lundi 24 juillet 2017

La petite fille sur la photo de classe.


Quand j'étais gamine...

Je n'écoutais pas les chansons pour enfants, j'écoutais des chansons de « grands », à six ans, mes idoles étaient les Bee Gees, plus tard, je suis tombée en arrêt devant les chansons de la Motown, j'ai découvert Nougaro, aussi, Souchon, Chamfort...


Je détestais qu'on me dise quoi lire, je laissais trainer mon doigt sur la tranche des livres de la bibliothèque jusqu'à ce qu'un livre « m'appelle ».


Quand je devais choisir un jouet dans un magasin, je choisissais toujours la poupée qui avait l'air le plus triste dans la boîte, ou la peluche avec la fourrure abîmée, parce que je me disais que les autres enfants voudraient forcément un jouet parfait et que ceux qui ne l'étaient pas étaient voués à rester dans leur boîte indéfiniment...


J'aimais les animaux, surtout les chats, pour la patience qu'ils vous apprennent...un arrière goût du renard de St Exupéry.


Je n'aimais pas les concerts, parce que les autres spectateurs m'empêchaient de décortiquer les textes, d'écouter chaque note. La musique était très intime chez moi. Je ne l'écoutais pas, je la ressentais.


Je ne savais pas comment regarder un film autrement qu'en y plongeant totalement, corps et âme.


J'étais taquine, blagueuse, bavarde...pour cacher ma timidité : ça ne se remarquait pas ou presque.


Je frappais dans mes mains lorsque j'étais heureuse, je sautillais sur place lorsque j'étais euphorique.


Je souriais tout le temps, même quand je n'avais pas le moral, parce que je me disais qu'à force de cumuler les obstacles, il y aurait forcément un moment où le vent tournerait et que je ne voulais pas manquer une seule seconde des bons moments à venir.


J'étais curieuse aussi, de cette curiosité enfantine et saine qui vous pousse à dévorer le monde avec de grands yeux écarquillés.


J'écrivais...j'écrivais des lettres, des textes, des poèmes, des journaux, n'importe quoi, mais j'écrivais.


Je ne savais pas quoi dire ni faire lorsqu'on me faisait un compliment...


Je savais prendre le temps de remarquer l'invisible : l'oiseau sur sa branche, la couleur du ciel, les feuilles d'automne, les étoiles, les étincelles dans les yeux, le demi sourire timide au coin des lèvres, la peine qu'on cache.


Je savais faire semblant, parce que si on dit "tout va bien", la majorité des gens ne cherche pas plus loin.


J'ai grandi, j'ai même vieilli depuis.


Mais je n'ai pas changé.


mardi 25 avril 2017

Toutes à poil(s)?


Quand j'étais petite (les mauvaises langues diront que je le suis toujours), j'aimais regarder les films de super-héros. Les séries aussi. Donc, bien que nunuche pour l'époque (la série, hein, pas moi), j'ai tout de même ingurgité la majorité des épisodes de Wonder Woman.

A l'époque, on se contentait de son short étoilé et de son lasso doré et tout le monde était content.

2017 arrive.

Wonder Woman se bat à présent contre les méchants sur grand écran.

J'avoue que j'étais bien contente...jusqu'à...

Jusqu'à "la polémique du poil". Je m'explique : Wonder Woman est sensée avoir grandi sur une île où règnent des amazones, des guerrières quoi... Et là, c'est le drame.

Au lieu de se battre contre les méchants, Wonder Woman doit maintenant se battre contre une horde de féministes (prononcer "pouffiasses") qui vont nous démontrer pas A + B que Wonder Woman devrait impérativement avoir du poil aux pattes, sous les aisselles et j'en passe.

Le principe des féministes, c'est pas de prôner la liberté de la femme? Mince, j'ai pas tout compris alors! Moi qui pensais que la liberté, JUSTEMENT, c'était de faire ce que JE veux et non ce que ces dindes mal peignées veulent que je fasse.

Allez, je vais me faire l'avocate du diable, je suis super sympa aujourd'hui : si je suis leur "raisonnement"( ok, ok, il faudrait qu'elles soient équipées pour réfléchir, mais bon, on leur laisse le bénéfice du doute, je vous ai dit que j'étais sympa aujourd'hui, mais fout suivre, hein) .

Revenons-en à nos moutons (qui eux aussi sont tondus, mais là, pas de problème) . Wonder Woman ne devrait donc pas être épilée puisqu'elle a été élevée sur une île sans homme et sans pression de ces infâmes salauds qui nous ont réduites au rang d'objets...

Donc, si j'ai bien tout compris, pour être une vraie femme libre, je dois me plier à leurs règles à elles, ces supermeufs soutien-gorgeo-pyromanes...

Eh bien non, Mesdames, (puisque vous m'avez déjà enlevé le droit d'appeler une femme "Mademoiselle"), vous n'aurez pas mes poils!

Je laisse libre la femme qui veut se peigner les gambettes, car, contrairement à vous, je n'ai pas été élevée sur une île sans homme mais je sais ce qu'est la tolérance. Loin de moi l'idée de décider qui doit s'épiler ou non, porter un soutien-gorge ou pas, la nature d'un individu ne se limite pas à ça, c'est ce que vous avez entre les oreilles qui m'interesse, pas ce que vous cachez sous vos bras ou dans votre culotte!

Pire! Si je veux passer mon temps à suçoter les orteils de l'homme que j'aime, ce n'est pas vous qui m'en empêcherez : JE décide de m'incliner devant qui je veux et je plains sincèrement les abrutis qui essaieront de me faire plier si j'en ai décidé autrement.

La liberté, ce n'est pas d'avoir des poils parce que VOUS le décidez, ni de ne pas en avoir parce que c'est "à la mode". 

La liberté, bande d'incultes, c'est d'avoir le choix.

J'ai le droit de vous dire que vous me collez la nausée à chaque fois que vous vous manifestez, j'ai aussi le droit de l'ouvrir quand ça m'insupporte, et là, ça m'insupporte.

Frustrées que vous êtes, vous ne connaîtrez jamais le plaisir de faire quelque chose juste pour faire plaisir à l'autre (au sens large, je vois plus loin que la racine de vos poils). 

Je me contrefous des critères de la société actuelle, ceux qui me connaissent et m'ont déjà vue le savent, je suis simplement "MOI", et ni vous, féministes frustrées de ne pas avoir de "kiki" entre les pattes, ni les débiles qui pensent que la femme doit juste fermer sa gueule ne me feront changer d'avis.

Allez brûler vos soutien-gorges et foutez la paix à Wonder Woman, aux vraies femmes, à feu leurs poils, à celles qui en ont parce qu'elles l'ont choisi et pas parce que vous leur ordonnez de le faire, et par-dessus tout, arrêtez de penser que les femmes sont supérieures aux hommes, elles ne le sont pas.
Pas plus que le contraire. Nous sommes complémentaires, un point c'est tout.

Et pour celles et ceux qui se le demanderaient, non, je ne me suis pas levée de mauvais poil ce matin!

