Toi aussi tu le ressens ce pincement indéfinissable au cœur cette espèce de mal du pays alors que tu n'as envie d'aller nulle part?
A mon âge, on se fait forcément une raison, mais toi, bout de chou, toi qui n'a rien demandé mais qui doit chaque année faire une babiole, un collier de nouilles, une sculpture en terre glaise peinte à la gouache, un cendrier, une broderie, que sais-je?
Toi qu'on pousse sûrement, à coups de mots tendres, à faire "un cadeau pour maman", puis quelques semaines plus tard "un cadeau pour papa", pour faire comme tes petits camarades de classe, comme tu dois les détester ces deux jours là...
Et les anniversaires, les Noëls, les jours sans occasions aussi, le visage souriant qui t'attend à la sortie de l'école, combien de fois l'as-tu cherché vainement dans la foule?
Et quand tu es malade, que tu as peur la nuit? Qui appelles-tu de ta petite voix?
A qui les poses-tu tes questions d'enfant?
Si seulement je pouvais te dire que ta vie ne sera pas toujours comme ça, qu'un jour, nos chemins se croiseront, qu'un jour, tu trouveras ta place, tu viendras compléter à la perfection l'image d'une belle famille, comme une pièce d'un puzzle sans qui rien n'est parfait, rien n'est achevé...
Si seulement je pouvais sécher tes larmes et tenir ta petite main pour te dire, bien au-delà des mots, qu'il faut oser rêver, que sans les rêves, rien ne se passe, rien ne bouge en ce monde.
Rêve de moi comme je rêve de toi, attends ton papa comme il t'attend, ça prendra le temps que ça prendra, mais on se retrouvera, oui, on se retrouvera, parce qu'un jour, j'ai lu qu'on ne rencontrait pas les gens qu'on aime, mais qu'on les reconnaissait.
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lundi 17 juin 2013
samedi 25 mai 2013
Super Chouquettes!
Il y a quelques semaines maintenant, nous avons annoncé aux Minettes que nous avions l'intention d’agrandir la famille.
Nous sommes partis du principe que quand il y a du bonheur pour quatre...ben il y en a forcément pour six, puisque le bonheur, c'est bien connu, il suffit de le partager pour qu'il grandisse!
C'est donc avec une petite dose d'appréhension que nous avons abordé l'idée de l'adoption.
Nous avions bien tenté d'amener le sujet à l'aide d'un petit bouquin, mais l'histoire qui y était dépeinte ne collait que très peu à notre réalité à nous.
Nous avons donc discuté des enfants qui n'avaient pas la chance d'avoir une famille aimante et qui passaient leur temps dans des maisons spéciales avec d'autres enfants qui attendaient eux aussi que des parents se décident à venir les chercher...
Nous leur avons demandé timidement ce qu'elles en pensaient, et si elles se disaient elles aussi que nous pourrions adopter des enfants et leur offrir une vie pleine d'amour.
J'avoue que je ne m'attendais pas vraiment à leur réponse...pas plus que leur Papa d'ailleurs, si j'en crois sa mine!
La grande demanda si on pouvait aller les chercher "tout de suite", parce que "c'est vrai, maintenant qu'ils ont une famille, c'est pas la peine qu'ils restent à l'orphelinat"...
La petite, elle, avait l'esprit plus pratique et déclara - avec un calme olympien - qu'il faudrait en adopter six "deux filles, et quatre garçons, comme ça, c'est plus pratique, ça fait quatre de chaque".
Ça vous étonne si je vous dis qu'on s'attendait un peu à tout...mais pas à ça?
Nous avons donc expliqué qu'il n'était pas possible d'aller les chercher tout de suite, parce que le processus était un peu similaire à celui qui nous avait permis d'obtenir la garde des filles : enquêtes sociales, dossiers à remplir, etc,et que c'était nécessaire parce qu'on ne pouvait pas confier des enfants à n'importe qui...
Elles comprirent, même si la déception se lisait clairement sur leurs frimousses.
Pour ce qui est du nombre, nous leur avons expliqué que nous souhaitions adopter deux petits, et qu'il faudrait les entourer de beaucoup d'attention et d'amour, là-dessus, je ne pense pas me tromper en disant qu'il risque d'y avoir un sacré "surstock" : il fallait les entendre faire des projets "ils peuvent dormir dans ma chambre", "ou dans la mienne, il y a de la place"...
Nous sommes des sacrés veinards d'avoir deux super chouquettes dans notre vie, maintenant, elles sont comme nous, elles attendent de pied ferme que la famille s'agrandisse, sacrées petites bonnes femmes!
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