mercredi 28 août 2013

Attention fragile!

Avez-vous déjà reçu un objet en verre précieux?

Une petite chose brillante et fragile qu'on pose dans le creux de votre main, timidement, en espérant que vous en prendrez soin.

Sans doute, oui, quel que soit le cadeau qu'on vous a fait.

Je suis prête à parier que vous en avez pris un soin extrême de cette petite offrande.

Vous l'avez peut-être mise dans un écrin, dans une vitrine, à l'abri du chat espiègle, des petites mains des enfants, à l'abri des coups de vent, des chocs.

Le fait est que ce serait dommage de casser quelque chose d'aussi beau, d'aussi précieux.

Pourtant, le verre, le cristal, ça se remplace...on ne peut pas le recoller une fois brisé, certes, mais je vous assure, ça se remplace.

Ce qui m'interpelle, c'est que nous avons tous le même réflexe lorsque nous sommes en présence d'un vulgaire objet fragile.

Mais qu'en est-il des choses impalpables?

Qu'en est-il de l'irremplaçable, de ce qui n'a pas de prix?

Le soin est-il le même lorsqu'on vous confie des sentiments, de la confiance?

Mettrez-vous le coeur qui s'offre à vous dans un joli écrin garni de satin douillet? 

Garderez-vous les sentiments qu'on vous offre avec la même attention, la même douceur que vous accorderiez à un vase de cristal acheté au magasin du coin?

Je ne sais pas. J'ai sans doute moi aussi blessé par inattention, parce que je ne mesurais pas à leur juste valeur des gestes bienveillants qui m'étaient adressés.

Cependant, chaque jour, je fais un petit pas dans la même direction, j'essaie de ne pas faire aux autres ce que je ne voudrais pas qu'on me fasse.

C'est tout simple et peut être naïf, pas toujours facile (oui, quelque chose peut être simple sans nécessairement être facile, il faudra qu'on en parle un jour), mais j'essaie.

L'important, c'est d'apprendre de ses erreur, de ne pas blesser ceux qui nous aiment, et au contraire de ne plus se soucier de ceux qui ne jouent pas fair-play.

A trop perdre de temps avec les personnes qui prennent sans compter, on finit pas disparaître comme une peau de chagrin.

Reprenez le temps, l'attention que vous accordez aux gens sans valeur, d'autres, fidèles et justes, méritent le meilleur de vous.

Le bonheur ne vaut que s'il est partagé...avec les bonnes personnes, apprenez le tri sélectif, votre vie sera plus belle, plus respirable, vous pourrez alors donner sans compter aux personnes qui le méritent.

Et si vous n'êtes entouré(e) actuellement que de vautours, eh bien jouez à l'épouvantail, il faut faire place nette avant de vous faire de vrais amis, voire de trouver la personne qui partagera votre vie...

Les gens biens, ça se mérite, et ça vaut bien un petit effort de votre part.

dimanche 25 août 2013

Le temps des cerises.

Je réfléchissais hier soir à ce qui fait qu'une relation est solide ou pas, ce qui fait qu'on sait avec certitude qu'on a fait le bon choix.

M'est venu à l'esprit un panier rempli de fruit.

Lorsque vous voulez savourer le goût du fruit dans toute sa profondeur, vous délecter de toutes les saveurs cachées sous la douce peau d'une pêche, ou vous rafraîchir en croquant dans une pomme bien juteuse, il vous faut d'abord vous plier aux lois de la nature...

Il y a des choses dans la vie, contre lesquelles on ne peut lutter.

La nature, comme la vie, impose la patience.

S'il existe une vertu magique, c'est bien celle-là.

Abandonnez-vous à elle, vous ouvrirez toutes les portes, pressez-vous et vous n'obtiendrez rien des trésors de la vie.

On peut être pressé de croquer un fruit, une jolie cerise bien rouge et joufflue, mais si on n'attend pas le bon moment, son goût sera amer, il vous brûlera les papilles et vous n'oserez plus y regoûter avant longtemps...

En amour, c'est la même chose : la soif de sentiments peut être si forte qu'on voudra cueillir les fruits prometteurs trop tôt, alors qu'ils ne sont encore qu'un ébauche de ce qu'on aurait pu avoir au creux de la main en attendant encore un peu.

Il en faut, des saisons, de la patience, de l'attention, avant d'obtenir enfin ce que l'on cherche dans le verger de la vie.

Tant d'arbres, tant de fruits différents, et pourtant celui qu'on cherche ne ressemble à aucun autre.

Lorsque vous le trouvez, vous avez l'impression qu'une main invisible l'a façonné avec amour rien que pour vous, rien que pour apaiser votre faim et votre soif.

Son goût ne ressemble à aucun autre, et là encore, c'est la patience qui vous permet de vous délecter de votre trésor...

Ne vous pressez pas, lorsque vous vous promenez dans le verger, prenez tout votre temps, réfléchissez, écoutez votre voix intérieure et recherchez ce dont vous avez besoin, ce qui apaisera votre faim, plutôt que le premier fruit venu.

Et souvenez-vous que parfois, à la pomme trop brillante et accessible, il est plus doux de céder à la modeste griotte, cachée parmi les feuilles...

jeudi 22 août 2013

Le Magicien d'Ose...

Au milieu de la tempête, je me sentais aussi peureuse que le lion sans courage, je tremblais à l'idée de ne jamais trouver ce qui manquait à ma vie.

Je sentais bien que quelque chose faisait défaut, que j'étais amputée de ce qui fait qu'on franchit toutes les barrières, qu'on arrache tous les bonheurs de la vie, mais je ne savais pas ce que je cherchais, je me contentais de culpabiliser en pensant que j'étais seule la responsable, que j'étais trop pleutre pour affronter le monde.