 

mercredi 11 novembre 2015

Les grandes gueules.



Un mois et demi.

Quelques semaines à peine et Papa est parti.

Je ne parlerai pas de la maladie, ça serait lui faire trop d'honneur à cette garce qui l'a emporté le 6 janvier.

Le diagnostic a été vite posé, mais il était déjà trop tard...

Alors on a fait ce qu'on a pu pour lui permettre de ne pas souffrir et surtout pour lui éviter l'environnement impersonnel des hôpitaux.

Je tiens à rendre hommage aux personnes extraordinaires qui se sont occupées de lui, et de nous aussi, avec toute leur patience, leur gentillesse, leur compassion, l'hospitalisation à domicile nous a permis de veiller sur Papa.

Je ne parlera pas de la maladie, parce que Papa était tout sauf ça.

Il aimait rire, par dessus tout, de tout, tout le temps.

Il aimait apprendre de nouvelles choses, même s'il n'avait pas eu la chance d'avoir pu faire de longues études, il lui restait cette soif de connaissance, cette curiosité pour les nouvelles technologie, cette gourmandise pour l'histoire qui faisait qu'il ne s'ennuyait jamais.


Je ne me rendais pas compte à quel point je lui ressemblais jusqu'à son départ. Il est vrai que c'est au pied de la montagne qu'on la voit le moins bien.

Aujourd'hui, je n'éclate plus de rire sans penser à lui, parce qu'on a le même rire, silencieux, la bouche grande ouverte, sans un son, comme un poisson hors de l'eau, à en pleurer, parce que pour nous, rire sans que ce soit à pleins poumons, c'est inutile, au fond.

Il s'est passé presque un an avant que les bons souvenirs viennent à bout des dernières images de cette foutue nuit ou il a décroché.

Mon Papa était aussi magicien, ça, malheureusement, il ne me l'a pas transmis, je le regrette bien, comme quoi, la génétique a des limites...

 Il savait comme personne bricoler, créer des objets, des décors pour le jardin, avec deux planches et un pot de peinture, il vous faisait voyager...sans plans, sans rien d'autre que son imagination.

Quand vous ne le connaissiez pas, vous pouviez penser qu'il était un dur, parfois bourru, quand vous passiez outre la carapace, c’était un nounours avec un cœur gros comme ça...il n'avait pas eu de jeunesse dorée et m'avait donné la plus importante des leçons, même s'il n'était pas du genre à faire de longs sermons : son éducation, c'était l'exemple, pas les paroles.

L'essentiel, c'était de savoir que tout ce qui s'achète n'a aucune valeur.

Il ne reculait jamais devant quoi que ce soit pour faire plaisir à quelqu'un, il offrait sans compter, aurait donné sa chemise. A tort parfois, quand on lui faisait remarquer, il avait la sagesse de hausser les épaules : pas de regrets, pas de remords, c'était toujours fait de bon cœur, sans arrières pensées, sans calculs des éventuels bénéfices. De la bonne action, pure et dure.

Je n'ai pas toujours été d'accord avec lui, bah oui, deux grandes gueules, forcément, ça fait des étincelles, parfois, mais sur la vie, la façon de percevoir le monde, avec un peu trop de détails souvent, on se comprenait sans paroles : on riait des mêmes choses...et forcément, on pleurait pour les mêmes raisons. Parce que mon Papa m'a aussi appris qu'un homme, un vrai, ça sait pleurer, même parfois devant un film idiot, juste parce qu'à l'instant "T", une scène touche une corde sensible.

Je n'ai pas pu lui dire tout ça, parce que la maladie m'en a empêchée, elle lui a pris la parole très tôt, trop tôt. Ne restaient que les regards lorsqu'il n'était pas somnolent, pourtant, je suis sûre qu'il savait tout ça, sans que j'ai besoin de le dire, tout comme je sais ce qu'il pensait sans que j'aie besoin de l'entendre...

On se ressemble trop pour qu'il en fut autrement.

Quand on me disait "oh lala, qu'est-ce que tu ressembles à ton père!", je répondais toujours en lui lançant un clin d’œil que je ne savais pas si je devais prendre ça pour un compliment.

Un code entre nous.

Il n'est pas parti, il est là, il me lit, j'ai repris l'écriture en grande partie pour lui faire plaisir, une de ses dernières "fantaisie" était toujours de me dire qu'un jour, je serai publiée...

Je n'ai pas vraiment eu de racines, mais tu m'as donné de belles ailes. Merci Papa.

dimanche 8 novembre 2015

Une grenouille dans une casserole.


Après l'opération de Papa, la tension nerveuse est retombée, l'adrénaline aussi, en copine fidèle, et c'est là que j'ai commencé à perdre les pédales.

Les années précédentes étaient passées sans spécialement me faire de cadeaux, entre mes deux fausses-couches (je hais ce mot, d'ailleurs, la médecine ne donne pas le droit d'utiliser le terme de bébé, mais la douleur qu'on ressent n'est pas liées à la perte d'un foetus, d'un paquet de cellules comme on veut nous le faire croire : depuis la seconde où on apprend qu'on est enceinte, on se projette, on voit déjà des petits pieds, des petites mains....Je le revendique, et je plains le connard qui viendra essayer de me prouver le contraire, j'ai perdu deux bébés.), la bataille juridique pour obtenir la garde des pépettes afin de les sortir de l'enfer, l'acharnement de leur mère à mon égard, bref, l'orage n'avait pas seulement frappé Papa, il m'avait mis à terre aussi.

Je ne m'en suis pas rendue compte tout de suite, c'est malin, la dépression, ça cherche la faille, ça attend le moment propice, ça vous guette, dans un petit coin, et puis boom, ça vous tombe dessus, mais légèrement au début, histoire que vous ne la chassiez pas tout de suite.

Vous-a t'on déjà raconté l'histoire des grenouilles?

Il parait (je ne suis pas cruelle, je n'ai pas vérifié) que si vous plongez une grenouille dans une casserole d'eau bouillante, elle sautera d'instinct pour se sauver d'une mort certaine. Par contre, si vous la mettez dans une casserole d'eau froide que vous placez ensuite sur le feu, elle se laissera mourir à mesure que la température augmente.

Je me suis donc retrouvée dans une casserole d'eau froide, comme toute grenouille qui se respecte.

Et puis un après-midi, alors que j'étais en train de faire du rangement, c'est mon mari qui a compris : j'étais assise "juste une minute" au bord du lit, une pile de linge sur les genoux en train de replier un tee-shirt....et il m'a retrouvé exactement dans la même position, deux heures plus tard, les yeux dans le vide, à fixer un point de la bibliothèque.

Mon médecin, connaissant les détails des années qui venaient de passer conclut d'un "c'est même surprenant que ça ne soit pas arrivé avant" après m'avoir prescrit les "médicaments de la honte", comme je les appelais à l'époque...et comme je le pense encore un peu, même maintenant.

Ce n'est pas un choix.

