mercredi 5 juin 2013

A la guerre comme à la guerre!

Je me souviens des récits de mon Pépé, résistant, échappé de camp de travail forcé allemand, qui m'expliquait que pendant l'occupation, les gens bien se serraient les coudes...

Elle débloque, me direz-vous en lisant ces mots, il est où, le rapport avec notre époque?

Eh bien il n'est pas si bête que ça mon raisonnement, certes, pas de guerre à l'horizon, pas de tranchées, pas de camps de travail forcé... "forcé", non, mais une espèce de résistance qui s'organise, en petits groupes soudés, de jour en jour.

Non non, ce n'est pas au fin fond de l'Afghanistan qu'il faut chercher, mais ici, dans l'hexagone, autour de vous...

Je fais partie du mouvement, je tiens le coup, avec des collègues d'exception, des gens bien, que vous croisez peut-être au coin de votre rue sans soupçonner à quel point ils sont humains, attentionnés, je les connais, moi qu'il faut apprivoiser, je me suis laissée faire, et j'ai bien de la chance de les connaître.

Ayez un coup dur, et vous comprendrez à quel point c'est important d'être bien entouré.

Les Temps Modernes, Chaplin les avaient déjà décrits, mieux que je ne pourrais le faire, l'époque a changé, ce ne sont plus des machines mais des compteurs qui vous font presser la cadence, au rythme des appels et des dossiers à traiter.

Alors comment tenir dans ces conditions? Où trouver la force de se lever le matin pour aller travailler?

Dans un mot ancien mais qui redevient à la mode, hélas - oui, je dis hélas, parce que ce mot là n'existe que lorsque les temps sont durs - la Solidarité...

mardi 4 juin 2013

Ce n'est qu'un au-revoir...

Aujourd'hui, il s'est passé une chose qui m'a blessée profondément.

J'ai perdu un ami.

En fait, il y a deux ans maintenant qu'il est parti voir pour un monde plus calme, mais je gardais précieusement ses petits mots laissés ça et là sur un réseau social.

Je n'ai que très peu de contacts, je l'ai déjà dit, je suis une orpailleuse, et quand il est parti, contrairement à d'autres qui ont supprimé sa page de leur liste, je l'ai gardée... 

On ne cesse pas d'être un ami simplement parce qu'on meurt, l'histoire ne s'arrête pas là.

Et aujourd'hui, voilà que l'on supprime son compte...d'un petit clic, une personne a gommé arbitrairement de jolis souvenirs, de jolies pages du livre qu'est ma vie.

Je suis restée là, sans mot, devant mon écran, assommée...je n'imaginais pas que cela aurait une telle portée, mais ce soir je suis bien triste.

Je fais partie de ceux que mon amie Maddy appelle " les gardeurs". Je n'oublie pas.

Certes, je peux sortir de votre vie pendant un temps, prendre des distances, volontairement ou pas, mais au moment où vous vous y attendrez le moins, je serai là. Fidèle.

J'ai gardé dans le répertoire de mon téléphone, en bonne place, le numéro de mon amie C. 

Une femme d'exception, partie trop tôt au détour d'un virage.

Son éclat de rire me manque toujours, et à chaque fois que je vois son prénom sur ma liste de contacts, il résonne dans un coin de ma tête...

Je ne m'habitue pas à l'absence des gens que j'aime, je fais avec tant bien que mal.

Et malgré mon amour des mots, il y en a un que je ne peux pas voir... "adieux"...

 Je lui préfère de loin son cousin "au-revoir".

lundi 3 juin 2013

Non mais allô, quoi!


J'ai déjà évoqué le côté coulisse de mon travail, j'ai effleuré son côté humain, aussi, mais il y a aussi des moments de franche rigolade dont je vais essayer de vous faire part régulièrement, c'est vrai, quoi, ce serait méchant de ma part de garder tout ça pour moi toute seule!

Voici donc, après les traditionnelles formules de politesse, quelques petites choses à déguster tranquillement, un peu comme une boîte de chocolats...on picore, on picore, et on se régale.

Une dernière chose : ce ne sont pas des cas exceptionnels, ce qui suit, nous le vivons au quotidien... Qui a dit que ça faisait peur?

- " Mon téléphone ne marche pas, c'est de la m..., je peux appeler personne!"
- " Avez-vous le mobile à disposition afin que nous puissions effectuer quelques tests?"
- " Bah oui, j'vous appelle avec!"

- " Je vous appelle, parce que ma fille a perdu son téléphone."
- " Je comprends. Souhaitez-vous que nous suspendions la ligne afin qu'aucune personne mal intentionnée ne puisse s'en servir au cas où quelqu'un le trouve? "
- " Non, vous ne comprenez pas, ma fille a perdu le téléphone à la maison, moi, je vous téléphone pour que vous le retrouviez par le GPS! "

- "Je vous appelle parce que mon téléphone ne marche plus, vous parlez d'une m... je l'ai depuis deux jours et il est déjà mort!"
- " Avez-vous le mobile à disposition? "
- " Oui, il est devant moi."
- " Avez-vous chargé le mobile correctement? "
- " Le charger? Parce qu'il faut le charger? "

- " Je vous appelle, parce que je veux recharger mon mobile, mais je ne sais pas comment faire. "
- " Il existe plusieurs modes de rechargement : les tickets, la carte bancaire, etc, ... "
- " Oui, je sais, hein, je veux recharger par carte bleue, mais je trouve pas la fente pour la mettre dans le mobile! "

- " Je vous appelle, parce que je trouve inadmissible qu'un opérateur comme vous ne cesse pas de m'envoyer des sms pornographiques! "
- " Je puis vous assurer, Madame, que nos services n'envoient pas de messages de ce type. Avez-vous laissé votre téléphone sans surveillance récemment, ou une personne tierce a t'elle eu l'occasion de s'en servir? "
- " Non, absolument pas, je suis la seule à utiliser mon mobile, je l'ai juste prêté à mon mari quelques jours pendant que le sien était en panne, mais lui ne ferait pas ça, ça vient forcément de vos services!

