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mercredi 24 juillet 2013

Nous ne sommes pas du même monde!

Le monde tel que vous le voyez n'est pas forcément le mien.

Mon monde à moi est à la fois petit et immense, flou et bourré de détails...

Petit parce que je vois la coccinelle sur la branche, la larme cachée au coin de l’œil,  la première feuille de l'automne, la beauté des flocons de neige, la brindille dans le bec de l'oiseau qui construit son nid, la peine cachée derrière un sourire charmeur, la timidité d'un grand éclat de rire...

Immense parce que je ne suis qu'un grain de sable dans le désert, une goutte d'eau dans l'océan, et que cette certitude me rend fébrile parfois, parce que je sais que je ne peux pas réparer le monde...

Mon monde à moi, ce sont des images, mais aussi des parfums, des notes de musique, des couleurs à travers la grisaille, l'espoir d'un arc-en-ciel dans le gris du ciel, le parfum des fraises des marchés de Pologne, la rougeur de l'horizon des soirs d'été, le chant d'un oiseau au loin, le ronronnement de mon chat, Gershwin et son piano, l'odeur des confitures que faisait ma grand-mère...je n'en mangeais que rarement, mais je pouvais rester des heures en cuisine à respirer les effluves des fruits fondants au coin du feu.

Je voue une passion au fait maison, au sur-mesure, au travail d'artisan, à la patience du geste de l'artiste...

Mon monde à moi naît quand le temps se suspend, quand, entre deux battements de cœur, je remarque un détail au bord du chemin.

Je laisse les autoroutes aux gens pressés, je préfère choisir les sentiers de campagne, les chemins à peine effleurés des sous-bois...

La route est plus longue, mais qui serait pressé devant tant de merveilles?

Le monde est tellement incroyable quand on prend le temps de le regarder...

mercredi 8 mai 2013

Je l'aurai un jour, je l'aurai!

Et si au fond, toutes mes peines n'avaient pas été vaines?

Je me dis parfois que si je n'ai pas le bonheur d'avoir des enfants, c'est tout simplement parce que j'étais destinée à autre chose...

La première fois que cette idée m'est venue, je me suis dit que peut-être je cherchais un anti-douleur, un truc qui fasse taire le manque, comme un drogué à qui on refuse sa dose...

Et puis l'idée a fait son chemin... tout doucement, comme la rivière qui creuse son lit.

Peut-être que c'était trop facile pour moi, que je n'étais pas destinée à porter mes enfants dans mon ventre, comme tout le monde (il est vrai que j'ai toujours été originale sur les bords) mais plutôt dans mon cœur.

Et puis, pour corser la manœuvre, je ne vais pas attendre neuf mois comme les autres mères, mais quelques années, sans savoir, jusqu'à la dernière minute si notre vœu sera exaucé. Comment il disait, l'autre? " A vaincre sans péril on triomphe sans gloire" ?

Finalement, il faut se faire une raison, tant qu'à ramer, autant le faire avec panache, nous avons donc lancé un nouveau combat : "l'adoption" .

Ce n'est pas gagné, mais ça a un sens, j'ai peut être été "testée" par les épreuves que j'ai traversé, genre "tiens, elle veut un môme, on va voir à quel point" .

Seulement voilà, je suis têtue, alors plutôt que de baisser les bras, je retrousse mes manches, et plutôt que de pleurer, je choisis le sourire!

Et tant qu'on y est, puisqu'on m'a refusé un enfant, eh bien nous en  adopterons deux! Non mais!