J'aurais pu tout aussi bien me sentir comme l'épouvantail sans cervelle, je me sentais vide de sens, je ne sentais plus le sang couler dans mes veines, je n'étais qu'un tas de foin sans neurones, incapable de voir que ce que je cherchais partout était caché juste sous l'herbe sèche  sous les apparences, afin de repousser les oiseaux et leurs chants pleins de gaieté.

Ma vie n'avais aucun sens, pas plus que celle de l'homme de fer blanc sans cœur qui bat sous sa carapace de métal.

Certes, j'étais à l'abri, du moins je le croyais, mais que vaut une vie sans battements de cœur, dans le froid de la ferraille?


Je n'avais pas de petit Toto quand je t'ai rencontré, pas plus que des chaussures rouges, mais un chat noir, compagnon de route sur le chemin de briques jaunes qui menait à toi.

J'en ai croisé, des singes ailés, effrayants de vacarme, semant le chaos autour d'eux, j'ai croisé des sorcières, aussi, la laideur de leurs sentiments se déversant sur leurs traits...

Mille fois j'aurais pu rebrousser chemin, faire demi tour et retourner dans ma petite existence vaine, mais j'ai préféré continuer ma route vers toi, mon Magicien d'Ose.

Ma vie a trouvé ses couleurs lorsque je t'ai rencontré, toi, le Magicien caché au-delà du monde.

Tu as pris ma main et tu m'as appris que ce que je cherchais vainement, je l'avais en moi, du courage pour vaincre les épreuves de la vie, un cœur pour aimer, un esprit pour rêver...

Tu m'as ouvert les portes de ton monde, du monde que je cherchais sans le trouver.

Elles sont bien loin les sorcières, vaincus sont les singes volants, ne reste que nos sentiments, et la route de briques jaunes, ouverte à ceux qui savent la voir...

Ce n'est jamais facile de quitter l'ancien monde pour découvrir la Magie, mais le voyage au pays du Magicien d'Ose vaut toutes les audaces, je le sais maintenant.

Ma main dans la tienne, je marche maintenant apaisée, dans ton pays enchanté, la tête relevée, le cœur battant, vivante pour toutes mes années de sommeil dans le monde noir et blanc déjà presque oublié...


mercredi 21 août 2013

Vous me reconnaissez?

Je me donne parfois un peu trop facilement...

J'ai l'air un peu timide, je l'admets, mais quand on me caresse dans le sens du poil, je me laisse faire, je baisse la garde et je m'offre sans compter.

Violée, je l'ai déjà été, de nombreuses fois, souvent par des personnes que je pensais connaître.

Cent fois on se promet de rester sur ses gardes, mais voilà, la naïveté, l'innocence, font qu'on m'accorde parfois à la légère.

Je suis le cadeau qu'on donne timidement après les grosses blessures, lorsqu'on se dit qu'on ne se fera plus avoir, celui qu'on donne sans limite à ceux qui le méritent.

Oui, mais qui me mérite, qui mérite ce cadeau si précieux que je suis?

Les beaux parleurs savent m'arracher, les timides me gagnent patiemment, les premiers me piétinent à la première occasion, les seconds me chérissent comme le plus précieux des trésors.

Je suis l'objet de toutes les convoitises, les manipulateurs me regardent en salivant, sachant le pouvoir que je confère.

Aux grandes gueules pourtant, je préfère le charme douillet d'un cœur pur et discret.

Vous me croiserez souvent, dans votre vie, peut-être me reconnaîtrez-vous, peut-être prendrez-vous soin de moi?

Peut-être me déposera-t'on au creux de vos mains, comme une pierre précieuse que l'on devine, avant qu'elle ne soit taillée et resplendissante.

Prenez soin de moi comme on prend soin d'une jeune pousse, occupez-vous de moi, délicatement, patiemment, sans attendre rien d'autre en retour que ma beauté lorsque vous récolterez le fruit de votre travail.

Prenez soin de moi comme vous voudriez que l'on prenne soin de votre bien le plus précieux, parce que c'est ce que je suis...

Rappelez-vous qu'une fois brisée, personne n'a encore trouvé la colle qui saurait me réparer... je porterai encore le nom de Confiance, mais je n'en serai plus qu'une ombre...


dimanche 18 août 2013

Big Bang!

Au commencement, il y eut la lune...

Une lune triste et grise, perdue au milieu des étoiles, infime poussière dans un univers sans fin où elle ne trouvait pas sa place.

Ce qu'elles brillaient les étoiles, accrochées au voile de la nuit, paillettes gracieuses devant lesquelles notre lune baissait les yeux.

Dans l'obscurité, difficile de trouver son chemin, de se faire une petite place...

Elle se doutait bien qu'elle avait quelque chose à accomplir, une mission importante à remplir, mais laquelle?

Pas dupe, elle savait parfaitement qu'elle n'était pas faite de la même matière que les comètes, ni étoiles qu'elle croisait.

Mais que faisait-elle donc là, perdue au milieu de nulle part?

Elle erra longtemps, sans but, sans raison de vivre, avant de trouver sa voie.

Sa vie, elle la trouva enfin en croisant la terre.

Si d'autres préféraient briller en solitaire, grand bien leur fasse, mais ce n'était pas son destin à elle, modeste satellite.

Elle ne brillerait pas dans l'ombre de la terre par dépit, mais par choix, parce que c'était sa place.

Une place de choix dans l'univers tout entier, une vie attachée à la terre, régie par les lois de la gravitation.