Allez, c'est tout pour aujourd'hui, il ne faut pas abuser des bonnes choses.... Mais on y reviendra, j'en ai en stock, ne vous inquiétez pas!

dimanche 2 juin 2013

Bonne à rien...

Ça ne vous arrive jamais, à vous, d'avoir ce sentiment que vous n'êtes bon(ne) à rien?

Cet espèce de vertige qui vous prend, qui vous serre les tripes et qui vous fait prendre conscience d'un seul coup que malgré toute votre bonne volonté, il y a des choses qui vous échappent.

J'écris chaque jour, pour vous, pour nous, mais parfois, je me retrouve sans voix, sans mots pour soulager, réconforter.

Comment trouver des mots pour une amie qui traverse une sale maladie, un ami qui a de la peine, des proches qui doivent faire des choix, parfois difficiles et qui changeront le cours de leur vie?

Et pour les au-revoir qu'on voit pointer à l'horizon, encore très loin, mais qu'on sait inéluctables...comment on fait?

Je n'ai pas de mode d'emploi, pas de notice d'utilisation, on se retrouve un jour sur terre avec toutes ces choses à gérer, une barque avec laquelle il faut naviguer, mais parfois, l'énergie pour ramer nous manque...

Se laisser porter par le courant? C'est une solution, mais dans ce cas on est sûr de finir dans le sillon qu'un bateau qui passe près de vous et le risque de couler se fait sentir.

Non, je préfère ramer, mais j'avoue qu'entre ma volonté de réparer le monde et les peines que je vois autour de moi, mon cœur est bien lourd en ce moment.

C'est dans ces moments là je crois, que ma vraie nature reprend le dessus, l'être humain est une merveilleuse machine qui m'étonne chaque jour...

Alors faute de soigner, de guérir, d'aider comme je le voudrais pour soulager tout simplement, je remets mon nez rouge et je repars pour un tour de piste, parce tant qu'à pleurer,  autant que ce soit de rire!

samedi 1 juin 2013

Un pas de géant de trente centimètres.

La dernière fois que j'étais allée chez le coiffeur, c'était pendant ma première grossesse.

J'étais heureuse, alors, de me débarrasser de mes cheveux longs que je trouvais encombrants.

La suite, je l'ai déjà racontée, mais je ne sais pour quelle raison, dans mon esprit un lien invisible s'est créé entre le fait d'aller chez le coiffeur et ce qui aurait dû être la plus belle période de ma vie.

Le temps a passé, mes cheveux ont poussé, mais rien à faire, impossible de franchir le pas, les excuses étaient multiples, pas le temps, fatiguée, trop de boulot, oubli de prendre un rendez-vous...

Et puis je ne sais pourquoi, la semaine dernière, j'ai eu un déclic : la seule façon d'y arriver, de faire enfin un petit pas en avant, c'était de me décider enfin à dissocier ma visite chez le coiffeur du souvenir de ma grossesse....

Alors puisque lundi, Mr D. est allé chercher le dossier d'adoption, j'ai poussé la porte du coiffeur...qui s'est assuré par trois fois que je voulais vraiment changer radicalement de tête avant de prendre ses ciseaux et de trancher net!

J'ai laissé sur le sol du salon de coiffure une bonne trentaine de centimètres de ma chevelure brune...et un énorme poids m'est tombé du coeur.

J'avais ressenti un peu la même chose lorsque nous avions déménagé un peu après ma deuxième fausse couche : un nouveau souffle, un pas dans la bonne direction, pas un grand pas, certes, mais avant de courir, on doit apprendre à marcher, alors c'est toujours ça de pris!

Le chemin est encore long, mais je me sens plus légère avec ce bagage en moins...

vendredi 31 mai 2013

Vous en savez déjà beaucoup...Mais pas tout!

J'ai déjà survolé le thème de mon boulot en centre d'appels.


Ahhhh...lieu merveilleux s'il en est où l'on apprend à traiter des demandes plus ou moins complexes, pour le bonheur de clients souvent totalement insensibles à notre bonne volonté.


Parfois, on croise des gens adorables qui auraient de bonnes raisons de râler et qui sont malgré tout respectueux, polis, pleins de gentillesse...


Et parfois, quand on tire le mauvais numéro, on a affaire à un client aigri, qui va déverser sur vous sa rancœur pour le monde entier, qui va vous énumérer, d'un air qu'on devine grimacé, toutes les bonnes raisons qu'il a de vous traiter comme un chien.


Mais comme un bon chien également, nous répondons avec le sourire et remplissons notre tâche parce qu'au delà de tout ce qu'on peut entendre, ce qui nous caractérise surtout (du moins c'est vrai pour les personnes que je fréquente au boulot) c'est la volonté de bien faire.


Non non, quand on vous propose une solution plus avantageuse, ce n'est pas pour vous piéger ou parce qu'on vous veut du mal, c'est juste que c'est plus avantageux, alors ça nous paraît logique de vous faire profiter de notre "savoir".


