Aujourd'hui, il s'est passé une chose qui m'a blessée profondément.
J'ai perdu un ami.
En fait, il y a deux ans maintenant qu'il est parti voir pour un monde plus calme, mais je gardais précieusement ses petits mots laissés ça et là sur un réseau social.
Je n'ai que très peu de contacts, je l'ai déjà dit, je suis une orpailleuse, et quand il est parti, contrairement à d'autres qui ont supprimé sa page de leur liste, je l'ai gardée...
On ne cesse pas d'être un ami simplement parce qu'on meurt, l'histoire ne s'arrête pas là.
Et aujourd'hui, voilà que l'on supprime son compte...d'un petit clic, une personne a gommé arbitrairement de jolis souvenirs, de jolies pages du livre qu'est ma vie.
Je suis restée là, sans mot, devant mon écran, assommée...je n'imaginais pas que cela aurait une telle portée, mais ce soir je suis bien triste.
Je fais partie de ceux que mon amie Maddy appelle " les gardeurs". Je n'oublie pas.
Certes, je peux sortir de votre vie pendant un temps, prendre des distances, volontairement ou pas, mais au moment où vous vous y attendrez le moins, je serai là. Fidèle.
J'ai gardé dans le répertoire de mon téléphone, en bonne place, le numéro de mon amie C.
Une femme d'exception, partie trop tôt au détour d'un virage.
Son éclat de rire me manque toujours, et à chaque fois que je vois son prénom sur ma liste de contacts, il résonne dans un coin de ma tête...
Je ne m'habitue pas à l'absence des gens que j'aime, je fais avec tant bien que mal.
Et malgré mon amour des mots, il y en a un que je ne peux pas voir... "adieux"...
Je lui préfère de loin son cousin "au-revoir".
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mardi 4 juin 2013
jeudi 16 mai 2013
Naufrage...
Cet après-midi, en rentrant du travail, comme à mon habitude je regardais la pluie tomber à travers la vitre du bus quand j'ai vu un petit groupe de personnes, se soutenant, habillés de noir, sous des parapluies noirs eux aussi...
Ce n'est pas une vue qui m'est étrangère : deux fois par jour, en allant ou en revenant du travail, je passe entre les pompes funèbres et un cimetière. Seulement aujourd'hui, je ne sais pourquoi, une idée m'est venue.
Une ligne s'est tracée dans ma tête... Une ligne invisible et cruelle, une espèce de frontière absurde entre ces personnes endeuillées et moi.
Je me disais que j'aurais voulu dire au-revoir, trouver un lieu, un moment, pour dire adieu, deux fois...
Oh, je sais bien que pour le commun des mortels, la perte d'un être que l'on a apprécié pendant des années justifie la peine, rend légitime la douleur que l'on ressent, mais dans mon cas?
Est-ce que, comme me l'a fait remarquer si "gentiment" la gynécologue pleine de tact qui m'a annoncé la première fois que le petit cœur de mon bébé ne battait pas " C'est pas grave, si ce n'est que ça, on le fait partir et dans trois mois vous recommencerez"...
Comment te dire, charogne que tu es, que cet enfant, il était attendu, voulu, aimé, et qu'il pourrait y en avoir une vingtaine après lui que ça ne rendrait pas ma peine plus légère?
Comment te dire également que si je ne m'étais pas instantanément désintégrée sur ta table d'examen, mon poing, ce petit poing que j'ai serré si fort que mes ongles en sont rentrés dans ma chair, se serait appliqué à t'enlever ce petit sourire en coin?
Comment te dire enfin que je prends plus de soin avec mes clients au quotidien pour leur annoncer une broutille que tu n'en as eu pour briser mon rêve à jamais?
C'est vrai que je n'ai jamais connu les deux petits cœurs, mais est-ce que je les ai moins aimés pour autant?
Depuis quand la peine se mesure-t'elle? Qui peut définir la profondeur d'une blessure qui ne se voit pas?
J'ai déjà perdu des êtres chers, j'ai eu mal, comme tout le monde, puis, avec le temps sont remontés à la surface de belles images, de belles paroles, des éclats de rire aussi...
Mais cette douleur là est différente.
Je ne peux pas dire au-revoir, je ne le pourrai jamais, je resterai avec mes questions et mes regrets à vie, sans aucun joli souvenir pour adoucir mon chagrin.
Je reste là comme ces rescapés d'un naufrage, à contempler les vagues, sans avoir pu dire adieu à mes trésors enfouis au fond de l'océan...
Ce n'est pas une vue qui m'est étrangère : deux fois par jour, en allant ou en revenant du travail, je passe entre les pompes funèbres et un cimetière. Seulement aujourd'hui, je ne sais pourquoi, une idée m'est venue.
Une ligne s'est tracée dans ma tête... Une ligne invisible et cruelle, une espèce de frontière absurde entre ces personnes endeuillées et moi.
Je me disais que j'aurais voulu dire au-revoir, trouver un lieu, un moment, pour dire adieu, deux fois...
Oh, je sais bien que pour le commun des mortels, la perte d'un être que l'on a apprécié pendant des années justifie la peine, rend légitime la douleur que l'on ressent, mais dans mon cas?
Est-ce que, comme me l'a fait remarquer si "gentiment" la gynécologue pleine de tact qui m'a annoncé la première fois que le petit cœur de mon bébé ne battait pas " C'est pas grave, si ce n'est que ça, on le fait partir et dans trois mois vous recommencerez"...
Comment te dire, charogne que tu es, que cet enfant, il était attendu, voulu, aimé, et qu'il pourrait y en avoir une vingtaine après lui que ça ne rendrait pas ma peine plus légère?
Comment te dire également que si je ne m'étais pas instantanément désintégrée sur ta table d'examen, mon poing, ce petit poing que j'ai serré si fort que mes ongles en sont rentrés dans ma chair, se serait appliqué à t'enlever ce petit sourire en coin?
Comment te dire enfin que je prends plus de soin avec mes clients au quotidien pour leur annoncer une broutille que tu n'en as eu pour briser mon rêve à jamais?
C'est vrai que je n'ai jamais connu les deux petits cœurs, mais est-ce que je les ai moins aimés pour autant?
Depuis quand la peine se mesure-t'elle? Qui peut définir la profondeur d'une blessure qui ne se voit pas?
J'ai déjà perdu des êtres chers, j'ai eu mal, comme tout le monde, puis, avec le temps sont remontés à la surface de belles images, de belles paroles, des éclats de rire aussi...
Mais cette douleur là est différente.
Je ne peux pas dire au-revoir, je ne le pourrai jamais, je resterai avec mes questions et mes regrets à vie, sans aucun joli souvenir pour adoucir mon chagrin.
Je reste là comme ces rescapés d'un naufrage, à contempler les vagues, sans avoir pu dire adieu à mes trésors enfouis au fond de l'océan...
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