Seule la terre connaît la face cachée de la lune, tous ses cratères et ses mystères, les secrets enfouis dans ses mers, pas de secrets, un lien invisible pour les non initiés les lie à jamais.

La vraie liberté, c'est de refuser les rôles pré-écrits, de choisir son histoire, son destin.

La liberté, c'est souvent de choisir la place qui fera de nous ce que nous sommes vraiment, au lieu de vouloir à tout prix être comme les autres.

Plutôt que d'être la plante qui s'étiole à s’enivrer d'une liberté illusoire, laissez moi grandir guidée par mon tuteur.

J'étais un petit quartier de lune, poussière invisible sur la voûte stellaire, je deviens la lune, plaine et claire, satellite indispensable des nuits de mon Univers.

Je ne serai pour le monde qu'une face blanche dans l'obscurité, sans doute me trouvera-t'on fade parmi les étoiles, mais je préfère briller aux yeux du Monde que j'ai choisi, gardien des secrets de ma face cachée.

jeudi 15 août 2013

Au croisement...

La vie n'est pas un long fleuve tranquille, ça, Etienne Chatiliez nous avait bien prévenu, mais le reste?..

La vie, c'est un chemin, un peu tortueux, parce que les autoroutes, ça va un moment, mais c'est aussi très ennuyeux.

Et puis, soyons logiques, sur une voie rapide, on ne verrait pas la vie passer.

Nous sommes donc embarqués, dans des véhicules plus ou moins confortables, avec ou sans GPS (je crois que je préfère sans, j'aime les surprises) et en ayant juste une information de base : on connaît le point de départ, et on sait où on va.

La destination, elle est la même pour tout le monde.

Ce qui nous différencie, ce qui fait de nous une personne exceptionnelle ou au contraire un compagnon de route pénible avec qui personne n'aime voyager, c'est notre façon de voir la route.

Le regard que nous posons sur le chemin...

Essayez donc de faire un petit trajet avec quelqu'un qui râle tout le temps, parce qu'il fait trop chaud, trop froid, parce que la voiture n'est pas assez confortable, parce qu'il/elle n'a pas la place souhaitée, etc...

Vous n'aurez plus qu'une envie, prendre la fuite!

Une chose est sûre, on n'a pas tous des véhicules de luxe, parfois les sièges sont peu confortables et la route est accidentée, vous y trouvez des dos d'âne, mais il faut bien rouler, aller de l'avant.

Je préfère de loin la personne qui vous fera découvrir le paysage à travers un regard nouveau, qui vous parlera des lieux déjà visités, qui rendra le voyage moins pénible, à celle qui passera son temps à se plaindre et accessoirement gâchera des moments qui auraient pu être délicieux.

La vie est bien un voyage, il ne tient qu'à vous de le rendre agréable, ou au contraire de vous plaindre toute votre vie...

En choisissant la seconde option, vous manquerez l'essentiel parce que vous ne verrez rien des paysages magnifiques que vous croiserez, des gens que vous rencontrerez, trop occupé à vous soucier de votre petite personne, à vous plaindre parce que la voiture de celui qui vous double est plus belle, plus rapide, parce qu'il ne fait pas beau...

Quand vous serez au croisement, choisissez bien votre route, celle des sourires et de l'ouverture d'esprit, celle des beaux jours avec option "chasse-nuages" en prime, vous verrez comme le voyage est agréable.

Et pour ceux qui choisissent l'autre route, eh bien tant pis, c'est leur choix, pas le mien!


mardi 13 août 2013

Message personnel.

Ce matin, alors que j'écoutais de la musique dans le bus en me disant que décidément, le chemin était bien trop court et que j'aurais bien fait quelques kilomètres de plus, une idée m'est venue...

Oh, au départ, je pense que ce n'était pas une mauvaise idée, bien au contraire, mais il faut dire que j'ai une façon assez "particulière" d'appréhender la vie dans son ensemble, et les relations humaines en particulier.

Au départ, le concept était simple...

L'idée étant qu'à l'heure actuelle, rares sont les personnes qui n'ont pas les SMS en illimité, j'ai pensé que ce serait sympathique d'envoyer une fois par jour, à un numéro saisi au hasard, quelque chose de sympathique.

Un petit message comme " Passez une bonne journée " ou une autre banalité de ce genre. Enfin, quand je dis banalité...

J'ai tout simplement pensé qu'en cette époque de froideur généralisée où les relations humaines sont ce qu'elles sont, un peu de chaleur ne ferait pas de mal... Bah pire, dans certains cas, c'est peut-être tout ce qu'une personne peut espérer.

Certes, un petit SMS, ce n'est pas grand chose, mais ça a le mérite d'être anonyme, j'ai donc pensé que les personnes timides pourraient suivre le mouvement et que bientôt, chacun aurait droit à son petit message du matin.

Bref, j'étais assez contente, jusqu'à ce qu'une de mes collègues ne me fasse descendre rapidement de mon petit nuage : " tu ne penses pas que ce serait flippant? "

Cette petite phrase eut l'effet d'un grand verre de menthe glaciale un jour de grosse chaleur : ça réveille!

Ah, tiens, ça, je n'y avais pas pensé : pour moi, il s'agissait simplement d'un petit message d'encouragement, pas d'une traque forcenée...et pourtant, quand j'y pense, la gentillesse est souvent mal interprétée : la personne qui vous laisse prendre un article dans un magasin n'est pas une idiote, c'est simplement qu'elle a du savoir vivre, la serveuse qui vient prendre votre commande n'essaie pas de vous draguer, elle est simplement polie et souriante parce que c'est sa façon d'être, le monsieur qui vous ouvre une porte n'a pas forcément de mauvaises intentions, il est simplement poli...