Je travaille surtout via un service de Chat en ligne, et oui, dans un centre d'appels, on ne fait pas que dire "allô" à longueur de journée, on sait aussi faire plein d'autres choses, il ne faut pas croire, on ne bosse pas là-bas parce qu'on n'est bon à rien d'autre, mais souvent parce qu'on a des factures à payer, ou parce qu'on préfère un job, même mal reconnu par le commun des mortels, que de rester chez nous, au chaud, aux crochets de la société... 


C'est très drôle de lire les mots des clients qui pensent que nous sommes des robots. Souvent, leur discours commence par "Prouvez-moi que vous n'êtes pas une machine" . Je me demande toujours ce qu'ils attendent de nous? Qu'on leur donne notre numéro pour qu'ils puissent vérifier que nous sommes bien vivants, qu'on respire, qu'on vit, que les paroles méchantes nous blessent, que nous sommes aussi touchés par un petit geste de reconnaissance?


Notre boulot n'est pas simple, mais il m'a permis de rencontrer des personnes extraordinaire, ma prime ne se calcule pas en chiffres, elle n'est pas sur ma fiche de paie, elle est sur le visage des personnes avec qui je travaille au quotidien quand j'arrive à les faire sourire, et ça, ça n'a pas de prix.


jeudi 30 mai 2013

Je me lance dans le grand banditisme, ou "rien ne sert de discuter avec une brouette, mieux vaut la pousser"...

Ce weekend est l'un de ces weekends gris que personne n'aime à la maison...

Ces vendredis là, les filles traînaillent le matin, au lieu de se préparer pour l'école, les bisous du matin se font plus longs, et elles ont du mal à nous lâcher pour aller à l'école. 

Et puis tombe la traditionnelle question : "Quand est-ce qu'on revient?" Et le soulagement lorsque nous leur disons qu'elles ne seront pas à la maison uniquement pour le weekend...

L'ambiance n'est en général pas très gaie,mais on fait de notre mieux et on sourit pour faire passer la pilule..

Et pourtant, en général, ces weekends là donnent lieu aussi à de sacrés fous rires.

J'imagine vos visages dubitatifs devant vos écrans : elle perd la tête?

Non non, je vous rassure, je suis on ne peut plus terre à terre, c'est juste que vient un moment où la situation devient tellement désespérée qu'elle se mélange à une espèce de ridicule magistral et elle finit pas vous faire rire faute de pouvoir faire quoi que ce soit d'autre.

C'est ainsi qu'il y a quelques mois, conformément à la tradition du "je ne sais pas pourquoi je t'appelle, mais je trouverai bien une raison pour beugler", la mère des filles a appelé Superpapa en hurlant pour le sommer de "rendre toutes les chaussettes et les petites culottes des filles, sinon elle porterait plainte"...

Il y eut tout d'abord un silence, signe d'incompréhension, ou d'incrédulité, ou les deux, je ne sais trop.

Puis, la logique revint au grand galop et un discours d'une rare finesse s'ensuit :

- " Comment ça te rendre les culottes et les chaussettes? De quoi parles-tu?" 

A l'autre bout du téléphone, ça hurle de plus belle :

- "Te moque pas de moi, j'en ai marre, à chaque fois que les filles repartent, je leur mets des slips et des chaussettes, et vous les gardez!"

- "Hmm, je vois, donc, nous gardons toutes tes affaires, c'est bien ça?"

- " Ouiiii! " (les tympans crevés ne sont pas optionnels, on n'a pas le choix) .

- " Quand les filles reviennent de chez toi, elles filent directement à la douche, et tes affaires sont lavées, repassées, et attendent "le prochain tour" deux semaines après. Je ne garde pas tes affaires, les filles ont de jolis vêtements en bon état à la maison, que veux tu que je fasse des trucs que tu leur mets sur le dos? "

Pour comprendre, il faudra que je vous explique en détail des épisodes du passé des Minettes, vous comprendrez alors la remarque de Mr.D.

- " Je sais qu'elles reviennent avec mes affaires, mais pas les slips et les chaussettes!"

- " Soyons logiques : quand elles reviennent chez toi, elles ne sont pas nues sous leurs vêtements et pieds-nus dans leurs bottes, n'est-ce pas? "

- "Bah non! "

- " Bien, dans ce cas, si nous gardons jalousement tes affaires, c'est que nous renvoyons les filles chez toi avec les sous-vêtements que nous achetons? "

- " Non, je n'ai rien à vous!"

- " Je sais, parce qu'à la maison, les affaires sont propres, repassées, rangées, et que rien ne se perd... Mais tu viens juste d'affirmer que les filles avaient bien des sous-vêtements quand elles arrivaient chez toi et que ce n'était pas nos affaires... Je te laisse réfléchir, tu trouveras sans doute toute seule ce qui cloche dans tes propos, bonne chance. "

Vous me croyez si je vous dis que ça dure depuis des mois?

Tout être humain sensé aurait réfléchi, aurait même sans doute fait comme si de rien n'était une fois qu'il aurait réalisé sa bourde...Oui, mais....

De ce fait, et comme je suis la personne qui s'occupe du linge à la maison, veuillez me considérer dorénavant comme une trafiquante de chaussettes élimées et dépareillées....

Finalement, je me rends compte que les remarques de nos proches qui disent régulièrement qu'on pourrait écrire tout un bouquin avec ce qu'elle fait subir aux filles n'ont peut-être pas tort...


mercredi 29 mai 2013

Virtual insanity (folie virtuelle, merci Jamiroquai)

Etonnante cette époque où nous vivons...

Nous restons tous connectés en permanence, les réseaux sociaux fleurissent, mais il nous est difficile de dire bonjour au voisin.