Je ne me suis pas réveillée un matin en me disant, tiens, aujourd'hui, je vais me lancer dans la dépression, c'est à la mode.

Je pense toutefois qu'il y a des situations qu'on peut éviter, si vous vous trouvez en ce moment dans un moment difficile mais dont vous connaissez une porte de secours, prenez vos jambes à votre cou!
Pour ma part, je n'ai pas choisi ce qui m'est tombé dessus et je n'avais malheureusement aucun moyen de l'éviter, j'ai subi de A à Z une situation dont je ne suis pas l'actrice.

Mon médecin m'a expliqué que c'est comme si la quille d'un bateau était touchée : on ne peut pas garder l'équilibre et rester à flot.

L'erreur serait de penser que le bateau n'aurait pas dû prendre la mer, que c'était plus sûr : c'est faux, on ne peut pas arrêter de vivre pour ne pas souffrir. On peut choisir le moment où l'on prend le large, l'endroit où on navigue aussi : si vous vous lancez contre un récif en pleine tempête, ne comptez pas sur ma compassion, mais si vous partez par temps clair, sur une mer calme et que vous êtes touché par la foudre ou attaqué par des pirates, alors je vous comprends et nous sommes...sur le même bateau.

Ce que je ne savais pas encore, c'est que c'était simplement le début de mon voyage...coquille de noix sur une mer déchaînée.

vendredi 6 novembre 2015

Le chêne.


Je suis née un jour de fête des mères. Je ne me souviens pas vous l'avoir dit, si c'est le cas, on dira que je radote un peu au fil des ans...

Cette année-là, les enfants nés un jour de fête des mères ont reçu un cadeau particulier : les heureux parents pouvaient choisir à leur bambin un arbre, qui serait inscrit dans un registre spécial et qu'on ne pourrait pas abattre afin de repeupler le paysage français.

 J'aurais sans doute choisi un sapin, parce que j'aime Noël, mais mes parents choisirent un chêne, un arbre noble, du solide...

Ce jour là, deux chênes sont "nés". L'arbre, et mon Papa.

Grandir près d'un chêne, ce n'est pas forcément être pendue à ses branches, c'est plutôt se percher sur sa cime quand on ne voit pas toujours le soleil au-dessus des nuages, c'est entendre le bruissement de ses feuilles lorsqu'un vent de folie vient le chatouiller.

Parfois, c'est rester dans son ombre, aussi, par choix, ou parce qu'il attire l'attention de toute la faune des bois.

Et puis un jour, on se rend compte que le chêne est malade.

Il a été touché par la foudre, mais vicieuse comme elle est, elle n'a même pas attaqué son écorce, pas une feuille n'est tombée, non, c'est de l'intérieur qu'elle l'a griffée de ses ongles maudits.

 Alors un jour où le chêne me rendait visite, après quatre années passées au loin, depuis mon retour en France, mon bûcheron de médecin s'est rendu compte que le chêne était malade et qu'il y avait urgence...

Les chirurgiens des forêts se sont réunis, ils ont passé beaucoup de temps à réparer le grand chêne, à le remettre sur pieds, presque comme avant, avec un beau cœur tout neuf.

J'ai retrouvé mon grand chêne et ses grands éclats de rire qui secouent ses feuilles, même si je savais maintenant que tout n'est jamais acquis, que la vie s'acharne sur ceux qui l'aiment le plus.

C'était il y a deux ans, un été pas comme les autres, dans une vie qui ne sera plus jamais la même...

jeudi 5 novembre 2015

Deux ans, deux chats et quelques antidépresseurs plus tard...

 
J'ai eu tort. J'ai eu tort et je vous présente mes excuses les plus sincères pour cela.

J'ai eu tort de me cacher, d'arrêter d'écrire, d'arrêter de partager joies et peines, j'ai eu tort de mettre mon blog, mes lecteurs, de passage ou fidèles, de côté.

 

Je suis désolée. Je me croyais naïvement solide, le roc que l'on aperçoit de l'extérieur, même moi il m'a trompé. Je ne suis rien de tout cela.

J'avais lu l'histoire du Colosse aux pieds d'argile pendant une leçon de latin quand j'étais jeune pourtant, mais on se croit toujours différente, on se croit plus forte, à l'épreuve des sales coups.

Et puis un jour on se réveille, on se regarde dans un miroir et on se voit telle que l'on est : petite, toute petite, pas Atlas version femelle qui porte la voûte céleste sur ses épaules, mais juste une petite fourmi qui, bien qu'assez forte pour porter un grain de riz plus gros qu'elle se fait balayer par une grosse pluie d'été.

Il lui en faut, à la petite fourmi, du temps et du courage pour reprendre le chemin de sa fourmilière, pour ne pas se dire que c'est perdu d'avance, qu'elle n'y arrivera pas, qu'elle n'est qu'une petite fourmi...

C'est à l'étape de la grosse pluie d'été que j'ai arrêté d'écrire.

L'orage, je ne l'ai pas vu arriver. Et puis qu'est-ce que ça aurait changé? On n'arrête pas un orage.

Balayé le grain de riz, balayés le courage, la force, j'ai perdu mes antennes dans la vague, je ne voyais plus clair, alors je me suis posée sous une feuille et comme je ne savais pas quoi faire d'autre avant de recoller les morceaux, j'ai attendu.

Deux ans.

Et puis je me suis dit qu'il était temps de sortir de ma cachette, de raconter au Monde que la vie des fourmis, même bien entourées, n'est pas toujours celle qu'on croit.

Alors me revoilà, deux ans, deux chats et quelques antidépresseurs plus tard, avec un lourd bagage à déballer, une fois que je me sentirai plus légère, quand j'aurai déposé ici mes écorchures, mes bleus et mes larmes, je regarderai à nouveau les couleurs d'automne avec tout leur éclat et je serai enfin prête à me battre.

mardi 22 octobre 2013

Vieille charogne!

Il y a des jours, comme ça, où on regrette de s'être levée, où on se dit vivement ce soir avec l'illusion qu'on arrivera encore à trouver le sommeil.

Ce jour-là, je l'ai vécu il y a peu de temps.

Ce jour-là, j'ai pris en pleine face et comme une grande gifle à laquelle on ne s'attend pas parce qu'on n'a pas fait de bêtise, le fait que je ne suis plus bonne à rien.

Je m'explique : 

Nous avions rendez-vous, notre premier rendez-vous, pour l'adoption.

Comme tout premier rendez-vous, on s'y rend le cœur battant, plein d'appréhension, on essaie de se dire que ça va bien se passer, tout en évitant de se faire trop d'idées afin de ne pas être déçus si ça tourne mal...on joue à l'équilibriste quoi.

Surprise, les interlocutrices sont sympathiques, le rendez-vous se passe bien, jusqu'à une petite phrase à l'arrière goût de ciguë...

" Vous avez l'air motivés, mais je crains fort que votre âge soit un sérieux obstacle à l'adoption, du moins en ce qui concerne la France. "

BOOM!