Bref, la gentillesse n'est pas une tare, bien au contraire, il existe des personnes dénuées de tout égoïsme qui vous sourient sincèrement, qui sont serviables, gentils, mais cela ne fait pas d'eux des êtres faibles ou imbéciles, juste des personnes de qualité.

Alors que faire dans ce monde idiot où derrière chaque action on voit le mal caché dans l'ombre, prêt à fondre sur nous?

Je n'ai pas de réponse, mais je me dis que je préfère encore passer pour la gredine du village que d'avoir le cœur sec et l'âme vide des créatures à l’ego surdimensionné que l'on croise tous les jours.

Alors qui sait, peut-être que mon idée fera des émules, et peut-être que vous recevrez un SMS mystérieux avec quelques mots sympathiques...c'est tout le mal que je vous souhaite.

dimanche 11 août 2013

La machine à délaver...et les couleurs résistantes.

Je veux une vie en couleurs!

Des couleurs solides, résistantes, des peintures de guerre qui ne palissent pas sous la pression de la machine à délaver.

Je laisse le noir aux corbeaux élégants, aux nuits d'hiver et à mon chat, point d'exclamation de mes éclats de rire!

Je veux le rouge ardent des coquelicots, tâches de rousseur sur le visage impassible des champs de blé!

Le rose vif des joues des enfants les jours de batailles de boules de neige, le carmin d'un cœur qui bat...

Ma vie ne ressemble pas à un vieux film triste, c'est un cartoon coloré et fou, comme ces balles de caoutchouc qui rebondissent sans fin.

L'herbe fraîchement coupée, la menthe à l'eau de mon enfance, autant de verts, tendres et frais...

L'odeur poivrée des lupins, le rouge du soleil couchant, tant de couleurs sur ma palette, je refuse délibérément le noir convenable et si facile, je me révolte contre la mode du passe-partout.

Pourquoi donc devrais-je me contenter du monochrome?

Je veux le bleu de l'espoir, le myosotis timide, les vagues de l'océan, 

Le rouge qui monte aux joues lorsqu'on est ému, même le rire jaune, tout, pourvu que ce ne soit pas le désespoir tout noir!

Le noir des au-revoir, je ne l'aime pas, il ne me sert qu'à mettre en valeur ses sœurs les couleurs : il est le cadre sombre des tableaux de Van Gogh, pour mieux souligner le miel des tournesols.

Tant pis si je ne rentre pas dans le moule, si je ne suis pas classe et discrète, je ne ressemblerai pas aux filles des revues de mode, ni aux visages tristes des inconnus croisés dans une foule uniforme.

Je resterai moi, et en ces temps de morosité mondialisée, c'est déjà pas si mal après tout, non?

Et vos couleurs à vous? Vous n'avez pas envie de les laisser vivre au grand jour?

mercredi 7 août 2013

Les grenouilles se suivent, mais ne se ressemblent pas...

Je me souviens, petite, d'une cassette que mon Papa m'avait ramenée d'un déplacement.

C'était une cassette bien spéciale, les fables de La Fontaine récitées jouées par Louis de Funès.

J'adorais "Fufu", je devais avoir sept ou huit ans à l'époque, et je ne ratais jamais ses films à la télévision, mais des fables?

J'étais bien loin de m'imaginer le trésor que j'avais entre les mains, je crois d'ailleurs que je ne l'ai réalisé que le jour où mon magnétophone (oui, je fais partie des dinosaures qui ont connu cet engin) a malencontreusement "grignoté" une partie de la bande magnétique.

Je me souviens surtout de son interprétation de la " Grenouille qui voulait se faire aussi grosse que le boeuf " .

Au début, j'avais presque de la pitié pour la pauvre grenouille, je ne comprenais sans doute pas toutes les finesses du texte, mais avec le temps, j'ai creusé, cherché ce que "pécore" voulait dire, j'ai écouté et réécouté...

Des années après, je me suis surprise, cet après-midi à rechercher le fameux texte si bien mis en scène par le génie du grand Louis.

Je me suis délectée de ce moment plein de saveur, je la voyais presque, la grenouille imbécile qui veut tellement être ce qu'elle n'est pas, la grenouille qui s'enfle et se gonfle d'orgueil à l'idée d'être aussi grosse, voire plus imposante encore que son cousin le ruminant, qu'elle en oublie toute logique et finit par éclater!

Un petit "pouf" et puis le néant... au lieu d'un petit batracien qui aurait pu vivre une petite vie paisible entouré des siens dans sa mare.

De toutes les tares humaines, l'envie est certainement une des pires.

Elle vous pousse à la destruction, faute d'atteindre les objectifs que vous vous fixez.

Au lieu de faire de votre mieux pour rendre la vie belle aux autres et à vous même, vous n'avez plus qu'une idée en tête : bouffer l'espace vital de l'autre, prendre sa place, le réduire à néant dans une course effrénée.

Rien ne vous arrête, aucun obstacle, aucune règle, le fair play? On s'en fout, on le met dans sa poche, et on met son mouchoir par dessus, bien caché, comme les scrupules et l'étique.

Au final, on finit estropié, enlaidi par l'ambition démesurée de la grenouille qui voulait...vous connaissez la suite.

Au triste destin du batracien de la fable, je préfère, de loin, celui de l'humble Kermit, petite grenouille qui elle aussi a baigné mon enfance.

Et au bruit sourd de l'orgueil qui éclate, je préfère le bonheur tout simple du petit Kermit semeur de sourires...

lundi 5 août 2013

Perpetuum mobile.

Je ne connais plus le froid de janvier : tu es l'écharpe douce et chaude qui s'enroule à mon cou. Tu es le feu de l'âtre qui réchauffe mon cœur la soupe fumante qui me nourrit de son réconfort.