Bon, l'exemple n'est pas toujours le plus heureux, il y a encore quelques mois, nous vivions à côtés de "personnages" qui rendaient le séjour au jardin impossible, difficile de dire qu'ils furent des gens très sociables, je me souviens d'un déjeuner en terrasse mémorable où la mère de famille, parlant de son petit de trois ou quatre ans, de sa douce voix à faire pâlir les crieuses de poisson marseillaises, se mit soudain à hurler à son mari du fond du jardin : "TU SAIS CE QU'IL A FAIT TON FILS DE P...?"

Euh, comment dire...ce n'est pas toi, sa mère, M'dame? .

Il ne s'agit pas tant de quantité que de qualité, mais le monde virtuel devient peu à peu la seule fenêtre sur le monde où bon nombre de personnes de tous âges cherchent un je ne sais quoi qu'elles n'osent pas chercher ailleurs.

Et l'humain dans tout cela? Je n'ai rien contre le monde virtuel, à condition qu'il ne remplace pas la réalité.

Ce nombre de personnes qui plongent dans un désarroi sans nom lorsque leur connexion à internet est interrompue, lorsque leur téléphone ou leur ordinateur est en panne...

J'ai appris il y a peu que des personnes offraient (enfin "offrir", c'est un bien grand mot, "louaient" conviendrait mieux) leurs services en tant qu'ami(e)s ou petit(e)s ami(e)s sur les réseaux sociaux!

Pour quelques euros par semaine, vous pouvez vous offrir la fiancée de vos rêves qui sera plus ou moins active sur votre profil selon le tarif choisi... Amis mythos, je vous salue, on n'arrête pas le progrès la connerie!

Ah, Folie Virtuelle, quand tu nous tiens....

Je ne crache pas sur les réseaux sociaux, loin de là, je m'en sers d'ailleurs tous les jours autant à titre privé que pour le Blog, mais je porte sur eux un regard très froid, parce que je sais que là où je vois un moyen sympathique de communiquer avec mes amis ou ma famille qui sont parfois au bout du monde, d'autres voient un terrain de jeu où les jouets sont les sentiments d'autrui.

Ce que je ne comprends pas, c'est qu'on accorde plus facilement sa confiance à une personne qu'on a rencontré cinq minutes auparavant, mais qu'on se méfie systématiquement d'une personne qui va vous aborder dans le "monde réel" alors que vous la croisez tous les jours au coin de la rue...



mardi 28 mai 2013

Dépôt de bilan.

Non non, je ne suis pas en faillite, j'ai encore moins l'intention de fermer le blog, c'est juste qu'aujourd'hui, c'est mon anniversaire, et cette année, après avoir fait un petit bilan de ma vie jusqu'à aujourd'hui, je me rends compte que je suis riche.

Je n'ai rien de bien reluisant sur mon compte en banque, malgré ma paie de ministre (ça, c'est juste une blague que mes collègues apprécieront), quand j'ouvre mon porte-monnaie, j'ai plus de chances d'en voir s'échapper une mite qu'un billet de cent euros, mais je suis riche, VRAIMENT, riche.

Comment devenir riche?

Ça tient en un mot : donner.

Donnez votre temps, votre oreille attentive à ceux qui en ont besoin, donnez des sourires à ceux qui ont le cœur froid, donnez votre bonjour à ceux que vous croisez.

Donnez aussi votre patience à ceux qui n'en ont plus, votre soutien à ceux qui sont en peine...

Il ne s'agit pas de faire un chèque à une œuvre caritative, ça, je le laisse aux programmes de télévisions qui font régulièrement des appels, non, c'est juste des petits gestes du quotidien, des petites attentions qui rendent la vie plus douce.

Donnez...

Pas parce que ça fait bien, pas parce que vous espérez quelque chose en retour, non, donnez pour rien, donnez comme on aime, sans calcul ni réserve.

Et curieusement, plus vous donnerez, plus vous vous sentirez riche. 

Riche de nouveaux sentiments, riche de petits gestes, d'attentions toutes neuves, de sourires et de mains tendues, riche d'amis, d'inconnus qui  auront envie de vous imiter à force de vous voir heureux...

Le bonheur est le plus sûr des investissements.

lundi 27 mai 2013

Madame Babar.

Ce jour est spécial.

Outre le fait que -comme chaque année - le vingt-sept mai précède le jour de mon anniversaire, c'est le jour où mon petit mari est allé récupérer le dossier d'adoption.

Ça y est, la machine est en route...bon, doucement, hein, pour l'instant, c'était une réunion seulement, mais bon, avant de construire une maison, il faut bien poser la première brique!

Je me dis que la fameuse brique, elle va avoir l'air un peu bête pendant un bout de temps sur le chantier : on nous a prévenus, rien que pour la demande d'agrément, il faut compter un an (on ne leur a pas dit, mais après avoir consulté les sites spécialisés sur internet, on avait prévu deux ans, donc on ressort gagnants ce soir) .

Par contre, même en ayant l'agrément, c'est loin d'être fini... Une fois le "Saint Graal" en poche (comprenez agrément, soit l'autorisation officielle d'adopter) on vous lâche dans la nature et à vous la "chasse aux enfants"... C'est barbare, mais en pratique, c'est un peu ça. 

Nous avons aussi appris ce soir que les lois concernant les adoptions pouvaient varier d'un département à l'autre! On n'arrête pas le progrès! 

Relativisons : nous voulons adopter, certes, mais nous sommes dans la position confortable des futurs parents...alors que nos chères têtes blondes à venir (ou brunes ou rousses, hein, nous on s'en fiche, pas comme certains qui se lancent dans l'adoption comme s'ils allaient faire du shopping), elles, ne savent pas où elles vont, si des parents aimants viendront un jour les chercher... 