Je suis une vieille peau.

Alors de là à dire que de la vieille peau à la vieille charogne il n'y a qu'un pas, je vais pencher du mauvais côté et dire tout haut ce que je pense depuis un sacré bout de temps tout bas déjà.

Adopter, c'est un peu passer un permis d'enfant.

On vous jauge, vous écoute, vous passe au tamis, on examine vos restes, parce qu'en général, on n'arrive pas par hasard à la décision d'adopter : cela passe par une grossesse qui se termine mal, voire plusieurs, comme dans mon (dans notre cas, les papas aussi morflent dans ces moments là, faut pas croire, les mamans n'ont pas le monopole) .

Bref, on regarde à la loupe ce qui reste de vous après le tsunami, après Attila, après Hiroshima et tout ce que la Terre a connu de pire, et finalement, on vous dit ou non si vous pouvez adopter.

Je me demande juste...

Elles ont été passées au crible aussi, les mères des petites victimes qui font la une des journaux ces temps-ci?

Certaines avaient de bons congélateurs, d'autres de bons poings, les dernières un compagnon fidèle qui s'est chargé du sale boulot pendant que mesdames pleuraient sur commande devant les journalistes en clamant qu'elles vivaient un calvaire...

Ça leur est venu à l'idée de simplement abandonner leur bambin à une personne "peut-être trop vieille" qui en prendrait soin comme de la prunelle de ses yeux?

Ah ça, on les voit les marches silencieuses, les gens qui marchent avec leurs bougies, comme si ça allait ranimer les pauvres anges qui n'avaient rien demandé.

On en voit d'autres aussi (qui sait, certains défilent peut-être pour l'un et l'autre, même si ça me fait froid dans le dos), mettre la France en sang pour interdire aux gays de se marier, pire, d'avoir des enfants, bah oui, quoi, ils leur feront je ne sais quoi de bien pire que tous ces gentils couples d'allumés qui tuent leurs mômes de sang froid.

Elle est où, l'autre blondasse peroxydée qui défilait en appelant à coup de mégaphone qu'il fallait réviser les lois, que c'était honteux?

La justice, elle existe, c'est même elle qui m'a jeté à la gueule que j'avais quarante-deux ans et que je n'étais plus bonne à rien...

Effectivement, toutes ces "mères exemplaires" qui font la une des journaux sont beaucoup plus jeunes, c'est un fait, mais elles l'ont eu où, elles, leur "permis de materner"?

dimanche 20 octobre 2013

Faux semblants.

Avant de recevoir, il faut savoir donner.

La nature, plus intelligente que nous, le démontre chaque année : si vous voulez une récolte, il faut d'abord semer, être patient, prendre soin des jeunes pousses, puis enfin, vous pourrez admirer le fruit de votre labeur avant de le savourer.

Curieusement, ce que le commun des mortels comprend dans son jardin, il est incapable de l'appliquer dans les relations humaines.

Au lieu de semer, on attend un dû.

Au lieu de donner, on tend la main.

Si vous n'apprenez rien à votre enfant, il ne sera rien de plus qu'un petit animal sauvage.

Tout le monde n'a pas la chance d'être entouré par des proches chaleureux, par une famille unie, il est alors plus difficile de redistribuer ce qu'on ne reçoit pas au quotidien.

La gentillesse, ce n'est pas une maladie honteuse, c'est une denrée rare, précieuse.

Elle a cependant la particularité de s'accroître à mesure qu'on la distribue autour de soi.

Elle se mérite aussi.

Avant de la réclamer, il vous faut apprendre à l'offrir, à l'apprendre aux malchanceux qui ne la connaissent pas.

Attention toutefois à toujours semer avec votre cœur  pas pour recevoir des quelconques "honneurs", pour briller en société.

La vraie gentillesse est discrète, elle s'offre sans papier cadeau étincelant, elle est cachée dans un mouchoir qu'on offre à celui qui pleure, dans une caresse à celui qui perd courage, dans un café réconfortant, dans un effort pour redonner le sourire à une âme en peine.

Elle se fout des "ma chérie", des grand gestes en public pour mieux se moquer des infortunes des voisins.

Ceux qui clament haut et fort être vos amis ne sont pas forcément sincères, et inversement, ceux qui se font discrets vous étonneront parfois de la force avec laquelle ils s'investiront dans votre bonheur.

Aux sales amis, je préfère les gens bons.

Le jeu de mot était facile, mais la phrase reste juste, et tant mieux si ça vous reste en tête.

Comment s'y retrouver alors, me demanderez-vous?

En regardant tout simplement autour de vous : les personnes de valeur sont celles qui ne se fieront pas aux apparences mais à ce que vous cachez dans le fond de votre cœur.

lundi 14 octobre 2013

Bouée divine...

C'était un jour comme un autre, un jour qui n'avait rien de particulier, un samedi vers onze heures, une matinée insouciante dans ma vie de petite fille.

Je me souviens parfaitement de ce moment-là, j'étais au premier étage, dans ma chambre, mes poupées assises sagement attendaient que je leur prépare le repas avec ma dînette, il faut croire qu'à l'époque, j'aimais déjà faire la cuisine.

Je ne prêtais qu'une oreille distraite à la musique qui sortait du poste de radio que ma maman écoutait dans la pièce à côté.

J'étais à des lieues de m'imaginer que j'allais recevoir un cadeau inattendu par ondes interposées.

A l'époque - d'ailleurs, je crois que l'émission existe toujours, même si elle a dû être dépoussiérée depuis - la radio diffusait "Stop ou encore".

J'aimais la musique, comme on aime un amour de vacances, beaucoup, mais à court terme chaque morceau était remplacé par un autre, bien que, pour mon âge, j'avais déjà des goûts bien définis et ils n'allaient pas dans le sens des chansons pour enfants...

J'étais donc là, au milieu de ma chambre, lorsque je fus clouée sur place par les premiers accords d'une chanson.

Je ne sais pas pourquoi, mais l'idée qui m'est venue à l'esprit quand je l'ai entendue fut qu'elle avait été écrite spécialement pour moi, que quelque part, quelqu'un avait soigneusement choisi chaque note, chaque parole juste pour moi.

Pourtant, j'avoue que du haut de mes cinq ans, j'étais loin de comprendre les subtilités de la langue, les nuances des couplets, mais c'était "MA" chanson, ça, j'en était sûre!

Je n'imaginais pas, à l'époque, combien ces quelques notes auraient d'importance à chaque fois que je trébucherais, je n'imaginais pas quelle douceur ce serait de l'écouter lorsque mon cœur serait blessé, lorsque dans ma vie rien n'irait, lorsque les nuits seraient trop longues et les journées difficiles.

Cette chanson-là, ce cadeau, c'est ma bouée, je refuse d'imaginer un instant que c'est un simple hasard qui l'a mise sur mon chemin ce samedi matin de printemps...

C'est un hymne, c'est une main tendue, c'est tout sauf de la musique, c'est mon canot de sauvetage lorsque le Titanic commence à sombrer.