Février et sa fête des amoureux...inutile pour moi, je la vis chaque jour, et plutôt qu'amoureuse éphémère, je me préfère aimante et fidèle. De ce mois je ne garderai que les paysages enneigés, aussi paisibles que ma vie à tes côtés.

Mars et ses promesses de printemps, la sève qui gronde dans mes veines quand ton regard s'accroche au mien. La nature qui s'éveille, ma nature que tu révèles.

Avril et son soleil timide, les premières fleurs au jardin, promesse de l'été qui revient, le cycle sans fin, boucle parfaite, comme l'alliance qui orne ma main.

Puis le calendrier annonce mai, qui m'offre quelques rides de plus, tu sais, ces pattes d'oies que tu aimes tant... C'est en mai qu'elles viennent, comme ces oiseaux migrateurs qui se posent en été.

Juin et ses nuits trop courtes, les feux de la St Jean ne seront jamais aussi brûlants que nos désirs croisés. Le vent chaud qui me décoiffe et tes yeux couleur d'horizon.

Juillet et ses défilés, trois couleurs sur un drapeau, bleu je veux, la pureté du blanc et le rouge passionné...

Notre ville en août, désertée par les vacanciers, petit nid témoin de nos rêves annoncés. Le ciel étoilé nous appartient, la lune éclaire notre route.

A l'été je préfère le mois de septembre, sa fraîcheur reposante ses couleurs d'ocre et de vermeille, les fruits mûrs à croquer et tes bras pour me bercer.

Te souviens-tu mon Amour de ce mois d'octobre où nos chemins se sont croisés? La pluie tombait ce jour là, plus douce que ce soir, faisant frissonner l'eau près de laquelle nous nous sommes promenés.

Novembre nous a cueillis par surprise cette année là, balayant tout sur son passage, nos certitudes et nos doutes, le gel les a emportés, avec les jolies feuilles d'automne.

Enfin vient décembre, ses lumières taquines, ses lampions colorés, les arbres sous la neige, attendant l'heure du réveil...
Mon cadeau de Noël sans cesse renouvelé, puis nos rêves entremêlés d'une année à venir, de délices à goûter...


dimanche 4 août 2013

Juste avant...


Je réfléchissais à ces instants où l'on sait, au fond de soi que quelque chose est sur le point de se passer, où l'intuition vous serre la gorge et où tout est possible, le pire comme le meilleur.

Au fond, la vie est faite d'une alternance de moments spéciaux coincés entre des "juste-avant".

Juste avant un heureux événement  quel qu'il soit, et qui va changer votre vie : le stress des futurs mariés "juste avant"...

Le "juste avant" si spécial du premier rendez-vous, moment tant attendu, mais qui vous ôte le sommeil, sans pitié, qui vous taraude de mille questions.

Le "juste avant" l'accident, ce moment si parfait où l'on se croît maître du monde, invincible et qu'on ne sait pas encore qu'au détour d'un chemin la fin du film vous guette.

Le "juste avant" le grand plongeon, à la piscine, quand vous êtes un gamin et que toute la classe vous regarde, celui qui vous fait avancer, le cœur au bord des lèvres, alors que vous donneriez tout pour être ailleurs.

Le "juste avant" le verdict, celui qui précède le moment où le médecin vous annonce les résultats de vos analyses.

Je pourrais en énumérer des lignes et des lignes, des instants vécus, que j'ai vécu, que vous avez vécu, des "juste avant" tellement différents, et à la fois universels.

Des histoires si personnelles et qui pourtant ont toutes un point en commun : le moment d'insouciance, de délicieuse insouciance qui précède le drame, ou au contraire, le moment de doute, d'effroi, qui précède un grand soulagement.

Nous sommes tous si différents, nos vies ne se ressemblent en rien, mais tous nous vivons pour des raisons variées ce petit moment bien à nous, qu'on ne partage que très rarement et qui nous rend plus vulnérable, plus humain, qui met notre âme et notre cœur à nu.

L'instant où tout va se décider, le coup de poker qui fait que la donne a été clémente ou qu'on perd tous nos jetons.

On ne décide pas de ces instants, encore moins de leur issue, mais ce que j'ai appris, c'est que l'important, c'est de vivre "juste avant"...

vendredi 2 août 2013

Ah si on m'avait dit!

J'en ai lu, ou plutôt vu, des articles, sur la quarantaine!

Pas la quarantaine vétérinaire qui vous place dans un circuit spécial hors de la vie en attendant qu'on décide si vous êtes bon à jeter ou pas...quoique... 

La quarantaine, décrite à coups de rides, de premiers signes des bouffées de chaleur annonçant la fin du monde, celle où on vous montre des fesses de petite jeunette en première page en vous menaçant "ayez peur, très peur, bientôt, votre popotin va tomber"... 

D'ailleurs, puisqu'on parle des chefs-d’œuvres en péril, on vous rebat les oreilles avec des liftings, des sérums anti vieillissement.  

Pour les plus courageuses, il y a les piqûres de Botox, pour les autres, les soutien-gorges miracle qui vont vous empêcher de vous prendre les pieds dans vos seins quand ceux-ci décideront de vivre leur vie sans vous!

Ah ça, on vous le décrit votre futur état de décrépitude avancée.

A force, vous en arriveriez presque à regarder les publicités pour les contrats vous offrant des obsèques de rêves tellement vous pensez arriver au bout du rouleau...

La réalité?

La quarantaine, c'est une clé en or.

Elle ouvre les portes de la sagesse (oui, vu comme ça, c'est bien pompeux) .