Alors forcément, ça remet les choses à leur place, et je pense que ça devrait suffire amplement à nous empêcher (surtout moi qui suis la râleuse de service, mais ça, vous le savez déjà si vous me lisez) de souffler mot quant à l'attente par laquelle il va falloir passer.

Ce n'est pas pour nous que c'est le plus pénible, alors on se fait à l'idée que le chemin sera long, plus long qu'une grossesse classique... 

Saviez-vous que la période de gestation la plus longue est celle de l'éléphante?

Entre vingt et vingt-deux mois.
 
Alors à partir d'aujourd'hui, je suis une éléphante, Madame Babar, quoi, et j'attaque ma grossesse de cœur...


dimanche 26 mai 2013

Le mini-minimum...

Quand j'étais môme, les petits garçons rêvaient de devenir pompiers ou gendarme et les petites filles maîtresses ou infirmières...

Aujourd'hui, quand vous demandez à un gamin ce qu'il veut faire plus tard, vous avez de grandes chances d'entendre "je veux devenir célèbre et avoir de la thune".

Ça me fait froid dans le dos. J'ai l'impression d'être passée de l'autre côté du miroir avec Alice, et je ne comprends plus rien au monde qui m'entoure.

On a bonne mine d'élire "Foule sentimentale" chanson du siècle, tiens... A croire que personne n'a écouté les paroles!

Ne peut-on pas prendre le temps de leur expliquer, à ces enfants, que la célébrité n'est pas une fin en soi? Ne peut-on pas leur dire que les choses les plus précieuses ne s'achètent pas?

Le monde se divise en deux mots : "être" et "avoir", choisissez votre camp, le mien est une évidence, je ne veux pas investir dans le bling bling mais dans ce qui n'a pas de prix.

Je veux être riche de sourires, de souvenirs, d'éclats de rire aussi, de belles histoires de famille qui se transmettront un jour aux prochaines générations.

Je ne veux pas être célèbre, mais je veux être la super-woman de mes enfants.

Où sont-ils donc les parents de ces pauvres gosses pour leur dire ce qu'il est important de cultiver?

Même Mowgli, perdu dans sa jungle, avait un Baloo pour lui chanter qu'en ce bas monde, "il en faut peu pour être heureux"...

On n'est quand même pas plus c... qu'un ours de dessin animé?

samedi 25 mai 2013

Super Chouquettes!


Il y a quelques semaines maintenant, nous avons annoncé aux Minettes que nous avions l'intention d’agrandir la famille.

Nous sommes partis du principe que quand il y a du bonheur pour quatre...ben il y en a forcément pour six, puisque le bonheur, c'est bien connu, il suffit de le partager pour qu'il grandisse!

C'est donc avec une petite dose d'appréhension que nous avons abordé l'idée de l'adoption.

Nous avions bien tenté d'amener le sujet à l'aide d'un petit bouquin, mais l'histoire qui y était dépeinte ne collait que très peu à notre réalité à nous.

Nous avons donc discuté des enfants qui n'avaient pas la chance d'avoir une famille aimante et qui passaient leur temps dans des maisons spéciales avec d'autres enfants qui attendaient eux aussi que des parents se décident à venir les chercher...

Nous leur avons demandé timidement ce qu'elles en pensaient, et si elles se disaient elles aussi que nous pourrions adopter des enfants et leur offrir une vie pleine d'amour.

J'avoue que je ne m'attendais pas vraiment à leur réponse...pas plus que leur Papa d'ailleurs, si j'en crois sa mine!

La grande demanda si on pouvait aller les chercher "tout de suite", parce que "c'est vrai, maintenant qu'ils ont une famille, c'est pas la peine qu'ils restent à l'orphelinat"...

La petite, elle, avait l'esprit plus pratique et déclara - avec un calme olympien - qu'il faudrait en adopter six "deux filles, et quatre garçons, comme ça, c'est plus pratique, ça fait quatre de chaque".

Ça vous étonne si je vous dis qu'on s'attendait un peu à tout...mais pas à ça?

Nous avons donc expliqué qu'il n'était pas possible d'aller les chercher tout de suite, parce que le processus était un peu similaire à celui qui nous avait permis d'obtenir la garde des filles : enquêtes sociales, dossiers à remplir, etc,et que c'était nécessaire parce qu'on ne pouvait pas confier des enfants à n'importe qui... 

Elles comprirent, même si la déception se lisait clairement sur leurs frimousses.

Pour ce qui est du nombre, nous leur avons expliqué que nous souhaitions adopter deux petits, et qu'il faudrait les entourer de beaucoup d'attention et d'amour, là-dessus, je ne pense pas me tromper en disant qu'il risque d'y avoir un sacré "surstock" : il fallait les entendre faire des projets "ils peuvent dormir dans ma chambre", "ou dans la mienne, il y a de la place"...

Nous sommes des sacrés veinards d'avoir deux super chouquettes dans notre vie, maintenant, elles sont comme nous, elles attendent de pied ferme que la famille s'agrandisse, sacrées petites bonnes femmes!

vendredi 24 mai 2013

Métro, boulot, bobo...

Je ne vous ai jamais dit ce que je faisais dans la vie, quand je n'étais pas accrochée à mon clavier en train de vous parler, ou en train de chouchouter ma petite famille...

J'exerce un métier (ça s'appelle comme ça il parait) très répandu...et très peu valorisé : je suis chargée de clientèle en téléphonie mobile... Terme bien pompeux pour dire que je répond au téléphone aux demandes (parfois farfelues) des clients.

