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mardi 23 avril 2013

Atout coeur...

Notre appréhension était grande, après la première enquête sociale...

Et si le nouvel enquêteur était aussi peu compétant que le premier?

Et si la mère des petites mentait à nouveau (sur ce point, jamais de déception)?

Et si l'enquêteur se laissait berner par les apparences?

La première visite eut lieu un jour d'hiver (l'audience avait eu lieu mi-septembre, ajoutez à cela le délai de paperasserie et vous recevez le jugement provisoire sur papier fin octobre...heureusement, il y avait urgence!).

Notre avocate nous avait dit que l'enquêteur était choisi par la Juge car ils travaillaient en étroite collaboration depuis plusieurs années. Ce n'était pas franchement rassurant, car cette Juge était réputée pour accorder la garde des enfants quasi- systématiquement à la mère...

Je me souviens d'un homme qui avait une allure de "Papa-gâteau". Un monsieur très calme, d'une infinie douceur avec les Minettes. Il ne les traitait pas comme des "numéros de dossiers", mais leur parlait doucement.

Il demanda à voir les filles une à une dans leur chambre, pour un entretien.

C'était déjà un bon point : le premier enquêteur n'avait même pas auditionné les Minettes lorsqu'il était venu à la maison, et nous apprîmes plus tard qu'il avait posé des questions aux filles lorsqu'elles étaient chez leur mère...en présence de cette dernière. Inutile de dire que les filles n'ont jamais osé dire la vérité!

A la maison, ce fut différent, mais ça, nous l'avons appris une fois les entretiens terminés.

L'enquêteur nous informa que les discussions avec les filles n'étaient qu'une formalité, parce qu'il avait demandé à s'entretenir de la même façon avec elles chez la mère et n'avait obtenu que des réponses apprises par cœur. "on veut habiter chez maman parce que chez papa, on a peur et notre belle-mère nous frappe sans arrêt."

Devant nos yeux grands ouverts, l'enquêteur nous rassura en disant qu'en des années de carrière, il savait repérer les signes invoquant une violence quelconque et qu'il était évident que les filles étaient épanouies à la maison.. OUF! Enfin...

Il ne dit rien d'autre au sujet de sa première visite chez la mère, mais nous informa simplement qu'il demanderait à la revoir car certains points l'inquiétaient, mais il souhaitait d'abord s'entretenir avec les enseignants des filles avant de la revoir.

Ce fut, ce soir là une petite lumière qui se ralluma dans nos cœurs. Peut-être qu'avec un peu de chance, la Juge percevrait un peu mieux la situation dramatique dans laquelle étaient les Minettes avec cette nouvelle lueur d'espoir?

lundi 22 avril 2013

Coup de Poker!

C'est en septembre... nous sommes bien loin hélas de la chanson de Bécaud, mais je me souviens avoir eu le refrain en tête ce matin là...

Nos coeurs battaient si fort que j'avais l'impression qu'ils raisonnaient dans la salle d'attente du Tribunal.

Notre avocate eut un sourire rassurant, puis la porte se referma derrière Mr. D. et je fus contrainte d'attendre. 

Oui, attendre, parce que la loi est ainsi faîte que dans la salle d'audience, même si vous vous occupez des petites au quotidien, vous n'êtes rien d'autre que la cinquième roue du carrosse pour l’État français. Je ne pèse pas plus qu'un fétu de paille.

Alors j'ai attendu, des minutes qui m'ont paru une éternité...

Et soudain, plus d'une heure après le début de l'audience, la porte s'ouvrit sur le visage fermé et apparemment agacé de la "mère" des Minettes.

Ce n'est que quelques minutes plus tard, lorsqu'elle eut quitté la salle d'attente, que je sus ce qu'il en était : 
La Juge n'étant pas satisfaite par la première enquête sociale qui lui paraissait peu fiable, en avait ordonné une seconde. Et puisque les faits décrits dans les nombreux témoignages semblaient indiquer des faits plutôt inquiétants, elle ordonna une nouvelle enquête très détaillée cette fois, qui suivrait l'évolution du quotidien des filles lorsqu'elles sont chez leur mère...

Le "hic" dans tout ça, était de taille : afin d'évaluer la capacité de la "mère" à prendre ses filles en charge, la Juge avait tout simplement décidé de fixer la garde chez cette dernière, à plein temps, ne nous laissant qu'un weekend sur deux et la moitié des vacances!

La chute fut vertigineuse...et comme les petites étaient à la maison cette semaine là, nous eûmes la lourde tâche de leur annoncer la nouvelle. 

"L'enquête ne durera pas plus de quatre mois, et après avoir pris connaissance des conclusions de l'expert, un jugement définitif sera rendu". Quatre mois. Savait-elle à quoi elle condamnait les Minettes pendant ces foutus quatre mois?

Quatre mois...

mercredi 17 avril 2013

Un père et manque...




 Les faits qui suivent sont réels, hélas, ils relatent ce que notre petite famille a vécu pendant près de deux ans.

Deux ans qui pèsent très lourd, deux ans à subir l'état de délabrement avancé dans lequel se trouve le Droit des Familles en France.




Quand j'ai connu celui qui deviendrait mon mari, il a été honnête avec moi dès le départ : sa situation familiale était délicate.
Sa sincérité aurait pu me faire fuir, mais ce ne fut pas le cas, et je ne l'ai jamais regretté, même si la route a été longue et pénible jusqu'au bonheur que nous vivons maintenant.

Mr. D. est un Papa hors-pair. Non, non, l'amour ne rend pas forcément aveugle : je connais ses défauts et il connaît les miens par coeur.

Avec les enfants en général, et les Minettes en particulier, il est patient, à l'écoute, il sait les faire rire comme personne, il sait également être ferme et par dessus tout, il est conséquent, qualité hélas trop rare de nos jours.

Les deux princesses qui remplissent la maison de leurs éclats de rire ont de la chance d'avoir un Papa toujours présent, car la vie ne les a pas épargnées...

Je n'ai jamais compris qu'on puisse tourner le dos à ses enfants.

Je ne parle pas ici d'enfants adultes, de querelles de familles donnant lieu parfois à des éloignements, mais bel et bien des personnes qui du jour au lendemain jettent leurs enfants non parce que leur situation est devenue trop difficile, mais juste parce qu'ils représentent un poids inutile...un lest dont on se débarrasse pour être plus léger...

Je n'ai jamais compris que l'on puisse, du jour au lendemain, laisser derrière soi deux petites filles de trois et cinq ans, juste parce qu'on décide de refaire sa vie avec le voisin d'en face et que celui-ci ne veut pas de gosse sous son toit.

Je ne juge pas le fait qu'on puisse quitter son compagnon, les couples à l'heure actuelle ne durent pas forcément, mais quand on est mère, ou qu'au moins on se déclare comme telle, je ne comprends pas qu'on puisse agir de la sorte et ne même pas prendre de nouvelles de sa progéniture alors qu'on habite de l'autre côté de la route...

C'est pourtant ce qui est arrivé cet été là.

Et c'est à ce moment là aussi que l'histoire de mon mari et de sa bataille pour le bien de ses filles a commencé...