Pas la sagesse au sens commun du terme, non, la vraie, celle qu'on apprend au fil de la vie.

Celle qui fait qu'on est plus réaliste, qu'on sait sur quoi miser, qu'on connaît la différence entre le toc et le précieux, entre le futile et l'indispensable.

La sagesse qui fait qu'un matin, vous vous réveillez, le jour où les bougies commencent à coûter plus cher que le gâteau, et où vous décidez que ce n'est pas grave.

Si on m'avait dit que ça ressemblait à ça d'avoir quarante ans, au lieu de me faire croire que c'était la fin des rêves, j'en aurais bâti des cathédrales  j'en aurais affronté des dragons, au lieu de me faire du souci en me disant que la foutue date de péremption arrivait!

La quarantaine n'est pas une fin, c'est le début de toutes les audaces, ce qui nous faisait peur devient le vent qui souffle dans nos voiles.

Une invitation au voyage, la fameuse clé d'or, l'aiguille de la boussole, la bouffée d'oxygène indispensable à une vie trop pleine de retenue...




mardi 30 juillet 2013

Un point c'est tout!


A mes amis chers, apostrophes fidèles...



J'aurais pu naître virgule, élancée et espiègle, petit intermède entre deux mots, sieste 
polissonne entre deux tirades, histoire de reprendre des forces.

Ou me parer d'un point en couvre-chef, histoire de me donner des airs, mais le point-virgule est trop indécis pour moi, j'aime mieux les signes bien tranchés.

J'aurais pu choisir d'être deux points, être le mystérieux annonceur des grandes déclarations, celui qui ouvre la bouche des beaux parleurs, qui laisse s'exprimer les cœurs aussi...

Ah, j'aurais pu en clore  des débats, en devenant point... Si petit, et pourtant, si important, celui qui ferme la marche en ne tolérant aucune riposte. La porte close à tout mot superflu.

Multipliez le par trois, et vous entrerez au pays des sous-entendus qui font mal, des non-dits des grands-timides. Mais cela ne me ressemble pas, du moins pas trop...

J'aurais aimé être un point d'interrogation, du moins un instant, pour créer des devinettes, faire naître la curiosité du monde dans la bouche des enfants, mais j'aurais tôt quitté mon rôle avant de devenir le symbole des questions qui tournent dans la tête sans qu'on ait de réponse, un pourquoi lancé en vain face aux injustices du monde.

Le point d'exclamation aurait pu me séduire, avec ses étonnements, ses acclamations, ses surprises, ses cris de joies...mais que dire devant les ordres de guerre, les cris de douleur, la peine qui nous brise le cœur  Ce rôle là, je le laisse à plus solide que moi.

Les guillemets ne me plaisent guère, si futiles qu'ils ne répètent jamais que les paroles des autres, sans jamais dire ce qu'ils ont sur le cœur.

Une parenthèse? Pourquoi pas, mais alors inattendue et joyeuse, un peu de douceur dans un monde de brutes, un arc-en-ciel dans un ciel d'orage, jamais cynique, à dire des mots acides que l'on a oublié en début de phrase.

J'aurais pu caracoler en début de phrase, hautaine et fière, majuscule snobinarde des hautes sphères, qui regarde d'un air pincé ses petites cousines minuscules. Aurait-elle oublié qu'à la phrase suivante elle sera remplacée et aussi vite oubliée?

Non, décidément, tout cela ne me tente pas.

Moi, ce que je rêve d'être, c'est un trait d'union.

Un petit trait, à peine visible, mais un pont entre deux mots, une main tendue, un lien invisible entre deux mondes, deux existences.

Un trait d'union, baguette magique littéraire, étincelle du clavier, là ou tout commence, surtout les belles histoires...

dimanche 28 juillet 2013

La vie comme une brassée de glycines.

Au début de l'été, j'ai croisé une glycine.

D'un bleu presque irréel, elle illuminait la rue, courant le long d'une clôture grillagée.

Des glycines, j'en vois souvent, mais celle-là était vraiment magnifique, de celles qu'on vous montre souvent, photoshopées dans les magazines chics des salles d'attentes branchées où l'on trouve toujours de superbes revues sur des maisons et jardins que l'on ne verra jamais.

Ce n'est que plus récemment, alors que toutes les fleurs avaient été décimées à coup de soleil et de pluie que j'ai vu à quoi ressemblait l'envers du décor.

A l'endroit même où se trouvait la glycine de mes rêves, je vis un amoncellement de branches (tiens, je ne sais pas si on peut vraiment parler de branches en parlant d'une glycine, c'est vrai quoi, c'est pas un arbre!) de branches tordues, entrelacées, vrillées dans le grillage.

Ces branches étaient tout sauf belles : elles étaient là, ressemblant aux croquis écarlates de corps humains, exposés sur les tableaux blafards des classes de biologie, un peu comme si on avait fait subir le sort des lapins de boucherie à un homme...

Ce qui m'a ému, chez cette plante, ce n'est pas tant de la voir dépouillée de ses fleurs, mais de voir combien il lui avait fallu souffrir pour être aussi éblouissante.

Sa chair se mêlait à la clôture, elle avait dû en faire, des efforts surhumains, pour se frayer un chemin à travers les grilles, pour passer outre les murets...

Sa vie, elle ressemblait un peu à la nôtre, parsemée d'épreuves, d'obstacles, au fil des saisons, des étés arides,  des hivers rudes et des automnes plus cléments.

Sans faire de bruit, elle avait suivi son petit chemin, centimètre par centimètre, peinant, mais sans jamais se décourager.

