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jeudi 5 novembre 2015

Deux ans, deux chats et quelques antidépresseurs plus tard...

 
J'ai eu tort. J'ai eu tort et je vous présente mes excuses les plus sincères pour cela.

J'ai eu tort de me cacher, d'arrêter d'écrire, d'arrêter de partager joies et peines, j'ai eu tort de mettre mon blog, mes lecteurs, de passage ou fidèles, de côté.

 

Je suis désolée. Je me croyais naïvement solide, le roc que l'on aperçoit de l'extérieur, même moi il m'a trompé. Je ne suis rien de tout cela.

J'avais lu l'histoire du Colosse aux pieds d'argile pendant une leçon de latin quand j'étais jeune pourtant, mais on se croit toujours différente, on se croit plus forte, à l'épreuve des sales coups.

Et puis un jour on se réveille, on se regarde dans un miroir et on se voit telle que l'on est : petite, toute petite, pas Atlas version femelle qui porte la voûte céleste sur ses épaules, mais juste une petite fourmi qui, bien qu'assez forte pour porter un grain de riz plus gros qu'elle se fait balayer par une grosse pluie d'été.

Il lui en faut, à la petite fourmi, du temps et du courage pour reprendre le chemin de sa fourmilière, pour ne pas se dire que c'est perdu d'avance, qu'elle n'y arrivera pas, qu'elle n'est qu'une petite fourmi...

C'est à l'étape de la grosse pluie d'été que j'ai arrêté d'écrire.

L'orage, je ne l'ai pas vu arriver. Et puis qu'est-ce que ça aurait changé? On n'arrête pas un orage.

Balayé le grain de riz, balayés le courage, la force, j'ai perdu mes antennes dans la vague, je ne voyais plus clair, alors je me suis posée sous une feuille et comme je ne savais pas quoi faire d'autre avant de recoller les morceaux, j'ai attendu.

Deux ans.

Et puis je me suis dit qu'il était temps de sortir de ma cachette, de raconter au Monde que la vie des fourmis, même bien entourées, n'est pas toujours celle qu'on croit.

Alors me revoilà, deux ans, deux chats et quelques antidépresseurs plus tard, avec un lourd bagage à déballer, une fois que je me sentirai plus légère, quand j'aurai déposé ici mes écorchures, mes bleus et mes larmes, je regarderai à nouveau les couleurs d'automne avec tout leur éclat et je serai enfin prête à me battre.

samedi 4 mai 2013

Papatte, un pull safran et de l'eau salée...

 

Ce texte n'est pas récent, je l'ai déjà publié, mais pour savoir qui je suis, il faut savoir d'où je viens...

 




Papatte est parti pour voir les étoiles de plus près le 27 janvier 2005, un jour d'hiver ou il faisait très froid.

A vrai dire, je ne me souviens plus grand chose de ce qui s'est passé ce jour là, je sais seulement qu'il y avait de la neige, beaucoup de neige, juste comme il aimait.

Je savais qu'il ne reviendrait pas de sa dernière visite chez le vétérinaire, c'est dur de savoir que c'est fini et qu'on n'y peut rien.

Je l'ai porte dans mes bras, enroulé dans sa couverture bleue, celle toute douce qu'il adorait. Et pendant toute la route, j'ai pleuré... je pleure toujours, en y pensant, même la, en vous écrivant...je voyais le chemin tout trouble à travers l'eau salée.

Ensuite, je ne veux plus me rappeler, je sais seulement que je lui ai parlé tout bas à l'oreille, comme il aimait et qu'il est parti avec ma bouche sur sa grosse truffe.

Je sais que ce jour là je portais un pull safran que je ne me suis jamais résolue à remettre depuis.

Et puis je sais que pour moi, il restera toujours le chiot qui s'asseyait sur ma poitrine, la nuit, pour me regarder respirer, ensuite, quand il a grandi, il savait à quelle heure je me réveillais et il était toujours près de mon lit à me fixer avec ses grands yeux, elle me manque encore, cette image...tous les jours.

Et puis il aimait bien faire le fou avec moi l'été, dans le jardin, mais plus que tout, il savait tout... je n'avais pas besoin de lui dire quoi que soit: si ça n'allait pas, il venait poser sa truffe dans ma main et ça soignait toutes mes peines... il savait tout, je vous dis.

mardi 9 avril 2013

Mal de mère.

 











J'ai caressé un rêve, du bout des doigts
Un bonheur aussi grand qu'éphémère
Je n'ai jamais tant voulu te connaître, toi
Le petit être qui allait faire de moi une mère

J'ai savouré chaque instant, chaque jour,
Je faisais de jolis rêves avec Papa,
Tu étais attendu, voulu, pétri d'amour,
Et un jour j'appris que tu ne serais jamais là...

Il m'en aura fallu du temps, pour te dire au revoir,
Ma peine, elle, est restée, elle m'accompagne à chaque instant,
Nous t'avions tant attendu, la vie sans toi semblait si dérisoire...
Et puis un jour, à nouveau ce fut l'espoir,

Une joie mêlée à une pointe de tristesse, et un rêve qui renaît
Sans jamais te remplacer, nous avons recommencé à aimer
Nous avons fait une place dans notre cœur blessé,
Et nous avons ouvert nos bras à un nouveau bébé

Triste sort que le mien de ne pouvoir vous connaître
Moi qui aurait tout donné pour vous voir naître
Je dois me contenter de mes rêves brisés
Et mon coeur n'a de cesse que de me remémorer

Ces instants si précieux où je vous attendais
Cette attente ne m'a laissé qu'une blessure amère
A trop vous avoir aimés, à trop vous avoir rêvés
Il ne me reste à présent rien d'autre qu'un mal de mère...