Cette chanson, c'est "Tu verras", promesse du petit taureau toulousain à la gamine que j'étais, à la femme que je suis.

Je l'écoute en boucle en ce moment, c'est sans doute pour cela que j'ai du mal à donner des nouvelles du navire.

Il parait que la quille est touchée, c'est ce que dit mon médecin, mais "tu verras, tu verras, tout recommencera, tu verras, tu verras"...alors j'attends de voir.

dimanche 22 septembre 2013

Un pion dans un jeu de quilles.

J'ai parfois du mal à exprimer ce que je ressens sur des sujets qui me touchent, et parfois encore plus de mal à m'exprimer sur des sujets qui touchent des personnes qui me sont proches.

J'ai la "chance" d'avoir un boulot.

Pendant que d'autres cherchent du travail (ou au moins font semblant), je me lève le matin, avec la précisions des automates, je prends le bus, dernier rempart entre mon chez-moi et le champs de foire et je pousse la porte d'une entreprise cotée en bourse (du moins je crois, la bourse et moi, ça fait deux, vu les fonds dont je dispose) .

Le fait est que chaque matin, ou midi, selon qu'on a décidé que je travaillais le matin ou le soir, je ne me sens pas "chanceuse".

Oui, j'avoue qu'au début, j'étais bien contente chaque matin, de faire quelque chose qui - me semblait-il - faisait avancer le schmilblick... 

Oui, mais ça, c'était avant...

Avant quoi, je ne saurais pas vraiment le dire, avant un certain malaise, l'intuition sournoise et persistante que quoi qu'on fasse, mes collègues et moi, nous sommes sur une planche savonneuse, comme les candidats des Intervilles de mon enfance, anonymes moutons voués à finir à l'eau dans le but de faire grimper l'audimat.

Je dois me faire à l'idée que je ne suis qu'un numéro : numéro de poste, numéro de dossier que je traite, numéro de sécurité sociale, numéro de dossier chez le RH, peut-être futur numéro de dossier chez Pôle Emploi.

Je me souviens d'un temps, pas si lointain, où le respect était encore présent dans les entreprises, où le nom des personnes comptait encore, où on connaissait la réelle valeur d'un savoir-faire, d'une personne qui était impliquée dans son travail...

Aujourd'hui, nous ne sommes plus que des pièces d'une machine, remplaçables et recyclables à souhait.

A cette différence près que si une machine tombe en panne, parce que la pièce n'a pas été entretenue, parce qu'on n'aura pas respecté les consignes d'utilisation, on demande des comptes à la personne qui était sensée veiller sur l'entretien.

A l'heure actuelle, si la machine fonctionne mal, on accuse les pièces, on force les rouages, c'est tellement plus simple de jeter un bout de métal qui vous a bien rendu service et de le remplacer par un autre tout neuf que d'entretenir et de faire durer celui qui vous a permis d'avoir un bon rendement pendant quelques années.

Nous ne sommes rien d'autres que des pièces de rechange, le plus drôle, c'est que dans une machine classique, il ne vous viendrait pas à l'esprit de mettre un rouage à la place d'un interrupteur par exemple : pour des boulons et des vis, on a au moins le respect de les garder à la place pour laquelle ils sont faits, là où ils pourront au moins exprimer le meilleur d'eux-mêmes.

Pour des personnes de chair et d'os, du broyable, du consommable, des gens avec des bras, des jambes, une tête, une âme, un cœur  on prend moins d'égard, on vous déplace au gré des "impératifs" ou de votre sale gueule, ou de l'humeur du moment, ou des ragnagnas du responsable (mâle ou femelle, les ragnagnas ça existe) et on vous mets à une place qui ne vous convient pas, parce que comme tout le monde, vous n'êtes rien de plus, rien de moins, qu'un pion dans un jeu de quilles...

Je refuse d'emblée qu'on me mate, en m'inventant des échecs...

J'y laisserai sans doute quelques plumes, mais j'apprendrai à redéployer mes ailes.

dimanche 15 septembre 2013

Viens!

Sors-moi de cet été étouffant et trop long!

Je veux des ocres et des pourpres au réveil, à ma fenêtre, des forêts pailletées d'or, des nuits plus longue auprès de celui que mon cœur a choisi.

Offre aux rues des parures de vermeil et d'ambre, des arbres somptueux pour attendre l'hiver et sa magie.

Déverse sur moi ta pluie, lave mes tourments, que le vent emporte mes soucis.

Viens, je t'attends, avec l'impatience des enfants les jours de fête!

Je n'en peux plus de la chaleur, des jours trop longs, des nuits trop courtes, de la course, donne moi du répit, offre moi ta patience, celle qui couvre de rouille la verdure crue des feuilles d'été.

Je rêve de confidences à voix basse au coin du feu, du chocolat chaud en rentrant de promenade, de l'odeur des sous-bois après la pluie, je veux du plaisir, un festival de couleurs aussi chaudes que mon cœur quand je pense à Lui...

On dit que l'amour renaît au printemps, le mien ne meurt jamais, mais c'est dans l'écrin de l'automne que je me plais à le contempler.

La lune, timide, se pare du voile de tes nuages lorsqu'après une rude journée je m'enroule dans la nuit, près de lui, paisible, pendant que tu t'appliques à décorer mon quotidien de mille feux.

Alors viens, mon cher automne, ami d'enfance, fidèle au rendez-vous, viens rendre ma vie plus jolie, ma ville plus riche de tes couleurs, tu m'as tant manqué...



vendredi 6 septembre 2013

"L'usurpateuse", ou lettre à un mur.

Tu me pointes souvent du doigt, accusatrice, je suis la cause de tous tes maux, la méchante du conte de fées, aussi je me permets une légère mise au point afin de rendre ta réflexion plus limpide, voire même ta vie plus facile.

Je n'ai jamais voulu te "voler" "tes" filles...

On ne vole pas des êtres humains, "tes" filles ne sont pas des potiches dont tu peux disposer quand bon te semble et que tu peux remiser au placard lorsque tu es lasse de faire joujou.

"Tes" filles méritent du respect, de la patience, de l'amour à la pelle, mais pas des menaces, des cris et de la manipulation.

L'amour, c'est comme le respect, c'est fragile, précieux, et avant tout, ça se mérite.

Que fais-tu, dis moi, à part piétiner leur enfance?

Qu'as tu donc à leur offrir à part des reproches et de la culpabilité?

Crois-tu qu'elles n'ont pas déjà assez souffert que tu les vires de ta vie, comme ces salauds qui abandonnent leur chien sur les autoroutes au départ des vacances?

Réfléchis bien à mon rôle dans ce que je viens d'énumérer... Tu ne me trouves pas, n'est-ce pas?

Ne serait-ce pas tout simplement parce que je ne suis en rien responsable de tes échecs?

La vie t'a offert deux trésors, deux merveilles à aimer et à chérir, et toi, qu'en as-tu fait?

