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dimanche 23 juin 2013

Laisse moi t'aimer...

Je me souviens de cette impression terrible, lorsque j'étais petite et que mon père m'emmenait à la fête foraine. La file d'attente devant le manège à sensation "dernier cri" (c'est le cas de le dire!) me prenait toujours à la gorge, les battements de mon cœur raisonnaient dans ma poitrine, j'étais là, le souffle court, à attendre mon tour, en ayant à la fois l'envie d'être dans le manège, et à la fois celle d'être à mille lieues de là, en sécurité...

Pourtant, pas une fois je n'ai reculé. Et j'ai eu raison.

L'inconscience de l'enfance, sans doute? Peut-être, mais pas seulement, surtout la certitude qu'au-delà de la peur qui allait me serrer les tripes, je manquerais quelque chose de formidable si je rebroussais chemin.

L'Amour est une énorme fête foraine.

Avec ses trains fantômes où tout n'est qu'illusion, ses couleurs acidulées et ses pommes d'amour trop sucrées qui vous collent des caries...

Mais l'amour, c'est aussi un grand huit, avec ses hauts, ses bas, l'ivresse de la découverte de soi lorsqu'on se laisse aller, lorsqu'on lâche prise, qu'on laisse l'autre tourner les pages de notre histoire, mettre à nu notre cœur pour mieux le vêtir de tendresse...

Laissez-vous aimer.

Difficile, certes, mais quel bonheur!

Bien sûr, parfois, on se fait une idée du manège qui n'est pas la bonne, on peut s'embarquer pour un tour qui vous laissera avec un mal au cœur difficile à faire passer, mais surtout, surtout, ne pas tourner les talons, tenir bon malgré tout, serrer les dents s'il le faut, mais oser...mot magique sans lequel rien n'est possible, la clé de tous les rêves.

Et puis un rêve qui se brise, c'est une leçon retenue, une richesse acquise pour toujours, alors osez, prenez place dans la grande roue, le grand frisson n'est jamais très loin...

mardi 21 mai 2013

Stop! Arrêtez le monde, je veux descendre!

Tout va trop vite, je me sens comme sur un manège qui ne s'arrête jamais, la tête qui tourne et le coeur au bord des lèvres...

Les mômes aussi grandissent trop vite, élevés par la télé ou la rue pendant que les parents courent partout, pressés par la vie.

Je me souviens de mon enfance, pas si lointaine, où le temps passait moins vite, les couleurs aussi étaient différentes...

Les après-midis passés dans la cuisine, chez mes grands-parents, et les gestes de ma grand-mère, précis, appliqués, lorsqu'elle préparait le repas, j'aimais ce calme, cette façon qu'elle avait de saupoudrer ses plats d'amour.
Elle a passé son savoir faire à ma mère, qui à son tour m'a fait cadeau de cet héritage précieux.

Ce fut moins facile pour elle : contrairement à ma grand-mère, elle menait une carrière professionnelle bien remplie et j'avoue que petite, j'aurais aimé profiter un peu plus de son temps.

J'ai grandi trop vite, j'ai fait partie de ces gamins qui rentrent de l'école la clé autour du cou...mais l'époque était différente, le monde moins compliqué, moins hostile.

Je ne veux pas du monde d'aujourd'hui pour mes enfants.

Je veux du temps pour eux, du temps pour mon mari aussi.

Pas du temps à passer avec eux entre deux portes, mais des moments de qualité, pour ne rien rater d'un quotidien qui m'est si précieux...

Je veux des souvenirs aux goût des confitures maison d'antan, des joues rougies parce qu'on a construit un super bonhomme de neige, je veux des souvenirs d'un passé à construire....

Je ne sais pas encore comment arrêter le temps, mais je suis bien décidée à arrêter le manège...je veux descendre!