Je n'ai pas de garantie d'être aussi belle qu'elle un jour, en fait, pour ça, je crois que c'est un peu fichu, mais ce que je garderai d'elle, de cette plante toute bête, c'est son entêtement, son courage peut-être (si, si, dans mon monde à moi, même une glycine peut être courageuse) .

Je veux, comme elle, contourner les obstacles trop imposants, pour me faire un petit chemin tranquille, un petit chemin à moi, pas celui que m'aurait imposé un jardinier zélé de magazine en papier glacé.

Et au final, j'aimerais laisser cette image tenace d'une modeste petite plante qui ne s'est pas contentée de faire la potiche sur un coin de terrasse.

vendredi 26 juillet 2013

Pense bête.










Je ne peux pas réparer le monde.
Je ne peux pas réparer le monde.
Je ne peux pas réparer le monde.
Je ne peux pas réparer le monde.
Je ne peux pas réparer le monde.
Je ne peux pas réparer le monde.
Je ne peux pas réparer le monde.
Je ne peux pas réparer le monde.
Je ne peux pas réparer le monde.
Je ne peux pas réparer le monde.
Je ne peux pas réparer le monde.
Je ne peux pas réparer le monde.
Je ne peux pas réparer le monde.
Je ne peux pas réparer le monde.
Je ne peux pas réparer le monde.
Je ne peux pas réparer le monde.

Ou alors juste un tout petit peu?..

jeudi 25 juillet 2013

Je déteste la politesse!

Après avoir été traitée comme une m... par un énième client frustré qui doit être de surcroît misogyne et semi -analphabète, je me suis dit que le moment était peut-être venu pour moi de parler de la politesse.

Je déteste la politesse!

Attention, pas celle que l'on doit à son prochain, poli lui aussi, qui vous dira bonjour gentiment, pas celle du collègue qui vous demande sincèrement comment ça va parce que lui aussi est embarqué dans la galère et connaît la réalité de votre journée de boulot, non, cette politesse là, je la place au-dessus de bien des choses, elle est rare et précieuse.

Non, aujourd'hui, c'est la politesse "forcée" que j’exècre.

Vous savez, le bonjour en souriant qu'on est obligé de faire parce qu'on a été bien élevé mais qui vous révulse parce qu'il est adressé à une personne qui vous colle de l'urticaire.

Le "je vous en prie" qu'on lâche en grinçant des dents, toujours un sourire impeccable et bien faux-cul collé au visage parce que ce sont les convenances et que ça ne se fait décidément pas de dire à son prochain combien sa connerie est dure à supporter...

C'est le "ce n'est pas grave" qu'on dit au gros plouc qui vient de vous réduire le petit orteil en bouillie parce qu'il est trop con pour savoir que quand le bus démarre, eh bien il faut se tenir.

Cette politesse là, elle m'insupporte de plus en plus à mesure que je vieillis.

Je frémis parfois en m'imaginant, ridée comme une pomme, telle une tatie Danièle en train de maudire le monde entier, mais me rassure tout de suite après en réalisant que non, tout va bien, je suis simplement allergique aux cons, que mon cœur n'est pas gelé et que je sais l'ouvrir aux gens bien...

De temps en temps, comme une petite gourmandise interdite à un grand diabétique, je m'adonne au plaisir coupable mais tellement délicieux de remettre un abruti ou deux en place.

Même si je ne me suis jamais vue dans un miroir à ce moment là, je suis quasi certaine que j'ai la même mine satisfaite que mon Carbone (voir ici) quand il dort à pattes fermées, sur le dos, le bidon en l'air et les pattes levées.

Remettre les cons dans leur boîte, ça fait du bien, ça purifie l'air et ça calme les nerfs, que du bonheur...

Vous devriez essayer.


mercredi 24 juillet 2013

Nous ne sommes pas du même monde!

Le monde tel que vous le voyez n'est pas forcément le mien.

Mon monde à moi est à la fois petit et immense, flou et bourré de détails...

Petit parce que je vois la coccinelle sur la branche, la larme cachée au coin de l’œil,  la première feuille de l'automne, la beauté des flocons de neige, la brindille dans le bec de l'oiseau qui construit son nid, la peine cachée derrière un sourire charmeur, la timidité d'un grand éclat de rire...

Immense parce que je ne suis qu'un grain de sable dans le désert, une goutte d'eau dans l'océan, et que cette certitude me rend fébrile parfois, parce que je sais que je ne peux pas réparer le monde...

Mon monde à moi, ce sont des images, mais aussi des parfums, des notes de musique, des couleurs à travers la grisaille, l'espoir d'un arc-en-ciel dans le gris du ciel, le parfum des fraises des marchés de Pologne, la rougeur de l'horizon des soirs d'été, le chant d'un oiseau au loin, le ronronnement de mon chat, Gershwin et son piano, l'odeur des confitures que faisait ma grand-mère...je n'en mangeais que rarement, mais je pouvais rester des heures en cuisine à respirer les effluves des fruits fondants au coin du feu.

Je voue une passion au fait maison, au sur-mesure, au travail d'artisan, à la patience du geste de l'artiste...

Mon monde à moi naît quand le temps se suspend, quand, entre deux battements de cœur, je remarque un détail au bord du chemin.

Je laisse les autoroutes aux gens pressés, je préfère choisir les sentiers de campagne, les chemins à peine effleurés des sous-bois...

La route est plus longue, mais qui serait pressé devant tant de merveilles?

Le monde est tellement incroyable quand on prend le temps de le regarder...

mardi 23 juillet 2013

Danser sous la pluie...

Je chante comme une casserole, je le sais, je vis avec.

J'ai une bonne oreille, pourtant, ou du moins c'est ce qu'on dit, mais c'est comme ça, je ne chanterai jamais "Singing in the rain" sous une pluie battante comme Gene Kelly.