Etre mère, ce n'est pas guêter le facteur qui amène les allocs et arracher les cadeaux de fête des mère des mains de "tes" filles, c'est se lever la nuit quand elles sont malades ou qu'elles font un cauchemar, c'est être là pour elles quand elles ont besoin d'une oreille attentive.

C'est aussi partager les rires, sêcher les larmes, c'est rassurer, soigner, c'est guider, encourager, tenir une petite main pour affronter les coups durs de la vie, principalement ceux que tu leur offre sans compter.

Etre mère, c'est apprendre tout sauf ce que tu leur fait subir jour après jour, mois après mois, année après année...

Je ne te vole pas "tes" filles, tu te charges assez bien de les chasser toute seule, je me contente de ramasser tes "jouets" cassés, oui, tes jouets, parce qu'en tes actes, je ne vois qu'un joueur d'échec maladroit qui sacrifie ses pions dans l'espoir de...ah oui, tiens, dans l'espoir de quoi?

Une mère, puisque tu clames à qui veut l'entendre que tu en es une, ça n'espère qu'une chose : le bonheur de ses enfants. 

Et toi? Tu cherches quoi?

Que germe-t'il donc dans ton esprit malade pour que tu portes à l'autel de la haine envers le monde entier ce que tu es sensée avoir de plus précieux?

Dis toi bien une chose, le temps joue aussi aux échecs, mais il est bien meilleur joueur que toi.

J'ai perdu il y a longtemps l'espoir de te voir comprendre un jour le mal que tu fais à celles que tu appelles "tes" filles.

Un jour, elles seront assez fortes pour faire le ménage dans leur vie et chasser les nuages qui empêchent le soleil d'y briller.

Ce jour-là, je ne ferai pas de fête, je ne suis pas de la même glaise que toi, je serai simplement soulagée, parce que je saurai que si elles sont assez fortes pour claquer la porte au nez de leur plus grand démon, elles pourront tout affronter dans la vie.

C'est ça, tu vois, une mère, c'est faire passer ses enfants avant soi-même, c'est leur offrir des ailes pour voler, et des racines assez solides pour tenir debout contre vents et marées.

Je ne suis pas responsable de tes échecs, personne ne l'est à part toi.

Il est bien triste de ne pas faire la différence entre une mère et une maman.

N'importe qui peut être mère, c'est juste une histoire de biologie, mais pour ce qui est d'être une maman, ma pauvre, tu perds ton temps.

Contrairement à toi qui veux toujours jouer le premier rôle, ma seule colère est le résultat de ma frustration de ne pouvoir mettre "tes" filles à l'abri de tes manigances.

Ta couardise me donne la nausée, tu aboies de loin et me menaces, mais tu me crains, je le sais.

Il serait facile pour moi de te mettre en pièces, mais je ne suis pas toi.

J'ai l'arme la plus terrible qui soit : le temps.

Il est impitoyable et sans répit, un jour tu apprendras ta leçon de la pire manière qui soit.

Bien sûr, tu ne seras pas coupable mais martyre, on connait la chanson, ne t'inquiète pas.

Je te laisse la haine, la rancœur, la bassesse, la petitesse, elles te vont si bien, je me contenterai de ce que tu n'as pas voulu : "tes" filles et le Papa fantastique qui veille sur elles.

Bien amicalement,

La "maman".

mercredi 28 août 2013

Attention fragile!

Avez-vous déjà reçu un objet en verre précieux?

Une petite chose brillante et fragile qu'on pose dans le creux de votre main, timidement, en espérant que vous en prendrez soin.

Sans doute, oui, quel que soit le cadeau qu'on vous a fait.

Je suis prête à parier que vous en avez pris un soin extrême de cette petite offrande.

Vous l'avez peut-être mise dans un écrin, dans une vitrine, à l'abri du chat espiègle, des petites mains des enfants, à l'abri des coups de vent, des chocs.

Le fait est que ce serait dommage de casser quelque chose d'aussi beau, d'aussi précieux.

Pourtant, le verre, le cristal, ça se remplace...on ne peut pas le recoller une fois brisé, certes, mais je vous assure, ça se remplace.

Ce qui m'interpelle, c'est que nous avons tous le même réflexe lorsque nous sommes en présence d'un vulgaire objet fragile.

Mais qu'en est-il des choses impalpables?

Qu'en est-il de l'irremplaçable, de ce qui n'a pas de prix?

Le soin est-il le même lorsqu'on vous confie des sentiments, de la confiance?

Mettrez-vous le coeur qui s'offre à vous dans un joli écrin garni de satin douillet? 

Garderez-vous les sentiments qu'on vous offre avec la même attention, la même douceur que vous accorderiez à un vase de cristal acheté au magasin du coin?

Je ne sais pas. J'ai sans doute moi aussi blessé par inattention, parce que je ne mesurais pas à leur juste valeur des gestes bienveillants qui m'étaient adressés.

Cependant, chaque jour, je fais un petit pas dans la même direction, j'essaie de ne pas faire aux autres ce que je ne voudrais pas qu'on me fasse.

C'est tout simple et peut être naïf, pas toujours facile (oui, quelque chose peut être simple sans nécessairement être facile, il faudra qu'on en parle un jour), mais j'essaie.

L'important, c'est d'apprendre de ses erreur, de ne pas blesser ceux qui nous aiment, et au contraire de ne plus se soucier de ceux qui ne jouent pas fair-play.

A trop perdre de temps avec les personnes qui prennent sans compter, on finit pas disparaître comme une peau de chagrin.

Reprenez le temps, l'attention que vous accordez aux gens sans valeur, d'autres, fidèles et justes, méritent le meilleur de vous.

Le bonheur ne vaut que s'il est partagé...avec les bonnes personnes, apprenez le tri sélectif, votre vie sera plus belle, plus respirable, vous pourrez alors donner sans compter aux personnes qui le méritent.

Et si vous n'êtes entouré(e) actuellement que de vautours, eh bien jouez à l'épouvantail, il faut faire place nette avant de vous faire de vrais amis, voire de trouver la personne qui partagera votre vie...

Les gens biens, ça se mérite, et ça vaut bien un petit effort de votre part.

dimanche 25 août 2013

Le temps des cerises.

Je réfléchissais hier soir à ce qui fait qu'une relation est solide ou pas, ce qui fait qu'on sait avec certitude qu'on a fait le bon choix.

M'est venu à l'esprit un panier rempli de fruit.

Lorsque vous voulez savourer le goût du fruit dans toute sa profondeur, vous délecter de toutes les saveurs cachées sous la douce peau d'une pêche, ou vous rafraîchir en croquant dans une pomme bien juteuse, il vous faut d'abord vous plier aux lois de la nature...

Il y a des choses dans la vie, contre lesquelles on ne peut lutter.

La nature, comme la vie, impose la patience.

S'il existe une vertu magique, c'est bien celle-là.

Abandonnez-vous à elle, vous ouvrirez toutes les portes, pressez-vous et vous n'obtiendrez rien des trésors de la vie.

