pour découvrir la Magie, mais le voyage au pays du Magicien d'Ose vaut toutes les audaces, je le sais maintenant.

Ma main dans la tienne, je marche maintenant apaisée, dans ton pays enchanté, la tête relevée, le cœur battant, vivante pour toutes mes années de sommeil dans le monde noir et blanc déjà presque oublié...


mardi 23 juillet 2013

Danser sous la pluie...

Je chante comme une casserole, je le sais, je vis avec.

J'ai une bonne oreille, pourtant, ou du moins c'est ce qu'on dit, mais c'est comme ça, je ne chanterai jamais "Singing in the rain" sous une pluie battante comme Gene Kelly.

Par contre, je crois qu'un jour, je me risquerai à danser sous la pluie.

Je danse sans doute aussi mal que je chante, mais au moins, c'est silencieux, alors en choisissant bien l'endroit, à l'abri des regards, je crois que je me laisserai aller à cet élan primitif et enfantin qu'on appelle bonheur et qui - sans raison apparente - vous pousse un jour à vous jeter sous les trombes d'eau.

Mais pourquoi donc veut-elle danser sous la pluie vous demandez-vous?

Eh bien elle veut danser sous la pluie pour faire un pied de nez à toutes les vacheries qu'elle a vécu dans sa vie, pour conjurer le sort, pour effacer à grands coups de tonnerre les cris qu'elle n'a jamais laissé s'échapper.

Elle veut danser sous la pluie pour laver toute la saleté qu'elle a croisé, pas la poussière, non, la saleté des caractères de personnes qu'on nomme "humaines" à tort.

Elle veut, comme le torrent gonflé par les eaux de pluie après l'orage sentir gronder le sang dans ses veines, parce qu'après tout ça, après l'orage, après la tempête, il y a une vie, une paix, un coin de verdure qui embaume la forêt d'automne...

Elle veut du grand air, sentir ses poumons se déplier à en faire mal, de s'être trop retenue de respirer à fond.

Elle veut lever la tête, pas par fierté, pas par défi, mais juste parce que trop longtemps elle l'a baissé pour encaisser.

Elle dansera un jour, sous des trombes d'eau, comme les fous, comme les sales gosses qui désobéissent à leurs parents, elle dansera, mais pas maintenant, il lui faut d'abord retrouver des forces, celles qu'elle a brûlé, celles qui lui ont échappé, comme le sable fin file entre les doigts.

Un jour, elle dansera sous la pluie, parce que la vie, c'est ça, ce n'est pas attendre dans un coin que l'orage se calme, mais se jeter à corps perdu sous les nuages et faire de son mieux pour y trouver un bonheur tout neuf.

dimanche 23 juin 2013

Laisse toi m'aimer...

Ce n'est jamais facile lorsqu'on a été blessé, trompé, de laisser son cœur s'ouvrir à nouveau.

Il est déjà difficile de voir quelqu'un s'intéresser à nous, de l'entendre nous dire qu'il/elle nous aime, mais lorsqu'on a entendu trop de mots vides de sens, où trouve t'on la force de faire confiance à nouveau?

Ouvrir son cœur à l'autre, c'est déjà une grande victoire, mais pour bâtir quelque chose de solide, encore faut-il que l'Amour soit réciproque.

On parle partout de l'amour à sens unique que l'on éprouve, mais rarement des sentiments que l'on reçoit et des difficultés que l'on a parfois à exprimer les siens.

Non qu'ils soient absents, on ressent parfois ce que les poètes appellent "les papillons dans l'estomac", mais est-ce juste passager, juste un manque dû à l'isolement dans lequel on se plonge en pensant être à l'abri, ou bien est-ce la naissance de quelque chose de plus profond?

Une fois que l'on pose une étiquette sur ce qui fait battre notre cœur plus vite, les choses ne deviennent pas plus facile : nous qui avions bâti une forteresse autour de notre palpitant, le voilà maintenant pris d'assaut et on a qu'une envie, baisser le pont-levis et laisser passer "l'ennemi".

Mais le plus dur reste encore à venir : faire à notre tour un pas vers l'Autre, oser aimer...

L'Amour est comme une médaille à mes yeux, l'addition parfaite de deux âmes complémentaires, sans l'une de ses faces, cette médaille ne vaut rien, elle ne peut exister.

Se laisser aimer, comme je le disais hier ne suffit donc pas, il faut aussi savoir se laisser aller à aimer, oser accepter les sentiments de l'autre, et savoir écouter les siens.

Laisse moi t'aimer...

Je me souviens de cette impression terrible, lorsque j'étais petite et que mon père m'emmenait à la fête foraine. La file d'attente devant le manège à sensation "dernier cri" (c'est le cas de le dire!) me prenait toujours à la gorge, les battements de mon cœur raisonnaient dans ma poitrine, j'étais là, le souffle court, à attendre mon tour, en ayant à la fois l'envie d'être dans le manège, et à la fois celle d'être à mille lieues de là, en sécurité...

Pourtant, pas une fois je n'ai reculé. Et j'ai eu raison.

L'inconscience de l'enfance, sans doute? Peut-être, mais pas seulement, surtout la certitude qu'au-delà de la peur qui allait me serrer les tripes, je manquerais quelque chose de formidable si je rebroussais chemin.

L'Amour est une énorme fête foraine.

Avec ses trains fantômes où tout n'est qu'illusion, ses couleurs acidulées et ses pommes d'amour trop sucrées qui vous collent des caries...

Mais l'amour, c'est aussi un grand huit, avec ses hauts, ses bas, l'ivresse de la découverte de soi lorsqu'on se laisse aller, lorsqu'on lâche prise, qu'on laisse l'autre tourner les pages de notre histoire, mettre à nu notre cœur pour mieux le vêtir de tendresse...

Laissez-vous aimer.

Difficile, certes, mais quel bonheur!

Bien sûr, parfois, on se fait une idée du manège qui n'est pas la bonne, on peut s'embarquer pour un tour qui vous laissera avec un mal au cœur difficile à faire passer, mais surtout, surtout, ne pas tourner les talons, tenir bon malgré tout, serrer les dents s'il le faut, mais oser...mot magique sans lequel rien n'est possible, la clé de tous les rêves.

Et puis un rêve qui se brise, c'est une leçon retenue, une richesse acquise pour toujours, alors osez, prenez place dans la grande roue, le grand frisson n'est jamais très loin...