Je me doutais bien, quand j'ai commencé à travailler là-bas que la tâche ne serait pas forcément facile, mais ce à quoi je ne m'attendais pas du tout, c'est que ce boulot serait un grand révélateur.

Avant de décrocher le téléphone pour la première fois avec "ma voix de téléphone rose" comme le dit si joliment mon petit mari pour me taquiner, je ne savais pas à quelle point la misère était présente dans le monde actuel.

Oh non, pas la misère financière, celle-là, je m'étonne toujours de la voir dans les sondages qu'on nous présente à la télévision à grands coups de graphiques, non, celle, bien plus vicieuse et omniprésente que je côtoie au quotidien : la misère "humaine".

C'est choquant de voir à quel point une parole aimable peut révéler un manque...un vide social terrible et qui m'attriste profondément.

Entre les "anciens" qui n'ont que rarement de contacts avec leur progéniture et les parents d'ados désespérés de ne trouver de moyen pour briser la glace, nous entendons, mes collègues et moi des histoires différentes chaque jour mais pourtant qui vont dans le même sens : plus les moyens de communications sont nombreux, plus la technique avance pour nous "rapprocher", plus les contacts humains se font rares.

Quasiment toutes les enseignes offrent maintenant des appels illimités, pourtant, c'est plus souvent par l'intermédiaire des réseaux sociaux ou des on-dits que l'on prend des nouvelles des personnes qui nous sont soit-disant chères...n'y aurait-il pas quelque chose qui cloche?

jeudi 23 mai 2013

Qui êtes-vous ?

A l'approche de mon trois-millième visiteur, j'avoue me poser pas mal de questions à votre sujet...

Je vous vois revenir, jour après jour, vous devenez peu à peu mes amis, mes confidents, et je me demande ce qui fait que vous me rendez visite chaque jour ou presque.

Est-ce parce que vous partagez mes idées, parce que comme moi le monde qui vous entoure ne vous ressemble pas?


Peut-être qu'au contraire ce que j'écris vous énerve et vous désole?

Je n'ai pas la prétention d'écrire des textes magnifiques, plein d'effets de style, quand je m'assois devant mon clavier, c'est pour faire part d'idées qui m'ont traversé l'esprit au cours de la journée, c'est aussi, comme je l'ai déjà dit, pour laisser une trace de notre combat pour obtenir la garde des filles, et de celui que nous entamons à peine, pour adopter.

A leur âge, les filles n'ont pas d'idée précise de ce par quoi elles sont réellement passées.

C'est un peu mon devoir de leur laisser des réponses pour "plus tard".

Elles savent que j'écris une partie de leur histoire, et elles savent aussi qu'un jour, elles pourront lire mes textes, je trouve ça plus sympathique que le traditionnel "tu comprendras quand tu seras plus grande" qui n'arrange rien...

Et puis il y a les deux petits à venir, je crois que c'est important qu'ils sachent un jour qu'ils étaient attendus et aimés bien avant leur arrivée...

Mes autres textes sont un mélange inattendu de réflexions sur la vie, de nostalgie, de tempête aussi, parce que les tempêtes sont nécessaires si on veut profiter ensuite d'un bel arc-en ciel.

Mon envie d'écrire, je crois qu'elle a toujours été là, quelque part en moi,
mais je n'aurais pas repris la plume sans l'intervention de personnes qui me sont  proches.

J'espère ne pas les décevoir, et ne pas vous décevoir, vous qui me suivez, en attendant, je vous remercie, du fond du coeur, d'être là, quoi qu'il arrive...

Et pour que vous vous sentiez comme chez vous ici, j'ai créé pour l'occasion un livre d'or auquel vous avez accès depuis l'onglet situé au-dessus de mes textes, je serais ravie de vous lire à mon tour!

A bientôt?

mercredi 22 mai 2013

Ma bête noire à moi...

Mon petit bout de chat, quatre ans déjà...

 Je ne sais plus qui de nous deux a adopté l'autre.

Tu as débarqué dans ma vie un jour de grand soleil.

Je ne m'attendais pas à toi, comment aurais-je pu résister à tes grands yeux d'or?

Tu étais aussi petit que maigre, orphelin courant dans les rues, zig-zagant entre les voitures.

D'autres avant moi t'avaient pris sous leur toit, puis après quelques jours t'ont rejeté de nouveau à la rue...

Je suis comme toi, difficile à apprivoiser, c'est peut être pour ça qu'on se comprend si bien?

Après quelques années en amoureux, il a fallu que tu fasses une place pour "Papa".

Pas facile de lui laisser ta place au lit!

Je sais cependant que tu l'aimes autant que moi, et mon coeur fond comme neige au soleil lorsque je te vois t'acharner à lui faire des câlins.

Tu es un sacré petit bout de chaton, de Seigneur de la maison, tu t'es transformé en "Tonton" prévenant pour ta petite Moka, qui te mène maintenant par le bout des moustaches!

Les années passent mais tu restes mon "bébé-nounou", celui qui fait de gros câlins à son âne en peluche et tête le T-shirt de Papa...

Tu me suis partout et poses sur moi un regard bienveillant : deux perles de péridot noyées dans une mer d'encre de Chine.

Je ne connais pas ta date de naissance, mais je sais que comme moi, tu es né en mai, alors joyeux anniversaire, mon petit Carbone, mon bébé-nounou...

mardi 21 mai 2013

Stop! Arrêtez le monde, je veux descendre!