On peut être pressé de croquer un fruit, une jolie cerise bien rouge et joufflue, mais si on n'attend pas le bon moment, son goût sera amer, il vous brûlera les papilles et vous n'oserez plus y regoûter avant longtemps...

En amour, c'est la même chose : la soif de sentiments peut être si forte qu'on voudra cueillir les fruits prometteurs trop tôt, alors qu'ils ne sont encore qu'un ébauche de ce qu'on aurait pu avoir au creux de la main en attendant encore un peu.

Il en faut, des saisons, de la patience, de l'attention, avant d'obtenir enfin ce que l'on cherche dans le verger de la vie.

Tant d'arbres, tant de fruits différents, et pourtant celui qu'on cherche ne ressemble à aucun autre.

Lorsque vous le trouvez, vous avez l'impression qu'une main invisible l'a façonné avec amour rien que pour vous, rien que pour apaiser votre faim et votre soif.

Son goût ne ressemble à aucun autre, et là encore, c'est la patience qui vous permet de vous délecter de votre trésor...

Ne vous pressez pas, lorsque vous vous promenez dans le verger, prenez tout votre temps, réfléchissez, écoutez votre voix intérieure et recherchez ce dont vous avez besoin, ce qui apaisera votre faim, plutôt que le premier fruit venu.

Et souvenez-vous que parfois, à la pomme trop brillante et accessible, il est plus doux de céder à la modeste griotte, cachée parmi les feuilles...

jeudi 22 août 2013

Le Magicien d'Ose...

Au milieu de la tempête, je me sentais aussi peureuse que le lion sans courage, je tremblais à l'idée de ne jamais trouver ce qui manquait à ma vie.

Je sentais bien que quelque chose faisait défaut, que j'étais amputée de ce qui fait qu'on franchit toutes les barrières, qu'on arrache tous les bonheurs de la vie, mais je ne savais pas ce que je cherchais, je me contentais de culpabiliser en pensant que j'étais seule la responsable, que j'étais trop pleutre pour affronter le monde.

J'aurais pu tout aussi bien me sentir comme l'épouvantail sans cervelle, je me sentais vide de sens, je ne sentais plus le sang couler dans mes veines, je n'étais qu'un tas de foin sans neurones, incapable de voir que ce que je cherchais partout était caché juste sous l'herbe sèche  sous les apparences, afin de repousser les oiseaux et leurs chants pleins de gaieté.

Ma vie n'avais aucun sens, pas plus que celle de l'homme de fer blanc sans cœur qui bat sous sa carapace de métal.

Certes, j'étais à l'abri, du moins je le croyais, mais que vaut une vie sans battements de cœur, dans le froid de la ferraille?


Je n'avais pas de petit Toto quand je t'ai rencontré, pas plus que des chaussures rouges, mais un chat noir, compagnon de route sur le chemin de briques jaunes qui menait à toi.

J'en ai croisé, des singes ailés, effrayants de vacarme, semant le chaos autour d'eux, j'ai croisé des sorcières, aussi, la laideur de leurs sentiments se déversant sur leurs traits...

Mille fois j'aurais pu rebrousser chemin, faire demi tour et retourner dans ma petite existence vaine, mais j'ai préféré continuer ma route vers toi, mon Magicien d'Ose.

Ma vie a trouvé ses couleurs lorsque je t'ai rencontré, toi, le Magicien caché au-delà du monde.

Tu as pris ma main et tu m'as appris que ce que je cherchais vainement, je l'avais en moi, du courage pour vaincre les épreuves de la vie, un cœur pour aimer, un esprit pour rêver...

Tu m'as ouvert les portes de ton monde, du monde que je cherchais sans le trouver.

Elles sont bien loin les sorcières, vaincus sont les singes volants, ne reste que nos sentiments, et la route de briques jaunes, ouverte à ceux qui savent la voir...

Ce n'est jamais facile de quitter l'ancien monde pour découvrir la Magie, mais le voyage au pays du Magicien d'Ose vaut toutes les audaces, je le sais maintenant.

Ma main dans la tienne, je marche maintenant apaisée, dans ton pays enchanté, la tête relevée, le cœur battant, vivante pour toutes mes années de sommeil dans le monde noir et blanc déjà presque oublié...


mercredi 21 août 2013

Vous me reconnaissez?

Je me donne parfois un peu trop facilement...

J'ai l'air un peu timide, je l'admets, mais quand on me caresse dans le sens du poil, je me laisse faire, je baisse la garde et je m'offre sans compter.

Violée, je l'ai déjà été, de nombreuses fois, souvent par des personnes que je pensais connaître.

Cent fois on se promet de rester sur ses gardes, mais voilà, la naïveté, l'innocence, font qu'on m'accorde parfois à la légère.

Je suis le cadeau qu'on donne timidement après les grosses blessures, lorsqu'on se dit qu'on ne se fera plus avoir, celui qu'on donne sans limite à ceux qui le méritent.

Oui, mais qui me mérite, qui mérite ce cadeau si précieux que je suis?

Les beaux parleurs savent m'arracher, les timides me gagnent patiemment, les premiers me piétinent à la première occasion, les seconds me chérissent comme le plus précieux des trésors.

Je suis l'objet de toutes les convoitises, les manipulateurs me regardent en salivant, sachant le pouvoir que je confère.

Aux grandes gueules pourtant, je préfère le charme douillet d'un cœur pur et discret.

Vous me croiserez souvent, dans votre vie, peut-être me reconnaîtrez-vous, peut-être prendrez-vous soin de moi?

Peut-être me déposera-t'on au creux de vos mains, comme une pierre précieuse que l'on devine, avant qu'elle ne soit taillée et resplendissante.

Prenez soin de moi comme on prend soin d'une jeune pousse, occupez-vous de moi, délicatement, patiemment, sans attendre rien d'autre en retour que ma beauté lorsque vous récolterez le fruit de votre travail.

Prenez soin de moi comme vous voudriez que l'on prenne soin de votre bien le plus précieux, parce que c'est ce que je suis...

Rappelez-vous qu'une fois brisée, personne n'a encore trouvé la colle qui saurait me réparer... je porterai encore le nom de Confiance, mais je n'en serai plus qu'une ombre...


dimanche 18 août 2013

Big Bang!

Au commencement, il y eut la lune...

Une lune triste et grise, perdue au milieu des étoiles, infime poussière dans un univers sans fin où elle ne trouvait pas sa place.

Ce qu'elles brillaient les étoiles, accrochées au voile de la nuit, paillettes gracieuses devant lesquelles notre lune baissait les yeux.

Dans l'obscurité, difficile de trouver son chemin, de se faire une petite place...

Elle se doutait bien qu'elle avait quelque chose à accomplir, une mission importante à remplir, mais laquelle?

Pas dupe, elle savait parfaitement qu'elle n'était pas faite de la même matière que les comètes, ni étoiles qu'elle croisait.

Mais que faisait-elle donc là, perdue au milieu de nulle part?