Par contre, je crois qu'un jour, je me risquerai à danser sous la pluie.

Je danse sans doute aussi mal que je chante, mais au moins, c'est silencieux, alors en choisissant bien l'endroit, à l'abri des regards, je crois que je me laisserai aller à cet élan primitif et enfantin qu'on appelle bonheur et qui - sans raison apparente - vous pousse un jour à vous jeter sous les trombes d'eau.

Mais pourquoi donc veut-elle danser sous la pluie vous demandez-vous?

Eh bien elle veut danser sous la pluie pour faire un pied de nez à toutes les vacheries qu'elle a vécu dans sa vie, pour conjurer le sort, pour effacer à grands coups de tonnerre les cris qu'elle n'a jamais laissé s'échapper.

Elle veut danser sous la pluie pour laver toute la saleté qu'elle a croisé, pas la poussière, non, la saleté des caractères de personnes qu'on nomme "humaines" à tort.

Elle veut, comme le torrent gonflé par les eaux de pluie après l'orage sentir gronder le sang dans ses veines, parce qu'après tout ça, après l'orage, après la tempête, il y a une vie, une paix, un coin de verdure qui embaume la forêt d'automne...

Elle veut du grand air, sentir ses poumons se déplier à en faire mal, de s'être trop retenue de respirer à fond.

Elle veut lever la tête, pas par fierté, pas par défi, mais juste parce que trop longtemps elle l'a baissé pour encaisser.

Elle dansera un jour, sous des trombes d'eau, comme les fous, comme les sales gosses qui désobéissent à leurs parents, elle dansera, mais pas maintenant, il lui faut d'abord retrouver des forces, celles qu'elle a brûlé, celles qui lui ont échappé, comme le sable fin file entre les doigts.

Un jour, elle dansera sous la pluie, parce que la vie, c'est ça, ce n'est pas attendre dans un coin que l'orage se calme, mais se jeter à corps perdu sous les nuages et faire de son mieux pour y trouver un bonheur tout neuf.

lundi 22 juillet 2013

Les zombies existent, j'en ai rencontré.

Je ne comprends pas trop l'engouement des foules pour les films et les séries sur les zombies.

Je l'ai déjà expliqué, lorsque je vais au cinéma, c'est essentiellement pour le dépaysement, alors les morts-vivants...

A quoi ça sert de regarder un film là-dessus? Il suffit de regarder un peu autour de vous : ils sont partout.

Ils ont le regard vide, leur vie ne ressemble à rien et ne va nulle part.

Ces zombies des temps modernes sont bien plus effrayants que ceux qu'on vous vend dans les dernières séries à la mode, et la contamination est plus insidieuse.

Dans les films, ils faut en général être mordu, ici, même pas la peine, on devient zombie volontairement : on se fond dans la masse de l'uniformité.

Je préfère de loin l'idée des petits moutons de Panurge, au moins, c'est mignon et plein de vie (bon, d'accord, à condition de ne pas s'approcher du bord de la falaise, hein) mais un zombie? 

Non merci! Pas pour moi!

Je ne veux pas avoir ce regard vide que je croise à chaque coin de rue, je ne veux pas me fondre dans la masse, renier ma nature. 

Pas question!

Je ne rentrerai pas dans le moule, je ne suis pas un numéro, un objet sans âme, une potiche fabriquée à la chaîne.

Pour terminer sur une note optimiste, les zombies se font toujours avoir à la fin, reste plus qu'à attendre celui ou celle qui mettra le feu aux poudres pour que la nature humaine avec tout ce qu'elle a de beau et de fragile reprenne le dessus...

Hmm... mais si en fait le héros se cachait en chacun de nous?

Ça vous dit une petite chasse aux zombies?

dimanche 21 juillet 2013

Intime idée.

Mes vacances touchent à leur fin, avec elles je vois s'éloigner les petites pauses que je me suis accordée sur le blog.

Ce n'est pas de la fainéantise, encore moins la lassitude, mais je pars du principe que pour avoir matière à écrire, il faut aussi vivre, de temps en temps, chose que j'ai omise de faire ces derniers mois, voire même années.

Alors que je savoure encore mes dernières bouffées de liberté avant de reprendre l'esclavage qui assure ma pitance, je prends la résolution de penser un peu plus à moi pour pouvoir avec plus de légèreté m'atteler à m'occuper des autres.

Bon, c'est une résolution, hein, on sait ce que ça devient, les bonnes résolution avec le temps... (croisons toutefois nos petits doigts, on ne sait jamais) .

Hier soir, alors que je visitais quelques blogs, je me suis posé une question : pourquoi certains auteurs décident-ils d'emblée d'écrire sous leur nom réel, et d'autres empruntent-ils un pseudonyme ?

Quand j'ai commencé à écrire, cela me paraissait une évidence : mon blog serait anonyme.

Toutefois, le temps passant, je me demande si je ne manque pas d'honnêteté envers vous, mes lecteurs, envers moi aussi...

Est-ce plus facile pour moi d'écrire en tant que "Deux chats", ou serais-je plus à l'aise sous mon réel nom?

Ce rempart placé entre vous et moi est-il nécessaire, ou est-il un frein?

Plus jeune, je ne me serais même pas posée la question, ma timidité légendaire aurait choisi pour moi, mais maintenant...

Maintenant, j'ose.

" Ça ose tout les cons, c'est même à ça qu'on les reconnaît ! " écrivait Audiard,  serait-ce donc une connerie de me dévoiler?

Je ne sais pas, et depuis hier soir, je me pose la question.

Intime idée...intimidée.