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samedi 20 avril 2013

Les jeux sont faits...

Nous avons la malchance d'habiter dans une ville où aucun Juge des Affaires Familiales n'a été nommé pendant deux ans... Si, si, ça existe, en France, au XXIème siècle.

C'est vrai, quoi, vous volez une bicyclette, vous aurez droit à un juge, mais si vous êtes un môme en galère, il n'y a plus personne... Là où il y a urgence, les délais s'étalent sur des mois...

Faute de Juge à plein temps, ce sont des Juges "intérimaires" qui remplissaient la fonction de Juge des Familles. Appelez cela de la malchance, mais l'audience qui devait avoir lieu normalement au mois de mai, soit cinq mois (affreusement longs pour les filles comme pour nous) après que notre demande fut enregistrée, cette fichue audience que l'on attendait tant, n'a pas eu lieu...

Pourquoi? Oh, tout simplement parce que nous avions déposé une double requête : devant le Juge des Enfants et le Juge des Familles. Pas de bol, le Juge des Enfants étant celui qui devait présider l'audience de mai, et un Juge ne pouvant remplir ces deux fonctions à la fois pour la même affaire, notre audience a tout simplement été rayée et reportée au mois de septembre.

Rage, dégoût, dépit, tristesse, impuissance, ce que nous avons ressenti à ce moment là ne se décrit pas, ça se vit.

Le pire, c'était de dire aux minettes que malgré leurs constantes demandes, nous ne pouvions les garder auprès de nous et qu'elles devaient rester une semaine sur deux chez leur "mère"...allez donc expliquer ça à des petites filles...

Nous voilà donc repartis jusqu'au mois de septembre...

La "mère", elle, ne perdait pas de temps : fausse déclaration à la CAF indiquant que nous refusions de remplir notre devoir de garde alternée et qu'elle assumait seule l'éducation des petites...ce qui nous a valu de rembourser toutes les prestations sociales versées sur les trois mois précédent sa déclaration.

Ah oui, tiens, la CAF, autre machine qui mériterait un bon dépoussiérage... Sur simple déclaration de la "mère" des filles, les modalités des prestations sociales furent modifiées... Sans présentation de justificatif, sans convocation afin de vérifier ses dires.

Nous avons donc pris rendez-vous et avons montré le jugement datant de la séparation où il était clairement indiqué de quelle façon le Papa et la "mère" percevaient les différentes prestations sociales. Grand moment de solitude de la conseillère que nous avons rencontré. "Euh, je ne comprends pas, effectivement, il y a eu une erreur, les versements n'auraient pas dû être effectués sur le compte de la mère et vous n'auriez pas dû rembourser ce montant". "Nous allons faire une enquête". 

L'enquête a bien été effectuée, deux ans après, nous n'avons pas de nouvelles. Restent les mots de l'enquêteur pour nous consoler "Mais, sur le jugement, la mère est sensée couvrir la moitié des frais d'éducation liés aux filles, par contre, d'après les pièces dont je dispose, c'est vous qui prenez tout à votre charge, c'est vous qui vous occupez de tout, alors elle, dans tout ça, elle fait quoi?"... Au moins, ce monsieur avait effectué son travail correctement, même s'il semblait aussi dépassé que nous par les évènements.

Entre temps, les filles continuaient à vivre un cauchemar : cris, coups, mauvais traitement, reproches et coups parce que la plus grande avait grandi et que ses vêtements ne lui allaient plus, reproches parce qu'elles mangeaient trop et elles lui coûtaient trop cher, reproches, reproches, reproches....

Dîtes, vous faîtes quoi, vous, quand une petite fille vient s'asseoir sur vos genoux en disant qu'elle veut parler au Juge et lui dire qu'elle ne veut plus retourner chez sa mère et qu'elle en a assez parce que les semaines où elle est là-bas, les enfants à l'école se moquent d'elle et la traitent d'épouvantail? 

La plus petite, elle, avait une autre méthode : celle de l'huître...elle s'enfermait dans sa coquille et rien ne "la touchait".

Septembre...tenir jusqu'en septembre...

jeudi 18 avril 2013

Un père et passe...




Et voilà donc Mr.D. avec ses filles, seul, à assumer le quotidien du jour au lendemain, pendant que leur mère vivait sa nouvelle vie, insouciante.