Tout va trop vite, je me sens comme sur un manège qui ne s'arrête jamais, la tête qui tourne et le coeur au bord des lèvres...

Les mômes aussi grandissent trop vite, élevés par la télé ou la rue pendant que les parents courent partout, pressés par la vie.

Je me souviens de mon enfance, pas si lointaine, où le temps passait moins vite, les couleurs aussi étaient différentes...

Les après-midis passés dans la cuisine, chez mes grands-parents, et les gestes de ma grand-mère, précis, appliqués, lorsqu'elle préparait le repas, j'aimais ce calme, cette façon qu'elle avait de saupoudrer ses plats d'amour.
Elle a passé son savoir faire à ma mère, qui à son tour m'a fait cadeau de cet héritage précieux.

Ce fut moins facile pour elle : contrairement à ma grand-mère, elle menait une carrière professionnelle bien remplie et j'avoue que petite, j'aurais aimé profiter un peu plus de son temps.

J'ai grandi trop vite, j'ai fait partie de ces gamins qui rentrent de l'école la clé autour du cou...mais l'époque était différente, le monde moins compliqué, moins hostile.

Je ne veux pas du monde d'aujourd'hui pour mes enfants.

Je veux du temps pour eux, du temps pour mon mari aussi.

Pas du temps à passer avec eux entre deux portes, mais des moments de qualité, pour ne rien rater d'un quotidien qui m'est si précieux...

Je veux des souvenirs aux goût des confitures maison d'antan, des joues rougies parce qu'on a construit un super bonhomme de neige, je veux des souvenirs d'un passé à construire....

Je ne sais pas encore comment arrêter le temps, mais je suis bien décidée à arrêter le manège...je veux descendre!

lundi 20 mai 2013

Moi aussi, je suis une guerrière!

J'ai parfois l'impression de m'être faite avoir...

Je suis née au début des années soixante-dix. Au moment où la fumée des soutien-gorges brûlés au bûcher des ambitions féministes n'était pas encore tout à fait dissipée.

C'est donc dans une belle France toute neuve que j'ai fait mon apparition, le pays où tout est possible pour les femmes....

Tout? C'te bonne  blague!

Évidemment, j'ai le droit d'être femme d'affaire, astronaute, politicienne (ou chienne, rayer la mention inutile), pompier, gardienne de la paix, que sais-je encore, mais je n'ai pas, ou plutôt, je n'ai plus le droit, d'être une femme tout court!

Le hic, c'est que je n'ai pas envie de ressembler à ces pseudo femmes libérées, je ne me reconnais pas en ces harpies qui réclament les mêmes droits que ceux des hommes, comme si leur position était si enviable...

Je ne suis pas un homme, et je n'ai pas envie d'en devenir un! Je ne vois pas de rapport d'égalité dans ce que réclament ces foutues féministes, mais juste un vil désir de castration, un méchant "pousse toi de là que je m'y mette!"...

Ont-elles si peu d'esprit qu'elles ne réalisent pas qu'il ne s'agit pas d'un rapport de force, avec un vaincu et un vainqueur, mais d'une magnifique équation, où même moi, matheuse catastrophique, je vois une complémentarité, une égalité parfaite justement dans la différence.

Plutôt que de me battre pour le premier rôle, je préfère ajouter mes richesses à  celles des hommes que je croise, quel que soit le domaine dont il s'agit, pour un résultat plein de surprises et de couleurs.

La richesse est dans la différence, et j'avoue que j'ai du mal à accepter le regard teinté de supériorité que posent sur moi les féministes endurcies.

Mesdames, puisqu'on n'a plus le droit de vous appeler Mesdemoiselles dorénavant, vivez votre illusion si vous le souhaitez, mais n'essayez pas de me faire suivre votre route si désertique, je préfère de loin la mienne, paisible et parsemée de fleurs...

dimanche 19 mai 2013

Promenade au jardin.

Hier n'était pas un jour comme un autre.

Le dix-huit mai est devenu pour moi un jour d'exception.

Moi, persuadée pendant des années que je ne trouverai jamais LA personne qui m'étais destinée , je dois bien me rendre à l'évidence : la vie ne tient jamais compte de nos idées, et si nous ne recevons que très rarement ce que nous voulons, c'est parce qu'elle a le plus souvent l'intelligence de mettre sur notre route ce dont nous avons besoin.

Nous ne sommes souvent que des sales gosses, capricieux et impatients, qui réclamons le bonheur alors qu'il est déjà bien souvent juste sous notre nez.

Comme tout le monde, je le voulais, mon bonheur, mais est-ce que je faisais vraiment les bons choix pour le trouver?

Quand je regarde mon passé, je me rends compte que non. Un non honnête et pesé, définitif aussi.

J'ai perdu du temps pour des personnes qui n'en valaient pas la peine, parce que j'attendais d'eux des sentiments qu'ils n' étaient pas capable de m'offrir, mais j'ai aussi fait perdre du temps à d'autres qui ont attendu des choses que je n'étais pas en mesure de donner.

Le bonheur, c'est principalement une question de timing : c'est un fruit auquel il faut laisser le temps de mûrir.

Quand j'étais plus jeune, je pensais que le bonheur  était simple, qu'il suffisait d'être deux et que le miracle s'accomplissait, sans aucun effort, aucun investissement.

J'ai appris depuis - heureusement - que le bonheur, ça se sème, ça se cultive, ça se bichonne, et parfois, il faut se battre bec et ongle pour empêcher les parasites de l'attaquer...