Elle erra longtemps, sans but, sans raison de vivre, avant de trouver sa voie.

Sa vie, elle la trouva enfin en croisant la terre.

Si d'autres préféraient briller en solitaire, grand bien leur fasse, mais ce n'était pas son destin à elle, modeste satellite.

Elle ne brillerait pas dans l'ombre de la terre par dépit, mais par choix, parce que c'était sa place.

Une place de choix dans l'univers tout entier, une vie attachée à la terre, régie par les lois de la gravitation.

Seule la terre connaît la face cachée de la lune, tous ses cratères et ses mystères, les secrets enfouis dans ses mers, pas de secrets, un lien invisible pour les non initiés les lie à jamais.

La vraie liberté, c'est de refuser les rôles pré-écrits, de choisir son histoire, son destin.

La liberté, c'est souvent de choisir la place qui fera de nous ce que nous sommes vraiment, au lieu de vouloir à tout prix être comme les autres.

Plutôt que d'être la plante qui s'étiole à s’enivrer d'une liberté illusoire, laissez moi grandir guidée par mon tuteur.

J'étais un petit quartier de lune, poussière invisible sur la voûte stellaire, je deviens la lune, plaine et claire, satellite indispensable des nuits de mon Univers.

Je ne serai pour le monde qu'une face blanche dans l'obscurité, sans doute me trouvera-t'on fade parmi les étoiles, mais je préfère briller aux yeux du Monde que j'ai choisi, gardien des secrets de ma face cachée.

jeudi 15 août 2013

Au croisement...

La vie n'est pas un long fleuve tranquille, ça, Etienne Chatiliez nous avait bien prévenu, mais le reste?..

La vie, c'est un chemin, un peu tortueux, parce que les autoroutes, ça va un moment, mais c'est aussi très ennuyeux.

Et puis, soyons logiques, sur une voie rapide, on ne verrait pas la vie passer.

Nous sommes donc embarqués, dans des véhicules plus ou moins confortables, avec ou sans GPS (je crois que je préfère sans, j'aime les surprises) et en ayant juste une information de base : on connaît le point de départ, et on sait où on va.

La destination, elle est la même pour tout le monde.

Ce qui nous différencie, ce qui fait de nous une personne exceptionnelle ou au contraire un compagnon de route pénible avec qui personne n'aime voyager, c'est notre façon de voir la route.

Le regard que nous posons sur le chemin...

Essayez donc de faire un petit trajet avec quelqu'un qui râle tout le temps, parce qu'il fait trop chaud, trop froid, parce que la voiture n'est pas assez confortable, parce qu'il/elle n'a pas la place souhaitée, etc...

Vous n'aurez plus qu'une envie, prendre la fuite!

Une chose est sûre, on n'a pas tous des véhicules de luxe, parfois les sièges sont peu confortables et la route est accidentée, vous y trouvez des dos d'âne, mais il faut bien rouler, aller de l'avant.

Je préfère de loin la personne qui vous fera découvrir le paysage à travers un regard nouveau, qui vous parlera des lieux déjà visités, qui rendra le voyage moins pénible, à celle qui passera son temps à se plaindre et accessoirement gâchera des moments qui auraient pu être délicieux.

La vie est bien un voyage, il ne tient qu'à vous de le rendre agréable, ou au contraire de vous plaindre toute votre vie...

En choisissant la seconde option, vous manquerez l'essentiel parce que vous ne verrez rien des paysages magnifiques que vous croiserez, des gens que vous rencontrerez, trop occupé à vous soucier de votre petite personne, à vous plaindre parce que la voiture de celui qui vous double est plus belle, plus rapide, parce qu'il ne fait pas beau...

Quand vous serez au croisement, choisissez bien votre route, celle des sourires et de l'ouverture d'esprit, celle des beaux jours avec option "chasse-nuages" en prime, vous verrez comme le voyage est agréable.

Et pour ceux qui choisissent l'autre route, eh bien tant pis, c'est leur choix, pas le mien!


mardi 13 août 2013

Message personnel.

Ce matin, alors que j'écoutais de la musique dans le bus en me disant que décidément, le chemin était bien trop court et que j'aurais bien fait quelques kilomètres de plus, une idée m'est venue...

Oh, au départ, je pense que ce n'était pas une mauvaise idée, bien au contraire, mais il faut dire que j'ai une façon assez "particulière" d'appréhender la vie dans son ensemble, et les relations humaines en particulier.

Au départ, le concept était simple...

L'idée étant qu'à l'heure actuelle, rares sont les personnes qui n'ont pas les SMS en illimité, j'ai pensé que ce serait sympathique d'envoyer une fois par jour, à un numéro saisi au hasard, quelque chose de sympathique.

Un petit message comme " Passez une bonne journée " ou une autre banalité de ce genre. Enfin, quand je dis banalité...

J'ai tout simplement pensé qu'en cette époque de froideur généralisée où les relations humaines sont ce qu'elles sont, un peu de chaleur ne ferait pas de mal... Bah pire, dans certains cas, c'est peut-être tout ce qu'une personne peut espérer.

Certes, un petit SMS, ce n'est pas grand chose, mais ça a le mérite d'être anonyme, j'ai donc pensé que les personnes timides pourraient suivre le mouvement et que bientôt, chacun aurait droit à son petit message du matin.

Bref, j'étais assez contente, jusqu'à ce qu'une de mes collègues ne me fasse descendre rapidement de mon petit nuage : " tu ne penses pas que ce serait flippant? "

Cette petite phrase eut l'effet d'un grand verre de menthe glaciale un jour de grosse chaleur : ça réveille!

Ah, tiens, ça, je n'y avais pas pensé : pour moi, il s'agissait simplement d'un petit message d'encouragement, pas d'une traque forcenée...et pourtant, quand j'y pense, la gentillesse est souvent mal interprétée : la personne qui vous laisse prendre un article dans un magasin n'est pas une idiote, c'est simplement qu'elle a du savoir vivre, la serveuse qui vient prendre votre commande n'essaie pas de vous draguer, elle est simplement polie et souriante parce que c'est sa façon d'être, le monsieur qui vous ouvre une porte n'a pas forcément de mauvaises intentions, il est simplement poli...

Bref, la gentillesse n'est pas une tare, bien au contraire, il existe des personnes dénuées de tout égoïsme qui vous sourient sincèrement, qui sont serviables, gentils, mais cela ne fait pas d'eux des êtres faibles ou imbéciles, juste des personnes de qualité.

Alors que faire dans ce monde idiot où derrière chaque action on voit le mal caché dans l'ombre, prêt à fondre sur nous?

Je n'ai pas de réponse, mais je me dis que je préfère encore passer pour la gredine du village que d'avoir le cœur sec et l'âme vide des créatures à l’ego surdimensionné que l'on croise tous les jours.

Alors qui sait, peut-être que mon idée fera des émules, et peut-être que vous recevrez un SMS mystérieux avec quelques mots sympathiques...c'est tout le mal que je vous souhaite.