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lundi 6 mai 2013

"Minmin" .

Les vacances sont terminées et nous avons récupéré les filles après une semaine passée chez leur "mère".

La maison est à nouveau remplie de vie, d'éclats de rires, et je suis plus que ravie de revoir leurs frimousses.

Mon mari aussi revit, et, au moment où la plus grande s'est mise à appeler "Papa!" pour qu'il vienne jeter un oeil sur ses devoirs de maths ( eh oui, Papa est un matheux, alors que je suis allergique à tout ce qui se rapporte, de près ou de loin à cette fichue discipline, oui, discipline, pour moi ce n'est pas une "matière" qu'on apprend à l'école, mais un sport à hauts risques!) il s'est tourné vers moi, un sourire radieux illuminant ses traits, et il a dit "ça manquait à la maison, on voit qu'elles sont revenues".

Mon coeur a "raté une marche" à ce moment là.

Je me sens comme la pire des égoïstes, je sais que c'est très moche de ressentir ça alors que les minettes sont à la maison au quotidien et que je remplis le rôle qu'une autre ne veut pas.

Je ne suis pas "Maman".

Il y a au fond de mon coeur, ce mal du pays, cet espèce de manque indéfinissable, ce lest sans nom qui me tient prisonnière d'un rêve inachevé.

Je ne suis pas "Maman". 

Je suis une espèce d'imposture façon Canada Dry : j'ai la couleur d'une maman, j'ai tout d'une maman, mais je ne suis pas une "Maman".

C'est affreux, cette sensation de vertige quand vous réalisez, un après-midi, seule à la maison, que ce qui fait couler vos larmes à flots, c'est le petit miaulement de la Nounouche qui sonne comme un "minmin".  Ça vous serre le coeur, ça frise le ridicule, et pourtant, vous fondez en larmes malgré vous...

Ah je les veux bien, moi, les colliers de nouilles de la fête des Mères... 

Mais pour moi, c'est juste un jour comme un autre, une fête a-mère.


dimanche 28 avril 2013

Là pour personne.

 





 
Le jour ou je suis née, le médecin de garde a fait une "petite erreur" qui a failli me coûter la vie. 

On m'a sauvée de justesse, mais toute ma vie, je n'ai jamais pu m'empêcher de penser que si je suis passée si près de la "grande porte", c'est que je devais sans doute la passer, au lieu de faire mon entrée ici, dans ce monde de fous ou je sens si souvent qu'il n'y a pas de place pour moi.

Je ne crois pas à grand chose, dans la vie, sauf peut être au fait que pour chaque être humain, il y a quelque part dans ce monde, une personne qui est l'exacte réponse a toutes ses attentes, la réponse a toutes ses questions, l'autre moitie de son âme. J'en suis persuadée et je ne cesserai d'y croire qu'a l'heure de mon dernier battement de cœur.

C'est peut être ça qui fait qu'au fil des ans, j'en suis venue a me demander si une telle personne existait pour moi...

Et si après tout, puisque je n'étais pas sensée m'en sortir le jour de ma naissance, personne n'avait prévu (le "personne" en question, je vous laisse le libre choix de le nommer: pour certains, ce sera Dieu, pour d'autres, le destin, à vous de juger, là n'est pas la question) de créer l'être qui serait sensé être mon âme sœur. 

Je me suis peut être retrouvée ici, sur cette terre, sans personne qui ferait jamais écho aux battements de mon cœur? 

Peut être suis-je condamnée a être seule, même accompagnée, puisque amputée avant ma naissance de cet être créé spécialement pour moi?

Cette impression de n'appartenir a personne ne m'a jamais quittée. J'ai toujours eu ce manque, ce vide qui fait si mal. Mais plus que tout, j'ai au fond de moi cette impression si amère que quoi que je fasse, je ne manquerai jamais a personne, je ne serai jamais attendue, voulue, presque indispensable....

Pourtant quelque part en moi, il y a cette petite étincelle qui s'affaiblit de jour en jour, mais qui fait encore que j'espère  et c'est peut être ce qui me tient encore debout.