C'est Mr. D. qui a relancé leur mère pensant que s'il ne faisait rien pour qu'elle reprenne contact avec les Minettes, ces dernières lui reprocheraient une fois adultes, de les avoir privées de "maman" (pardonnez-moi les guillemets, mais à mes yeux, être mère, ça signifie autre chose qu'avoir son nom sur un bulletin de naissance) .

C'est donc à contre cœur, et suite au jugement qui a été rendu partageant la garde des filles que leur mère s'est vue "contrainte" de s'occuper de ses filles, une semaine sur deux.

Ce ne fut pas de tout repos : entre son nouveau compagnon pris de boisson qui voulait tabasser Mr. D. lorsque celui-ci ramenait les filles chez leur mère et les épisodes où le couple refusait de les prendre après une semaine passée chez leur Papa, Mr. D. dût recourir à la justice sous forme d'une main courante...

Quelques mois plus tard, les filles apprirent à leur père que le compagnon de leur mère était mystérieusement absent depuis des semaines... "il est malade" fût la version officielle délivrée par la mère pendant près de trois mois, jusqu'à ce qu'elle admette finalement qu'il avait été emmené par la gendarmerie puis placé en détention provisoire pour des "sales ragots"...bien sûr, c'est bien connu, les prisons sont pleines d'innocents.

La vérité fût encore bien pire que tout ce que nous avions pu imaginer, mais nous ne la connûmes que deux ans plus tard, par les journaux...parce que la mère des petites, n'a jamais cru bon d'alerter Mr D.

Vous penserez sans doute que les filles ont eu un peu de répit lorsque leur mère s'est retrouvée sans son compagnon...vous vous trompez, ce qu'elles ont vécu dépasse l'entendement, et ce qu'a vécu leur père est le pire cauchemar qu'on puisse imaginer lorsqu'on aime ses enfants...

mercredi 17 avril 2013

Un père et manque...




 Les faits qui suivent sont réels, hélas, ils relatent ce que notre petite famille a vécu pendant près de deux ans.

Deux ans qui pèsent très lourd, deux ans à subir l'état de délabrement avancé dans lequel se trouve le Droit des Familles en France.




Quand j'ai connu celui qui deviendrait mon mari, il a été honnête avec moi dès le départ : sa situation familiale était délicate.
Sa sincérité aurait pu me faire fuir, mais ce ne fut pas le cas, et je ne l'ai jamais regretté, même si la route a été longue et pénible jusqu'au bonheur que nous vivons maintenant.

Mr. D. est un Papa hors-pair. Non, non, l'amour ne rend pas forcément aveugle : je connais ses défauts et il connaît les miens par coeur.

Avec les enfants en général, et les Minettes en particulier, il est patient, à l'écoute, il sait les faire rire comme personne, il sait également être ferme et par dessus tout, il est conséquent, qualité hélas trop rare de nos jours.

Les deux princesses qui remplissent la maison de leurs éclats de rire ont de la chance d'avoir un Papa toujours présent, car la vie ne les a pas épargnées...

Je n'ai jamais compris qu'on puisse tourner le dos à ses enfants.

Je ne parle pas ici d'enfants adultes, de querelles de familles donnant lieu parfois à des éloignements, mais bel et bien des personnes qui du jour au lendemain jettent leurs enfants non parce que leur situation est devenue trop difficile, mais juste parce qu'ils représentent un poids inutile...un lest dont on se débarrasse pour être plus léger...

Je n'ai jamais compris que l'on puisse, du jour au lendemain, laisser derrière soi deux petites filles de trois et cinq ans, juste parce qu'on décide de refaire sa vie avec le voisin d'en face et que celui-ci ne veut pas de gosse sous son toit.

Je ne juge pas le fait qu'on puisse quitter son compagnon, les couples à l'heure actuelle ne durent pas forcément, mais quand on est mère, ou qu'au moins on se déclare comme telle, je ne comprends pas qu'on puisse agir de la sorte et ne même pas prendre de nouvelles de sa progéniture alors qu'on habite de l'autre côté de la route...

C'est pourtant ce qui est arrivé cet été là.

Et c'est à ce moment là aussi que l'histoire de mon mari et de sa bataille pour le bien de ses filles a commencé...