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jeudi 25 avril 2013

Et ils se marièrent, et eurent la garde des enfants...

Allez, j'ai un peu gâché le suspense dans le titre, mais j'aime les histoires qui finissent bien, même si la nôtre s'est jouée à un cheveu...enfin, pour être précise, à un mot.

Une fois le rapport rendu, tout début janvier 2012, nous avons dû attendre de longs mois avant qu'une nouvelle audience nous soit accordée.

Il faudra un jour que je revienne sur les détails des interventions de la "mère" des filles, c'est à la limite du comique, sincèrement, même aujourd'hui, j'ai peine à croire qu'on puisse tenir des propos aussi incohérents...

Un petit amuse-gueule toutefois : lors de l'audience, la Juge a demandé à mon mari, puis à la "mère" dans quelle mesure ils pensaient que les filles seraient mieux à leur domicile si la garde leur était accordée.

Mr.D. eut à répondre le premier et déclara qu'il ne se considérait pas comme le Papa par excellence, mais que les filles pouvaient compter sur une vie paisible et stable, avec des règles clairement établies, qu'elles ne manquaient ni de ce qui était matériel, ni d'affection à la maison, bref, ce qu'un parent "normal" peut offrir, doit offrir à ses enfants.

Puis la "mère" prit la parole (pas moyen de me débarrasser des guillemets, encore moins avec ce qui suit) : "Quand je suis partie, j'ai pris mes affaires, mais j'ai oublié une taie d'oreiller, eh bien mon ex ne veut pas me la rendre!" Hum rappelez-moi, nous sommes au Tribunal pour régler le problème de la garde des filles, ou pour savoir ce qu'est devenue la taie en question?

Pour l'anecdote, mon mari n'a rien gardé des "souvenirs" de sa vie passée : difficile de se coucher dans des draps où la femme qui partageait votre vie faisait des galipettes avec ses amants...alors la taie....pensez bien...

Ah oui, j'oubliais... suite à des problèmes informatiques, nous avons dû attendre l'édition du Jugement jusqu'au 26 avril 2012, soit près d'un an et demi après le dépôt de notre requête...nous connaissions déjà la décision du Juge, mais faute de document officiel, les filles sont restées bloquées chez leur "mère" jusqu'en avril! 

Bien sûr, nous avons été menacés de représailles, à force, on s'habitue, et nous subissons depuis les sautes d'humeur de "Madame", mais globalement, on s'en fiche, les filles sont heureuses et nous aussi!

mardi 23 avril 2013

Atout coeur...

Notre appréhension était grande, après la première enquête sociale...

Et si le nouvel enquêteur était aussi peu compétant que le premier?

Et si la mère des petites mentait à nouveau (sur ce point, jamais de déception)?

Et si l'enquêteur se laissait berner par les apparences?

La première visite eut lieu un jour d'hiver (l'audience avait eu lieu mi-septembre, ajoutez à cela le délai de paperasserie et vous recevez le jugement provisoire sur papier fin octobre...heureusement, il y avait urgence!).

Notre avocate nous avait dit que l'enquêteur était choisi par la Juge car ils travaillaient en étroite collaboration depuis plusieurs années. Ce n'était pas franchement rassurant, car cette Juge était réputée pour accorder la garde des enfants quasi- systématiquement à la mère...

Je me souviens d'un homme qui avait une allure de "Papa-gâteau". Un monsieur très calme, d'une infinie douceur avec les Minettes. Il ne les traitait pas comme des "numéros de dossiers", mais leur parlait doucement.

Il demanda à voir les filles une à une dans leur chambre, pour un entretien.

C'était déjà un bon point : le premier enquêteur n'avait même pas auditionné les Minettes lorsqu'il était venu à la maison, et nous apprîmes plus tard qu'il avait posé des questions aux filles lorsqu'elles étaient chez leur mère...en présence de cette dernière. Inutile de dire que les filles n'ont jamais osé dire la vérité!

A la maison, ce fut différent, mais ça, nous l'avons appris une fois les entretiens terminés.

L'enquêteur nous informa que les discussions avec les filles n'étaient qu'une formalité, parce qu'il avait demandé à s'entretenir de la même façon avec elles chez la mère et n'avait obtenu que des réponses apprises par cœur. "on veut habiter chez maman parce que chez papa, on a peur et notre belle-mère nous frappe sans arrêt."

Devant nos yeux grands ouverts, l'enquêteur nous rassura en disant qu'en des années de carrière, il savait repérer les signes invoquant une violence quelconque et qu'il était évident que les filles étaient épanouies à la maison.. OUF! Enfin...

Il ne dit rien d'autre au sujet de sa première visite chez la mère, mais nous informa simplement qu'il demanderait à la revoir car certains points l'inquiétaient, mais il souhaitait d'abord s'entretenir avec les enseignants des filles avant de la revoir.

Ce fut, ce soir là une petite lumière qui se ralluma dans nos cœurs. Peut-être qu'avec un peu de chance, la Juge percevrait un peu mieux la situation dramatique dans laquelle étaient les Minettes avec cette nouvelle lueur d'espoir?

lundi 22 avril 2013

Coup de Poker!

C'est en septembre... nous sommes bien loin hélas de la chanson de Bécaud, mais je me souviens avoir eu le refrain en tête ce matin là...

Nos coeurs battaient si fort que j'avais l'impression qu'ils raisonnaient dans la salle d'attente du Tribunal.

Notre avocate eut un sourire rassurant, puis la porte se referma derrière Mr. D. et je fus contrainte d'attendre. 

Oui, attendre, parce que la loi est ainsi faîte que dans la salle d'audience, même si vous vous occupez des petites au quotidien, vous n'êtes rien d'autre que la cinquième roue du carrosse pour l’État français. Je ne pèse pas plus qu'un fétu de paille.

Alors j'ai attendu, des minutes qui m'ont paru une éternité...

Et soudain, plus d'une heure après le début de l'audience, la porte s'ouvrit sur le visage fermé et apparemment agacé de la "mère" des Minettes.

Ce n'est que quelques minutes plus tard, lorsqu'elle eut quitté la salle d'attente, que je sus ce qu'il en était : 
La Juge n'étant pas satisfaite par la première enquête sociale qui lui paraissait peu fiable, en avait ordonné une seconde. Et puisque les faits décrits dans les nombreux témoignages semblaient indiquer des faits plutôt inquiétants, elle ordonna une nouvelle enquête très détaillée cette fois, qui suivrait l'évolution du quotidien des filles lorsqu'elles sont chez leur mère...

Le "hic" dans tout ça, était de taille : afin d'évaluer la capacité de la "mère" à prendre ses filles en charge, la Juge avait tout simplement décidé de fixer la garde chez cette dernière, à plein temps, ne nous laissant qu'un weekend sur deux et la moitié des vacances!

La chute fut vertigineuse...et comme les petites étaient à la maison cette semaine là, nous eûmes la lourde tâche de leur annoncer la nouvelle. 

"L'enquête ne durera pas plus de quatre mois, et après avoir pris connaissance des conclusions de l'expert, un jugement définitif sera rendu". Quatre mois. Savait-elle à quoi elle condamnait les Minettes pendant ces foutus quatre mois?

Quatre mois...