Affichage des articles dont le libellé est naissance. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est naissance. Afficher tous les articles

vendredi 6 novembre 2015

Le chêne.


Je suis née un jour de fête des mères. Je ne me souviens pas vous l'avoir dit, si c'est le cas, on dira que je radote un peu au fil des ans...

Cette année-là, les enfants nés un jour de fête des mères ont reçu un cadeau particulier : les heureux parents pouvaient choisir à leur bambin un arbre, qui serait inscrit dans un registre spécial et qu'on ne pourrait pas abattre afin de repeupler le paysage français.

 J'aurais sans doute choisi un sapin, parce que j'aime Noël, mais mes parents choisirent un chêne, un arbre noble, du solide...

Ce jour là, deux chênes sont "nés". L'arbre, et mon Papa.

Grandir près d'un chêne, ce n'est pas forcément être pendue à ses branches, c'est plutôt se percher sur sa cime quand on ne voit pas toujours le soleil au-dessus des nuages, c'est entendre le bruissement de ses feuilles lorsqu'un vent de folie vient le chatouiller.

Parfois, c'est rester dans son ombre, aussi, par choix, ou parce qu'il attire l'attention de toute la faune des bois.

Et puis un jour, on se rend compte que le chêne est malade.

Il a été touché par la foudre, mais vicieuse comme elle est, elle n'a même pas attaqué son écorce, pas une feuille n'est tombée, non, c'est de l'intérieur qu'elle l'a griffée de ses ongles maudits.

 Alors un jour où le chêne me rendait visite, après quatre années passées au loin, depuis mon retour en France, mon bûcheron de médecin s'est rendu compte que le chêne était malade et qu'il y avait urgence...

Les chirurgiens des forêts se sont réunis, ils ont passé beaucoup de temps à réparer le grand chêne, à le remettre sur pieds, presque comme avant, avec un beau cœur tout neuf.

J'ai retrouvé mon grand chêne et ses grands éclats de rire qui secouent ses feuilles, même si je savais maintenant que tout n'est jamais acquis, que la vie s'acharne sur ceux qui l'aiment le plus.

C'était il y a deux ans, un été pas comme les autres, dans une vie qui ne sera plus jamais la même...

dimanche 14 juillet 2013

L'artificier...



Lorsqu'on s'élance, dans un grand bruit, on ne sait jamais combien de temps durera le voyage, si ceux qui croisent notre route garderont de nous un souvenirs qu'ils chériront, mais on essaie tant bien que mal de briller...

Le fait est qu'on ne peut jamais savoir à l'avance à quoi ressemblera notre passage parmi les étoiles.

Serons-nous de ceux qui brillent tout là-haut, sans avoir besoin de personne?

Ferons-nous partie d'un tableau grandiose, d'une pluie de lumières multicolores?

Serons-nous l'élément d'un clan, serons-nous des âmes solitaires?

Aurons-nous le parcours d'un modeste feu-follet, ou au contraire serons-nous un immense arbre de lumière, de ceux qui éclairent les regards de la foule?

Nos débuts sont pourtant tous les mêmes : d'abord il n'y a rien que la nuit, le silence, puis, dans un grand cri, nous naissons, peu importe où, peu importe à quelle occasion, nous avons tous une route tracée, ou du moins nous ne naissons pas par hasard.

Nous sommes tous destinés à briller, à un moment ou à un autre, d'une façon ou d'une autre.

L'important, c'est de ne pas penser que la lumière d'un petit feu de Bengale est moins importante, a moins de valeur que celle d'un bouquet final.

L'essentiel, c'est de savoir que dans l'obscurité du monde qui nous entoure, vous serez toujours l'étoile la plus importante pour quelqu'un, que dans la foule, même si la majorité regarde les lumières les plus colorées, les plus brillantes, il se trouvera toujours une personne pour qui votre éclat sera de loin le plus vif...

Bien sûr, certaines choses nous échappent, c'est l'artificier qui décide de l'ordre de notre départ, des lumières qui nous accompagnent, ou au contraire, de nous laisser monter au ciel en solitaire, mais le moment où l'étincelle met le feu aux poudres n'est pas tout.

La fin du spectacle n'est pas non plus ce qui doit nous freiner, l'important, c'est le voyage, pas la destination.

Au bout du compte, la beauté de la pyrotechnie, ce n'est rien d'autre que l'addition de toutes les différences, de toutes les richesses, c'est l'orchestration parfaite des inégalités, pauvres sont ceux qui ne verront jamais la vie comme un feu d'artifices...




dimanche 14 avril 2013

De choux et de roses...

On ne se connaît pas, et pourtant je t'attends.

Je ne veux pas de toi "faute de mieux", ni "en remplacement", je te veux simplement parce que tu m'appelles.

Oh, je ne t'entends pas, mais je crois sincèrement que tu es l'autre pièce du puzzle, celle qui vient compléter parfaitement la famille que nous formons déjà.

Aujourd'hui, le soleil brillait d'une autre façon pour moi, il n'avait pas cet éclat des premiers jours de printemps, parce que tu n'étais pas là.

Je me demande à quoi tu penses en ce moment même, si tu penses à moi comme je pense à toi.

On dit que les petits garçons naissent dans les choux et les petites filles dans les roses...pour Papa et moi, tu es né dans notre cœur.

Je sais qu'il nous faudra attendre bien plus que les neufs mois habituels pour faire ta connaissance, mais je sais aussi que nous ne perdrons aucune minute de ce temps.

Nous te préparerons un petit monde bien à toi, une place au soleil après le long hiver que tu as connu.

Je ne connais pas ton histoire, tu ne connais pas la mienne, mais nous aurons tout le temps de nous apprivoiser.

Et puis, tu verras, tu as déjà deux sœurs qui vont te faire craquer : la grande est une vraie petite mère, et la petite comprendra tes silences...

Tu vois, on a déjà plein de choses à partager : tes peines ne pèseront pas plus qu'une plume, parce qu'on sera tous là pour les porter, quant à tes bonheurs, fais-moi confiance, on en a plein à inventer...

On ne te connaît pas, et pourtant, on t'attend...

mardi 9 avril 2013

Mal de mère.

 











J'ai caressé un rêve, du bout des doigts
Un bonheur aussi grand qu'éphémère
Je n'ai jamais tant voulu te connaître, toi
Le petit être qui allait faire de moi une mère

J'ai savouré chaque instant, chaque jour,
Je faisais de jolis rêves avec Papa,
Tu étais attendu, voulu, pétri d'amour,
Et un jour j'appris que tu ne serais jamais là...

Il m'en aura fallu du temps, pour te dire au revoir,
Ma peine, elle, est restée, elle m'accompagne à chaque instant,
Nous t'avions tant attendu, la vie sans toi semblait si dérisoire...
Et puis un jour, à nouveau ce fut l'espoir,

Une joie mêlée à une pointe de tristesse, et un rêve qui renaît
Sans jamais te remplacer, nous avons recommencé à aimer
Nous avons fait une place dans notre cœur blessé,
Et nous avons ouvert nos bras à un nouveau bébé

Triste sort que le mien de ne pouvoir vous connaître
Moi qui aurait tout donné pour vous voir naître
Je dois me contenter de mes rêves brisés
Et mon coeur n'a de cesse que de me remémorer

Ces instants si précieux où je vous attendais
Cette attente ne m'a laissé qu'une blessure amère
A trop vous avoir aimés, à trop vous avoir rêvés
Il ne me reste à présent rien d'autre qu'un mal de mère...