Il porte des noms différents aussi, et par dessus tout, il se multiplie, commencez par semer un petit bonheur tout simple, et si vous en prenez soin chaque jour, avec amour et patience, vous vous retrouverez bientôt avec un magnifique jardin.

Hier, mon bonheur à moi a fété son anniversaire, j'ai donc pris une petite journée sabbatique pour célébrer cette journée spéciale.

Une journée entière à chérir l'homme qui partage ma vie...

vendredi 17 mai 2013

Les autruches fleurissent au mois de mai!



Le printemps est là, et avec lui, le sang bouillonne, les hormones fusent, les oiseaux gazouillent, et il faut bien l'avouer, le monde est en pleine ébullition!

Ahhh...Le mois de mai et ses amoureux...



Remarquez bien que ce que je m’apprête à décrire n'a rien de saisonnier, et ce n'est pas une généralité non plus, Dieu merci! 

Le fait est que j'ai passé dix-neuf ans de ma vie dans une Pologne délabrée par presque un  demi-siècle de communisme et que si le progrès a bien franchi la frontière depuis, il reste, hélas des chiffres désolants qui dénoncent une situation encore répandue qui consiste à appliquer la politique de l'autruche...

Or c'est connu, le pire qu'il puisse arriver à une adolescente, en plein boom hormonal, c'est de n'avoir aucune idée de ce qu'il faut faire pour éviter de se retrouver maman avant l'heure (ceci est  d'ailleurs valable pour les garçons aussi, mais c'est tout de même plus dangereux pour les filles...)
 

Il existe donc, chez les jeunes...(et les moins jeunes aussi, d'ailleurs, selon le niveau d'alcool) des mythes que je vais m'empresser de vous énumérer...croyez moi, ça vaut son pesant d'or:

-  Vous saurez désormais, ignorants que vous êtes, qu'il suffit de se tremper les testicules dans du vin (désolée, aucune précision si c'est de vin blanc ou rouge qu'il s'agit) avant de passer à l'acte pour être sûr de ne pas avoir de surprises neuf mois plus tard.

 - Un autre moyen très connu d'éviter les ennuis consiste - pour vous mesdames - à boire un grand verre de lait d'un trait (le tout debout, c'est une évidence!)

 - Quelques cuillères à soupe de vinaigre d'alcool blanc peuvent également faire l'affaire, à condition de sauter sur place ensuite.

- Bien sûr, le plus simple est encore d'être vierge au moment où l'on passe à l'acte: tout le monde sait que  la première fois, il n'y a aucun risque!

Je crois n'avoir rien oublié, mais la science l'imagination faisant d'énormes progrès tous les jours, attendez vous à des mises à jour de temps en temps...


PS: Pour ceux qui en douteraient encore, je ne suis en aucun point d'accord avec ce qui précède et je n'ai aucune pitié pour ces parents qui - par refus d'aborder des sujets tabous - condamnent leur progéniture à mettre des bébés non désirés au monde ou à faire  grandir les chiffres des avortements clandestins chaque année...

jeudi 16 mai 2013

Naufrage...

Cet après-midi, en rentrant du travail, comme à mon habitude je regardais la pluie tomber à travers la vitre du bus quand j'ai vu un petit groupe de personnes, se soutenant, habillés de noir, sous des parapluies noirs eux aussi...

Ce n'est pas une vue qui m'est étrangère : deux fois par jour, en allant ou en revenant du travail, je passe entre les pompes funèbres et un cimetière. Seulement aujourd'hui, je ne sais pourquoi, une idée m'est venue.

Une ligne s'est tracée dans ma tête... Une ligne invisible et cruelle, une espèce de frontière absurde entre ces personnes endeuillées et moi.

Je me disais que j'aurais voulu dire au-revoir, trouver un lieu, un moment, pour dire adieu, deux fois...

Oh, je sais bien que pour le commun des mortels, la perte d'un être que l'on a apprécié pendant des années justifie la peine, rend légitime la douleur que l'on ressent, mais dans mon cas?

Est-ce que, comme me l'a fait remarquer si "gentiment" la gynécologue pleine de tact qui m'a annoncé la première fois que le petit cœur de mon bébé ne battait pas " C'est pas grave, si ce n'est que ça, on le fait partir et dans trois mois vous recommencerez"...

Comment te dire, charogne que tu es, que cet enfant, il était attendu, voulu, aimé, et qu'il pourrait y en avoir une vingtaine après lui que ça ne rendrait pas ma peine plus légère?

Comment te dire également que si je ne m'étais pas instantanément désintégrée sur ta table d'examen, mon poing, ce petit poing que j'ai serré si fort que mes ongles en sont rentrés dans ma chair, se serait appliqué à t'enlever ce petit sourire en coin?

Comment te dire enfin que je prends plus de soin avec mes clients au quotidien pour leur annoncer une broutille que tu n'en as eu pour briser mon rêve à jamais?

C'est vrai que je n'ai jamais connu les deux petits cœurs, mais est-ce que je les ai moins aimés pour autant?

Depuis quand la peine se mesure-t'elle? Qui peut définir la profondeur d'une blessure qui ne se voit pas?

J'ai déjà perdu des êtres chers, j'ai eu mal, comme tout le monde, puis, avec le temps sont remontés à la surface de belles images, de belles paroles, des éclats de rire aussi...

Mais cette douleur là est différente.

Je ne peux pas dire au-revoir, je ne le pourrai jamais, je resterai avec mes questions et mes regrets à vie, sans aucun joli souvenir pour adoucir mon chagrin.

Je reste là comme ces rescapés d'un naufrage, à contempler les vagues, sans avoir pu dire adieu à mes trésors enfouis au fond de l'océan...